L’Éthiopie, 1600–1660
Comment un trône que les grands seigneurs faisaient et défaisaient devint-il une cour fixe à Gondar, orthodoxe et fermée à Rome ?
▶ Voir l’atlas commenté (narration en anglais) · 7 minLes territoires en 1660, aux couleurs de qui les tenait. Hachuré : les territoires qui ont changé de mains entre 1600 et 1660.
Dans chaque période ci-dessous, les événements numérotés de la carte renvoient à la liste qui la suit et aux repères du texte ; rien ne bouge.
Les périodes
L’empereur qu’il avait fait
- 1◆L’armée de l’empereur — 1603–1604 · une levée sous son commandement
- 2◆Le sabbat du samedi aboli — 1604 · par édit impérial
- 3⚔Barcha — oct. 1604 · l’empereur tué
En bref
En 1600, l’empereur d’Éthiopie était Yaqob, un garçon d’une dizaine d’années. Son père, mourant, avait destiné la couronne à un neveu adulte, Za Dengel, mais l’impératrice et ses gendres avaient fait proclamer l’enfant et enfermé le rival sur une île du lac Tana. En grandissant, Yaqob voulut gouverner par lui-même. En 1603, les seigneurs qui gouvernaient en son nom se retournèrent contre lui, le chef d’armée Za Sellase parmi eux, et l’exilèrent en Enarya, loin au sud-ouest. Za Sellase mit sur le trône Za Dengel, qui s’était échappé de son île, en comptant sur un souverain de façade. Za Dengel leva une armée sous son propre commandement,1 invita à sa cour le jésuite Pedro Páez et lui confia en privé qu’il souhaitait devenir catholique. Puis il abolit le sabbat du samedi.2 Le métropolite, Abuna Petros, l’excommunia, et Za Sellase se souleva contre lui. Dans la plaine de Barcha, en octobre 1604,3 Za Sellase tua l’empereur qu’il avait fait.
La chaîne, période par période
Fils de Sarsa Dengel et de sa maîtresse Harago, Yaqob avait été fait empereur vers l’âge de sept ans, à la mort de son père en 1597, bien que le roi mourant eût d’abord promis la couronne à son neveu adulte Za Dengel. En 1600, l’enfant régnait tandis que la veuve de son père et les gendres de celle-ci gouvernaient. En grandissant, il entreprit de gouverner par lui-même.
Maryam Sena, veuve de Sarsa Dengel, ne lui avait donné que des filles. Elle persuada l’empereur mourant de désigner Yaqob et fit enfermer Za Dengel sur une île du lac Tana. Les mariages de ses filles liaient le palais aux grands seigneurs, et depuis sa résidence de Qoga elle gouvernait en corégente avec le ras Atnatewos.
Le ras Atnatewos, gouverneur du Godjam, allié par mariage à la famille de Maryam Sena, était régent et précepteur du jeune empereur. Quand Yaqob, devenu grand, se brouilla avec lui et l’écarta, il perdit sa prise sur le gouvernement et se retourna contre l’empereur qu’il avait aidé à couronner.
Za Sellase, un soldat gouragué d’humble naissance, était populaire dans les régiments de métier. Yaqob l’avait fait chef des pages, et il avait poussé l’enfant à mettre fin à sa minorité, ce qui lui valut d’être banni par les régents. Rappelé en 1603 pour commander une division, il s’allia au contraire avec Atnatewos. Yaqob fut déposé et exilé en Enarya.
Le dejazmach Kefla Wahid, époux de Krestosawit, fille de Sarsa Dengel, avait partagé le gouvernement intérimaire avec Atnatewos, puis était reparti au nord, dans le Tigré. Il étendit son pouvoir jusqu’à la côte comme bahr negash, avec son siège à Debarwa, où il reçut en 1603 le jésuite Pedro Páez, tout juste débarqué. L’un de ses hommes fut chargé de garder Za Sellase banni.
Les seigneurs qui gouvernaient pour l’enfant le déposèrent dès qu’il voulut gouverner lui-même.
Le champ de bataille de Gol
- 4♛Susneyos proclamé — déc. 1604 · par un parti de nobles
- 5⚔Gol — 10 mars 1607 · Yaqob et l’abuna tués
En bref
La mort de Za Dengel laissa deux prétendants. L’un était Susneyos, arrière-petit-fils d’un ancien empereur. Enfant, il avait été enlevé par des pillards oromo et avait vécu parmi eux avant d’être délivré. Il menait désormais une bande armée qui comptait des cavaliers oromo, et en décembre 1604 un parti de nobles le proclama empereur.4 Za Sellase ne voulut pas de lui. Il ramena Yaqob d’Enarya et le remit sur le trône, et Abuna Petros chevaucha aux côtés de l’empereur rétabli. Pendant deux ans, les rivaux se battirent à travers les hauts plateaux. Battu par Susneyos, puis raillé par Yaqob, Za Sellase changea de camp. Le 10 mars 1607, les armées se rencontrèrent à Gol, dans le Godjam.5 Yaqob y fut tué, et Abuna Petros avec lui ; on ne retrouva jamais le corps de Yaqob. Susneyos était empereur, et il ne se fiait pas à un homme qui avait fait et défait des empereurs. Il fit emprisonner Za Sellase sur une montagne du Godjam. Za Sellase s’évada et fut tué dans sa fuite.
La chaîne, période par période
Évadé de son île-prison, Za Dengel fut couronné par Za Sellase pour être un souverain de façade. Il se montra son propre maître : il décréta une levée pour une armée placée sous son commandement et un édit contre les exactions des seigneurs sur les paysans et les marchands, et remplaça les gouverneurs dans toutes les provinces amhara. Il confia en privé à Páez qu’il souhaitait devenir catholique, et abolit le sabbat du samedi.
Ramené d’Enarya par Za Sellase, Yaqob régna de nouveau. Atnatewos se rallia à lui, et en avril 1606 Kefla Wahid lui amena des troupes du Tigré à Cacaho, dans le Begemder, et fut battu. Quand Za Sellase vint à son camp après une défaite face à Susneyos, Yaqob le railla et le poussa dans l’autre camp. Yaqob fut tué à Gol ; on ne retrouva jamais son corps.
Susneyos, arrière-petit-fils de Dawit II, avait vécu en prince hors-la-loi dans le Godjam et le Choa, combattant avec des bandes oromo. Le parti du ras Atnatewos le proclama empereur le 14 décembre 1604. Za Sellase soutint plutôt Yaqob, et pendant deux ans les rivaux se battirent à travers les hauts plateaux, jusqu’à ce que, le 10 mars 1607, Susneyos batte et tue Yaqob à Gol, dans le Godjam.
Za Dengel donna à Za Sellase le Dembiya et le Wegera ainsi qu’une épouse de la famille royale, mais après la saison des pluies de 1604 il se souleva contre l’empereur avec Atnatewos. Dans la plaine de Barcha, le 13 octobre 1604, il tua l’empereur qu’il avait fait. Il ramena Yaqob et se fit premier ministre ; battu par Susneyos et raillé par Yaqob, il changea de camp avant Gol.
Le dejazmach Yonael, vétéran des guerres de Sarsa Dengel contre les Beta Israel du Semien et contre les Ottomans de Massaoua, était l’allié d’Atnatewos contre Za Dengel. Il serait mort le 13 octobre 1604 à Barcha, dans la bataille même où périt l’empereur.
Après Barcha, Atnatewos, faute de pouvoir joindre Za Sellase, répondit à Susneyos, qui réclamait son soutien, et le proclama empereur. Quand Susneyos, malade, se replia dans les montagnes de l’Amhara, Atnatewos hésita, et quand Yaqob reparut dans le Dembiya, il se rallia à lui. Il combattit pour Yaqob à Gol et s’échappa du champ de bataille.
Battu à Cacaho en 1606 en combattant pour Yaqob, Kefla Wahid s’enfuit dans le Tigré. Après Gol, il se soumit à Susneyos avec de riches présents et reçut un pardon solennel, et les gouverneurs du Nord suivirent son exemple. Vers 1608, Susneyos le remplaça dans le Tigré par son propre demi-frère Sela Krestos ; Kefla Wahid mourut de la peste au camp royal de Gorgora en 1618.
Susneyos ne se fiait pas à un homme qui avait fait et défait des empereurs. Il fit emprisonner Za Sellase sur l’amba Guzman, dans le Godjam. Za Sellase s’évada et, selon un récit, fut tué dans sa fuite en juin 1607 par des parents de Za Dengel ; selon un autre, il vécut d’abord un an en hors-la-loi.
Abuna Petros, le métropolite égyptien, excommunia Za Dengel, et Atnatewos et Za Sellase le gagnèrent à leur soulèvement, qui reçut ainsi la caution de l’Église. Il chevaucha ensuite aux côtés de Yaqob rétabli, fut blessé à Cacaho en avril 1606 et tué à ses côtés à Gol en mars 1607.
Pedro Páez débarqua à Massaoua en 1603 et s’installa à la maison des jésuites de Fremona. Za Dengel l’invita à la cour, où il arriva le 17 juin 1604, pour lui exposer les lois et le gouvernement de l’Europe, et lui fit rédiger des lettres au pape Clément VIII et à Philippe III pour demander de l’aide contre les seigneurs. Quand vint le décret sur le sabbat, Páez se retira à Fremona pour attendre la fin de la guerre.
Deux empereurs moururent en trois ans, et le trône revint au prétendant qui avait sa propre armée et entendait soumettre les seigneurs qui avaient fait ses prédécesseurs.
Une église à Gorgora
- 6◆Des lettres pour demander des soldats — 1607 · au pape et à Philippe III
- 7⌂L’église des jésuites à Gorgora — bâtie en 1618–1621
- 8⚑Le soulèvement du métropolite — mai 1617 · Sadda, en Dembiya · écrasé
- 9◆L’empereur se tourne vers Rome — 1622 · profession de foi publique
En bref
Susneyos invita Páez à sa cour, et les deux hommes devinrent amis. En 1607, l’empereur écrivit au pape et au roi d’Espagne et de Portugal pour leur demander des soldats.6 Il donna aux jésuites des terres à Gorgora, sur la rive nord du lac Tana, où Páez bâtit une église de pierre.7 Le demi-frère de l’empereur, Sela Krestos, gouverneur du Godjam, passa ouvertement à Rome en 1612 et imposa la nouvelle foi à sa province. D’autres résistèrent. En 1617, le métropolite bénit un soulèvement contre l’empereur8 et fut tué avec son chef. En 1622, Susneyos professa publiquement la foi romaine9 et répudia toutes ses épouses sauf la première. Páez mourut à Gorgora au mois de mai suivant.
La chaîne, période par période
Couronné à Aksoum, Susneyos donna les grandes charges à ses frères et à ses anciens compagnons. Il fit de Páez son ami et son conseiller, donna aux jésuites des terres à Gorgora, sur le lac Tana, et écrivit en 1607 au pape et au roi d’Espagne et de Portugal pour demander des soldats. À partir de 1612 environ, il communia en privé selon le rite catholique.
Abba Meherka Dengel, formé à Debre Libanos et jadis confesseur de l’impératrice de Sarsa Dengel, avait été le maître de Susneyos, qui fit de lui son confesseur. Il écrivit les vingt-deux premiers chapitres de la chronique de l’empereur, jusqu’au couronnement. Il défendit les jésuites dans leurs premières années et prit part aux controverses de la cour en 1613–1614.
Vers 1612, Takla Sellase, dit Tinno, avait repris la chronique ; il est le premier secrétaire royal connu à porter le titre de sahafe te’ezaz. Son histoire peint les ennemis de l’empereur, Za Sellase, Yolyos, Yemana Krestos et Keflo, sous les traits de scélérats. Keflo lui avait un jour pris le sceau du secrétaire, et Takla Sellase ne le lui pardonna jamais. Il mourut en 1638.
Sela Krestos, demi-frère de Susneyos, gouvernait le Tigré dès 1608 avec le titre de bahr negash, jusqu’à ce que la dureté de son gouvernement y provoque une révolte. En février 1612, l’empereur lui donna tout le Godjam. Il passa ouvertement à Rome cette même année et imposa la nouvelle foi à sa province, ce qui le dressa contre Yolyos, dont il prit les terres du Godjam.
Gedewon, chef des Beta Israel dans les montagnes du Semien et probablement frère de Harago, la mère de Yaqob, accueillit et proclama des prétendants contre Susneyos. De soumissions en guerres nouvelles, il tint tête à l’empereur près de vingt ans, jusqu’à ce que Susneyos le fasse tuer vers 1625.
Kefla Maryam, fils de Sarsa Dengel et de Harago, et donc frère de Yaqob, fut l’un des trois rebelles que Gedewon proclama roi. Avec son frère Matako, qui comptait devenir son vizir, il ravagea le bas Semien. Tous deux furent capturés et avouèrent qu’on les avait égarés ; vers 1608, Susneyos les fit passer au fil de l’épée.
Yolyos servait Susneyos depuis ses années de hors-la-loi. En 1607, l’empereur lui donna sa fille Malakotawit et le fit gouverneur du Godjam. Après un complot avec Keflo en 1609, il fut pardonné, Malakotawit ayant, selon un récit, plaidé sa cause auprès de son père. Envoyé au nord, dans le Tigré, en 1612 quand Sela Krestos reçut le Godjam, il y persécuta les jésuites.
Keflo, homme d’humble naissance qui s’était élevé comme favori d’Atnatewos, servit Susneyos comme gouverneur du Godjam, commandant de régiment et blattengeta, et complota contre lui en 1609 et en 1613, pardonné chaque fois. Chef du Dembiya, il devint si puissant qu’il prit le sceau du secrétaire royal. En 1617, il rejoignit en secret le soulèvement de Yolyos.
Le ras Yemana Krestos, demi-frère de Susneyos, perdit vers 1612 le titre de ras au profit de Sela Krestos et, gouverneur du Begemder, se déclara contre les missionnaires. En 1617, il rejoignit Yolyos, Keflo et Abuna Semon, et projeta de marier sa fille à Walay, fils de Gedewon. Capturé, il fut condamné à mort, gracié, exilé dans le Godjam, et le mariage lui fut interdit.
Les conjurés tentèrent d’abord de tuer Susneyos à la cour : Keflo devait frapper l’empereur et Yolyos tuer Sela Krestos. Le 11 mai 1617, à Sadda, dans le Dembiya, l’armée royale mit les rebelles en déroute ; Yolyos fut décapité et laissé sans sépulture. Keflo, qui jouait toujours le serviteur loyal, fit une nouvelle tentative contre l’empereur et fut décapité le 22 juin.
Abuna Semon vint d’Égypte vers 1607 pour succéder à Petros et donna l’onction à Susneyos. D’abord bien disposé envers les jésuites, il prit le parti orthodoxe dans les controverses de la cour en 1613–1614 et interdit à quiconque d’embrasser la foi catholique ou d’entrer dans les églises des jésuites. En 1617, il rejoignit le coup d’État, et il fut tué à Sadda le 11 mai.
Páez bâtit aux jésuites une maison et une église de pierre à Gorgora et devint le proche conseiller de l’empereur. Son premier grand converti, Sela Krestos, fit du Godjam la première province à observer le carême et les fêtes romaines. Páez écrivit une Histoire de l’Éthiopie, achevée en 1620, qui s’appuyait sur des informateurs éthiopiens, dont Meherka Dengel.
António Fernandes, en Éthiopie depuis 1604 environ, fut envoyé par Susneyos en 1613 chercher une route vers le sud jusqu’à Malindi, sur l’océan Indien, puis vers l’Europe, en évitant la côte tenue par les Ottomans. L’expédition traversa l’Enarya et le Kambata, mais des chrétiens éthiopiens hostiles à la mission la firent arrêter, et les survivants revinrent à Gorgora sans avoir rien obtenu.
Le métropolite et les seigneurs de l’opposition morts ou bannis, plus rien à la cour ne se dressait entre Susneyos et Rome.
En 1622, Susneyos professa publiquement la foi romaine, répudia toutes ses épouses sauf Wald Saala et promulgua un édit contre la foi orthodoxe. Páez mourut en mai. Rome nomma un patriarche, Afonso Mendes, et le 11 février 1626, à Danqaz, l’empereur, son héritier Fasilidas et la cour jurèrent obédience au pape.
Malkea Krestos, riche courtisan qui suivit l’empereur dans bien des campagnes, était le principal conseiller de Susneyos et soutenait la politique catholique. Sa femme, Walatta Petros, le quitta ; quand elle apprit qu’il avait trempé dans le meurtre d’Abuna Semon en 1617, elle le quitta pour de bon. Plus tard, il dissuada l’empereur de la faire mettre à mort.
Amata Krestos, fille de l’oncle maternel de Susneyos et belle-mère de Malkea Krestos, était en faveur auprès de l’empereur pour ses conseils, et l’avertit un jour d’un projet d’assassinat. On la disait la femme la plus riche du royaume. Les jésuites ne croyaient pas à sa conversion ; elle donna ses terres pour abriter des moines qui résistaient à Rome.
Wald Saala, épouse de Susneyos depuis 1601 environ et mère de Fasilidas et de Gelawdewos, fut d’abord l’une des principales adversaires des jésuites à la cour et défendit ceux qui souffraient du zèle catholique de son mari. Au début des années 1620, elle fonda une église à Qoma, au-dessus des gorges de l’Abbay, et la dota de terres suffisantes pour entretenir plus de deux cents nobles et clercs.
Walatta Petros, femme de la noblesse, se fit moniale au bord du lac Tana en 1617, à vingt-cinq ans, et y rencontra Eheta Krestos. Quand l’empereur interdit la foi orthodoxe, elle s’enfuit vers l’est et prêcha qu’un roi qui s’était tourné vers Rome était maudit. Amenée devant la cour, elle fut épargnée et confiée à son frère ; elle s’enfuit au Waldebba et prêcha de nouveau.
Manuel de Almeida, jésuite portugais choisi en 1622 comme envoyé auprès de Susneyos, fit voile de l’Inde jusqu’à Souakin avec un sauf-conduit du pacha ottoman, passa à Massaoua, rencontra le gouverneur du Tigré, Qeba Krestos, à Debarwa et atteignit Fremona en janvier 1624. L’empereur le reçut bien. Son Histoire de l’Éthiopie, plus tardive, s’appuyait sur celle de Páez.
Afonso Mendes, nommé patriarche d’Éthiopie en 1622, débarqua à Beilul en mai 1625 pour éviter le port ottoman de Massaoua et atteignit la cour, à Danqaz, en février 1626. Après le serment, il ordonna que les prêtres soient ordonnés de nouveau et les chrétiens baptisés de nouveau, et interdit le sabbat du samedi et les anciens jeûnes. Les soldats de Susneyos y veillèrent.
L’Éthiopie était catholique par décret, et la résistance avait trouvé sa base dans les monastères et parmi les grandes dames de la cour.
L’obédience romaine
- 10◆Le patriarche débarque — mai 1625 · en évitant Massaoua l’ottomane
- 11◆Le rite romain imposé — 1626 · nouveau baptême, nouvelle ordination
- 12⌂Zhebey — v. 1627 · sa première communauté
En bref
Rome nomma pour l’Éthiopie un patriarche, le jésuite portugais Afonso Mendes. Pour éviter le port ottoman de Massaoua, il débarqua à Beilul10 en mai 1625 et traversa le désert jusqu’à la maison des jésuites de Fremona. Le 11 février 1626, à Danqaz, Susneyos jura devant lui obédience au pape. Mendes refit alors l’Église :11 les prêtres devaient être ordonnés de nouveau et les chrétiens baptisés de nouveau, et le sabbat du samedi comme les anciens jeûnes furent interdits. La résistance gagna les monastères. Walatta Petros, épouse de l’un des conseillers de l’empereur, avait quitté son mari pour se faire moniale au bord du lac Tana. Elle prêchait qu’un roi qui s’était tourné vers Rome était maudit. Susneyos la fit comparaître devant lui et la remit aux jésuites, et Mendes en personne tenta de la gagner. Elle ne céda pas, et l’empereur l’exila dans les basses terres brûlantes de la frontière soudanaise. Moines et moniales l’y suivirent, et son lieu d’exil devint sa première communauté.12
Wayna Daga
- 13⚑Le Lasta se soulève — 1629 · un prétendant « roi de la foi »
- 14⚔Victoires rebelles — 1632 · le gouverneur du Begemder et Sela Krestos mis en déroute
- 15⚔Wayna Daga — juin 1632 · les rebelles écrasés
- 16◆L’ancienne foi rétablie — juin 1632 · plus de conversion forcée
En bref
Les soulèvements se succédèrent. Celui qui perdit Susneyos éclata en 1629 dans les montagnes du Lasta, où Malkea Krestos, un prince de la lignée royale, se proclama roi de la foi orthodoxe.13 Susneyos marcha sur le Lasta et fut repoussé. En 1632, les rebelles descendirent vers la cour. Leur général mit en déroute14 le gouverneur du Begemder, puis Sela Krestos lui-même. En juin, Susneyos les affronta à Wayna Daga et les écrasa ; des milliers de rebelles périrent15 sur le champ de bataille. Son héritier, Fasilidas, lui aurait dit que les morts n’étaient ni des païens ni des musulmans, mais ses propres sujets chrétiens. En quelques semaines, Susneyos proclama que l’ancienne foi était de nouveau libre et que personne ne serait contraint de suivre Rome.16 Il remit le gouvernement à Fasilidas et mourut à Danqaz en septembre.
La chaîne, période par période
Takla Giyorgis, noble de l’Enderta qui s’était élevé en vingt ans au service de l’empereur, tenait le Tigré et le titre de bahr negash en 1628 et avait reçu pour épouse Wangelawit, fille de Susneyos, contre le gré de celle-ci, après avoir épousé sa sœur. En septembre 1628, il se révolta contre le soutien de l’empereur aux jésuites. Quand il fit tuer son chapelain jésuite, ses alliés l’abandonnèrent.
Malkea Krestos, issu d’une branche de la lignée de Dawit II, devint en 1629 le chef des Agaw du Lasta et se proclama roi de la foi orthodoxe, tenant la montagne d’Emakina. La campagne de Susneyos de février 1629 tourna à la déroute et un gendre de l’empereur fut tué. Ses hommes razzièrent le Begemder et le Semien, et le soulèvement trouva des appuis du Tigré à l’Amhara.
Sarsa Krestos, probablement fils de Yemana Krestos, avait escorté Mendes jusqu’à Danqaz en 1626. En 1630, l’empereur retira le Godjam à Sela Krestos pour le lui donner. Le 18 mai 1631, il se souleva, se proclama roi, appela le peuple à abandonner la foi romaine et fit tuer des notables catholiques. Capturé par l’armée de Fasilidas le 1er juin, il fut exécuté.
Bihono, général de Malkea Krestos, était célèbre pour ses victoires sur l’armée royale. En 1632, il battit Gabra Krestos, gouverneur du Begemder, puis les forces réunies de Gabra Krestos et du ras Sela Krestos, presque aux portes de la cour, et bien des chefs royaux passèrent aux rebelles. Il mourut à Wayna Daga le 7 juin 1632.
Le dejazmach Qeba Krestos, gendre de l’empereur et l’un des premiers courtisans passés au catholicisme, fut envoyé contre Takla Giyorgis et le captura ; le rebelle fut jugé à Gannata Iyasus et exécuté. Envoyé dans le Tigré pour frapper le Lasta par le nord-est, Qeba Krestos fut coupé de ses arrières dans les montagnes et tué en 1629, et sa tête fut portée à Malkea Krestos.
Sela Krestos se brouilla avec Susneyos après le serment de 1626 et perdit le Godjam, mais il fut rappelé pour battre les rebelles du Lasta dans le Begemder. Après l’échec d’une campagne en 1630, l’empereur lui en fit porter la faute et donna le Godjam à Sarsa Krestos. En 1632, Bihono l’humilia, et il se retira dans le Damot plutôt que d’affronter son frère.
Fasilidas, l’héritier, avait prêté le serment de 1626 mais gardait ses pensées pour lui ; les jésuites ne savaient s’il était ami ou ennemi. En 1631, il marcha contre Sarsa Krestos, qui prétendait combattre pour lui, et le ramena à Danqaz pour y mourir. Après Wayna Daga, il aurait dit à son père que les morts étaient ses propres sujets chrétiens.
Les troupes de Susneyos devinrent séditieuses pendant les campagnes du Lasta ; un jour, il leur permit d’observer un jeûne du mercredi, et le patriarche le lui reprocha. En juin 1632, il écrasa l’armée de Malkea Krestos à Wayna Daga. En quelques semaines, il déclara que nul ne serait contraint à la foi romaine, abdiqua en faveur de Fasilidas et mourut en septembre.
Amenée de nouveau devant la cour, Walatta Petros dut passer ses samedis avec les jésuites tandis que Mendes s’efforçait de la convertir. Devant l’échec, elle fut bannie seule, vers 1627, à Zhebey, dans les confins brûlants de la frontière soudanaise. Moines et moniales l’y rejoignirent : ce fut sa première communauté. Libérée au bout de trois ans, elle fonda des communautés à Chanqwa et à Mesele.
Eheta Krestos, femme de la noblesse qui avait quitté son mari et son fils pour se faire moniale, avait rejoint Walatta Petros en 1617. Quand Walatta Petros fut bannie, elle supplia Amata Krestos de demander à Malkea Krestos de demander à l’empereur de la laisser la suivre. Émue, Amata Krestos le fit, et Eheta Krestos rejoignit son amie en exil.
Mendes ne voulut pas plier. Quand Wangelawit, la fille de l’empereur, trois fois mariée, demanda la permission d’épouser son amant, il refusa malgré les prières de toute la cour, et la haine de Rome grandit. Il reprocha à l’empereur le jeûne des soldats. Après Wayna Daga, il ne put que constater que Susneyos n’imposait plus la foi romaine à personne.
Susneyos gagna sa guerre et renonça à sa cause : l’ancienne foi était de nouveau libre, et le trône passa à Fasilidas.
Livrés aux Turcs
- 17◆On fait venir un métropolite — d’Alexandrie · 1632–1633
- 18◆Livrés aux Ottomans — mai 1634 · par Yohannes Akay
- 19◆Retenu contre rançon — 1634–1635 · puis embarqué pour l’Inde
- 20✒Les ports fermés aux prêtres — avec les pachas de Massaoua et de Souakin
En bref
Fasilidas acheva la restauration. Il fit demander à Alexandrie17 un nouveau métropolite, et les jésuites perdirent leurs terres. Sela Krestos refusa de renoncer à la foi romaine ; son neveu l’envoya en exil, où il mourut. En mars 1633, le patriarche et ses prêtres reçurent l’ordre de quitter la région du lac Tana pour Fremona, dans le Tigré. Mendes espérait encore des soldats portugais venus de l’Inde. Il trouva un protecteur en Yohannes Akay, un seigneur rebelle du Nord, qui cacha les jésuites sur sa montagne. Fasilidas offrit son pardon à Akay s’il les livrait. Akay refusa de livrer ses hôtes au roi. En mai 1634, il les livra plutôt aux Ottomans de Massaoua, et les Turcs retinrent Mendes18 à Souakin contre rançon avant qu’il puisse s’embarquer19 pour l’Inde. Avec le temps, Fasilidas convint20 avec les gouverneurs ottomans de la côte de tenir les prêtres catholiques hors du pays.
La chaîne, période par période
Empereur à partir de 1632, Fasilidas restaura l’Église orthodoxe, fit demander à Alexandrie un nouveau métropolite et prit les terres des jésuites. Son oncle Sela Krestos refusa de venir à la cour et de renier Rome ; il fut envoyé en exil, où il mourut. Meherka Dengel, le vieux confesseur qui avait soutenu les missionnaires, fut relégué aux confins de l’empire vers 1633.
En mars 1633, Mendes et ses prêtres reçurent l’ordre de quitter la région du lac Tana pour Fremona, dans le Tigré. Quand on apprit que des navires portugais avaient attaqué Mombasa, Fasilidas y vit la main du patriarche et ordonna aux jésuites de quitter le pays. Mendes espérait encore des soldats portugais venus de l’Inde.
Almeida fut désigné avec Manoel Barradas pour aller à Goa demander aux autorités portugaises de l’aide pour la mission. Il avança lentement, et quand il atteignit Diu, les jésuites expulsés l’avaient rattrapé. De retour en Inde après treize ans d’absence, il devint provincial de son ordre.
Les jésuites se réfugièrent chez Yohannes Akay, un bahr negash alors en révolte, qui les cacha sur sa montagne. Fasilidas lui offrit son pardon s’il les livrait ; il refusa de livrer ses hôtes au roi et, en mai 1634, les livra plutôt aux Ottomans de Massaoua. Les Turcs retinrent Mendes à Souakin contre rançon avant qu’il puisse s’embarquer pour l’Inde.
Sous le nouveau roi, les communautés de Walatta Petros grandirent, et elle en fonda d’autres autour du lac Tana, à Zage et à Damboza. Fasilidas lui envoya Walatta Giyorgis, une fille de Sarsa Dengel passée au catholicisme, pour qu’elle la ramène à l’ancienne foi, et Walatta Petros passa plus tard plusieurs mois à la cour comme sa conseillère.
En deux ans, les jésuites avaient disparu, et Fasilidas s’était entendu avec les pachas ottomans de Massaoua et de Souakin pour tenir les prêtres catholiques dehors.
Un palais à Gondar
- 21⚔Libo — milieu des années 1630 · l’armée royale en déroute
- 22⌂Gondar — v. 1636 · une capitale fixe
- 23⌂Qorata — 1650 · une terre pour la communauté de Walatta Petros
En bref
Au Lasta, le soulèvement survécut à sa cause. Au milieu des années 1630, Malkea Krestos mit en déroute l’armée royale21 à Libo et s’assit sur le trône de Fasilidas. Fasilidas appela ses gouverneurs, parmi lesquels son frère Gelawdewos, et ils prirent le prétendant à Libo ; un soldat de Gelawdewos le tua. Vers 1636, Fasilidas fit de Gondar sa capitale, un siège fixe22 pour des rois qui avaient longtemps gouverné depuis des camps itinérants, et y commença un palais de pierre. Son frère ne lui resta pas fidèle. Vers 1640, Gelawdewos se révolta et s’enfuit chez les rebelles du Lasta ; il fut pris et enfermé sur une montagne. En 1648, un envoyé de l’imam du Yémen, al-Haymi, arriva à Gondar et s’émerveilla du nouveau palais. Fasilidas voulait une route commerciale qui contourne les ports ottomans, non la conversion qu’espérait l’imam. En 1650, il donna des terres à Qorata23, sur le lac Tana, à la communauté de Walatta Petros, qui avait tenu tête à son père. En 1660, le trône avait à Gondar une demeure fixe, l’Église orthodoxe était restaurée et Rome était tenue dehors.
La chaîne, période par période
La restauration ôta à Malkea Krestos sa cause, mais non sa prétention ; on se souvint de lui comme du restaurateur de la foi. En 1635, il surprit l’armée royale à Libo, chassa Fasilidas, entra dans la demeure du roi et s’assit sur le trône, un candélabre sur la tête en guise de couronne. Quelques jours plus tard, les gouverneurs du roi tombèrent sur lui et le tuèrent.
Chassé de Libo, Fasilidas appela Damo, gouverneur du Semien, le ras Za Krestos du Damot et son frère Gelawdewos, qui prirent et tuèrent le prétendant. Vers 1636, il fit de Gondar sa capitale et y commença un palais de pierre. Craignant un retour des Portugais, il se tourna vers leurs ennemis et écrivit en janvier 1642 à l’imam zaydite du Yémen.
Gelawdewos, frère germain de Fasilidas et gouverneur du Begemder, contribua à abattre Malkea Krestos. Susneyos avait demandé qu’il soit gardé à la cour plutôt qu’enfermé sur la montagne royale, et Fasilidas lui confia les affaires militaires. Mais il avait sa propre clientèle et, selon un récit, il se révolta au Lasta en 1638 avec son demi-frère Elfyos.
Wald Saala ne reconnaissait pas l’autorité de son fils Fasilidas sur sa fondation de Qoma, dont la communauté soutenait Gelawdewos. Ses premières chartes foncières, scellées par Abuna Marqos en 1641–1642, ne nomment ni le roi ni aucun dignitaire de l’Église éthiopienne.
Abuna Marqos, moine du monastère de Saint-Antoine en Égypte, fut consacré au Caire en 1634 et atteignit la cour la quatrième année du règne de Fasilidas ; il s’établit à Gondar. Il bénit la vocation de Walatta Petros, ordonna des prêtres pour sa communauté et scella les chartes de Qoma, la fondation de Wald Saala. Sa richesse et son crédit auprès des nobles et de l’armée grandirent.
Walatta Petros fonda ses dernières communautés sur les rives du lac Tana, à Afar Faras et à Zabol. Après trois mois de maladie, elle mourut le 23 novembre 1642, vingt-six ans après s’être faite moniale, et fut enterrée à Rema.
Eheta Krestos, sa compagne depuis 1617, succéda à Walatta Petros comme abbesse et dirigea la communauté, qui n’avait pas de supérieur masculin, jusqu’à sa propre mort, le 2 avril 1649.
Peter Heyling, fils d’orfèvre de Lübeck qui avait étudié le droit à Paris auprès de Grotius, partit pour l’Égypte dans l’espoir de porter la réforme luthérienne dans l’Église copte, et gagna l’Éthiopie avec Marqos. À la cour de Fasilidas, il fut précepteur, médecin et théologien, surtout autour de Gondar et d’Azezo, et traduisit l’Évangile de Jean en amharique.
Fasilidas voulait une route caravanière de Gondar à Beilul, un port hors du contrôle ottoman, gardée par des armes à feu que seul l’imam du Yémen pouvait fournir. En 1647, il envoya à l’imam Hajj Salim, un musulman, avec une lettre qui faisait obscurément allusion à l’islam. Salim affirma que l’empereur souhaitait se convertir, et l’imam envoya en retour un émissaire.
Gondar était le siège fixe d’une monarchie orthodoxe restaurée, mais le frère du roi et le métropolite étaient devenus des centres de pouvoir à part entière.
Ce n’est qu’en 1647 que Fasilidas vint à bout de son frère. Les sources éthiopiennes envoient Gelawdewos sur la montagne royale de Wehni ; al-Haymi entendit dire qu’il avait été exilé sur une île ; un rapport jésuite affirme que Fasilidas le fit étrangler après que Marqos l’eut averti qu’il voulait restaurer Rome. On n’entendit plus parler de lui, et l’on crut qu’il avait été tué.
Après la chute de Gelawdewos, Wald Saala se réconcilia avec son fils. En 1648, son église de Qoma fut consacrée de nouveau à saint Fasiladas et reçut un statut légal, et elle garda ses riches dotations. Elle mourut en 1661.
Jugé trop riche et trop puissant par la cour et par les propres dignitaires de l’Église, Marqos fut déposé et arrêté vers 1646–1648 sous l’accusation de vie dissolue, puis exilé sur une île. Al-Haymi et les jésuites lièrent sa chute à celle de Gelawdewos. Le métropolite suivant fut le candidat du roi, Mikael ; celui que Gelawdewos avait demandé fut renvoyé.
En 1650, Fasilidas donna des terres à Qwarata, sur le lac Tana, pour un monastère consacré à Walatta Petros, qui avait tenu tête à son père. Sa communauté y garda sa maison, et Qwarata devint un lieu d’asile pour ceux qui fuyaient la colère du roi.
Al-Haymi, lettré et poète zaydite, quitta la résidence de l’imam en juillet 1647, fit voile de Moka à Beilul et traversa le Tigré avec des marchands éthiopiens. À Gondar, en 1648–1649, il admira le mobilier du nouveau palais, venu d’Istanbul et de l’Inde. En audience privée, il apparut clairement que Fasilidas ne s’intéressait nullement à l’islam, et la lettre secrète de l’imam ne fut jamais remise.
En 1660, Fasilidas envoya Hajj Mikael Abu Yusuf auprès du sultan ottoman à Istanbul pour acheter des armes à feu. À Alexandrie, l’envoyé parla à un prêtre copte de la cour de l’empereur et d’une belle bibliothèque à Azezo ; on ne sait s’il atteignit jamais Istanbul.
Ses critiques de la piété éthiopienne coûtèrent à Heyling la faveur du roi. Il fut expulsé en 1652 par Massaoua, et à Souakin le pacha ottoman le fit exécuter. Ses disciples, conduits par Zamaryam d’Azezo et appelés les disciples de l’Allemand, maintinrent son enseignement vivant à Gondar.
En 1660, Fasilidas n’avait plus de rival ni à la cour ni dans l’Église, Rome était tenue dehors, et Gondar se tournait vers les puissances musulmanes pour avoir des fusils.
Qui est qui
L’empereur et sa cour
Faiseurs de rois et rebelles
L’Église orthodoxe
Les jésuites et Rome
L’imam du Yémen
Autres
Chronologie
- 1◆L’armée de l’empereur — 1603–1604 · une levée sous son commandement 1600–1604
- 2◆Le sabbat du samedi aboli — 1604 · par édit impérial 1600–1604
- 3⚔Barcha — oct. 1604 · l’empereur tué 1600–1604
- 4♛Susneyos proclamé — déc. 1604 · par un parti de nobles 1604–1607
- 5⚔Gol — 10 mars 1607 · Yaqob et l’abuna tués 1604–1607
- 6◆Des lettres pour demander des soldats — 1607 · au pape et à Philippe III 1607–1622
- 7⌂L’église des jésuites à Gorgora — bâtie en 1618–1621 1607–1622
- 8⚑Le soulèvement du métropolite — mai 1617 · Sadda, en Dembiya · écrasé 1607–1622
- 9◆L’empereur se tourne vers Rome — 1622 · profession de foi publique 1607–1622
- 10◆Le patriarche débarque — mai 1625 · en évitant Massaoua l’ottomane 1625 – v. 1627
- 11◆Le rite romain imposé — 1626 · nouveau baptême, nouvelle ordination 1625 – v. 1627
- 12⌂Zhebey — v. 1627 · sa première communauté 1625 – v. 1627
- 13⚑Le Lasta se soulève — 1629 · un prétendant « roi de la foi » 1629–1632
- 14⚔Victoires rebelles — 1632 · le gouverneur du Begemder et Sela Krestos mis en déroute 1629–1632
- 15⚔Wayna Daga — juin 1632 · les rebelles écrasés 1629–1632
- 16◆L’ancienne foi rétablie — juin 1632 · plus de conversion forcée 1629–1632
- 17◆On fait venir un métropolite — d’Alexandrie · 1632–1633 1632–1635
- 18◆Livrés aux Ottomans — mai 1634 · par Yohannes Akay 1632–1635
- 19◆Retenu contre rançon — 1634–1635 · puis embarqué pour l’Inde 1632–1635
- 20✒Les ports fermés aux prêtres — avec les pachas de Massaoua et de Souakin 1632–1635
- 21⚔Libo — milieu des années 1630 · l’armée royale en déroute v. 1635–1660
- 22⌂Gondar — v. 1636 · une capitale fixe v. 1635–1660
- 23⌂Qorata — 1650 · une terre pour la communauté de Walatta Petros v. 1635–1660
Sources
- Encyclopaedia Aethiopica, « Zädǝngǝl » : la déposition de Yaqob, le souverain de façade de Za Sellase, Páez à la cour, la bataille de Barča, 13 oct. 1604 — source
- Merid Wolde Aregay, « Za-Sellasé », Encyclopaedia Africana Dictionary of African Biography : le faiseur de rois, son changement de camp et sa mort en 1607 — source
- Coptic Encyclopedia, « Petros III » : les excommunications du métropolite et sa mort aux côtés de Yaqob à Gol, 10 mars 1607 — source
- Belaynesh Michael, « Susneyos », Dictionary of African Christian Biography : la proclamation de déc. 1604, Gol, la restauration de 1632, la mort à Danqaz — source
- Merid Wolde Aregay, « Se'ela Krestos », Dictionary of African Christian Biography : gouverneur du Godjam, converti en 1612, exilé sous Fasilidas — source
- W. L. Belcher, « Walatta Petros », Dictionary of African Christian Biography : sa prédication, son procès, son exil à Zhebey et la terre de Qwarata, 1650 — source
- Encyclopaedia Aethiopica, « Bihono » : le soulèvement du Lasta de 1629–1632 et la bataille de Wayna Daga, 7 juin 1632 — source
- Encyclopaedia Aethiopica, « Lobo, Jerónimo » : le débarquement à Beilul en 1625 et la remise des jésuites aux Ottomans à Massaoua par Yohannes Akay, 20 mai 1634 — source
- A. Martínez, « The Portuguese–Jesuit Settlement of Fremona, Tigray: 1565–1640 », ITYOPIS : les jésuites renvoyés à Fremona, mars 1633 — source
- James Bruce, Travels to Discover the Source of the Nile, vol. 2 (d’après les chroniques royales) : Barcha, Gol, le refuge d’Akay, Libo, la révolte de Gelawdewos — source
- Afonso Mendes — Wikipedia (le serment du 11 février 1626, la rançon de Souakin) — source
- Fasilides — Wikipedia (Gondar v. 1636, la campagne de Libo, l’ambassade au Yémen de 1647–1649) — source
Chaque affirmation du texte a été vérifiée dans les sources ci-dessus. Frontières : historical-basemaps (A. Ourednik, GPL-3.0), l’état de c.1600, simplifié — schématique, les bons États à peu près aux bons endroits. Territoires ayant changé de mains : provinces modernes (Natural Earth) ou états plus tardifs tenant lieu des frontières historiques. Terres, lacs et fleuves : Natural Earth. Portraits : crédités ci-dessous avec auteur, licence et source.
Portraits
- Pedro Páez — Grentidez · CC0 — Commons
- Walatta Petros — Unknown authorUnknown author · Public domain — Commons
- Susneyos — Alberto Pollera (1873 – 1939) · Public domain — Commons
- Fasilidas — Unknown · Public domain — Commons
- Yaqob — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Za Dengel — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Za Sellase — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Abuna Petros — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Sela Krestos — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Afonso Mendes — Unknown authorUnknown author · CC BY-SA 4.0 — Commons
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- Yohannes Akay — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Gelawdewos — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- al-Haymi — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Maryam Sena — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Atnatewos — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Kefla Wahid — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Yonael — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Gedewon — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Kefla Maryam — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
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- Keflo — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Yemana Krestos — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Abuna Semon — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
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- Takla Giyorgis — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
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- Peter Heyling — imagined likeness, generated in the manner of Ethiopian early Gondarine manuscript portrait painting (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration