La Côte de l’Or, 1600–1660
Comment passa-t-on d’un seul château portugais à une côte hérissée de forts européens rivaux — et qui décida lesquels resteraient ?
▶ Voir l’atlas commenté (narration en anglais) · 7 minLes territoires en 1660, aux couleurs de qui les tenait. Hachuré : les territoires qui ont changé de mains entre 1600 et 1660.
Dans chaque période ci-dessous, les événements numérotés de la carte renvoient à la liste qui la suit et aux repères du texte ; rien ne bouge.
Les périodes
Un fort pour Asebu
- 1⌂São Jorge da Mina — château portugais · bâti en 1482
- 2◆La loge hollandaise incendiée — 1610 · par les Portugais
- 3⌂Fort Nassau — 1612 · le premier fort hollandais
En bref
En 1600, il n’y avait qu’une forteresse européenne sur la Côte de l’Or : São Jorge da Mina,1 le château que les Portugais avaient bâti à Elmina en 1482. L’or y descendait des États forestiers de l’intérieur, et le Portugal revendiquait le commerce de toute la côte. Des navires hollandais y trafiquaient pourtant depuis les années 1590. En 1609, une trêve conclue en Europe laissa aux Portugais les mains libres contre eux, et en 1610 ils incendièrent la loge hollandaise2 de Mouri, à l’est d’Elmina, dans le royaume d’Asebu. Les marchands hollandais demandèrent un fort aux États généraux, qui envoyèrent en 1611 Jacob Clantius, premier « général de la Côte » hollandais. En 1612, Clantius bâtit le fort Nassau3 à Mouri, à l’invitation du roi d’Asebu. C’était le premier fort hollandais de la Côte de l’Or, et il se dressait sur le sol d’Asebu.
La chaîne, période par période
Cristóvão de Melo commandait São Jorge da Mina depuis 1596, l’année où des navires hollandais attaquèrent le château pour la première fois. Ils revinrent en 1603 et en 1606, et échouèrent les deux fois. Mais un château ne pouvait forcer le commerce à venir à lui : ses vivres venaient des villes africaines qui l’entouraient, son or des marchands de l’intérieur, et les navires hollandais leur offraient désormais des marchandises tout le long de la côte.
Duarte de Lima prit le commandement du château en 1608 et le garda jusqu’en 1610. En 1609, la trêve de Douze Ans laissa aux Portugais les mains libres contre les marchands hollandais de la côte, et en 1610 ils incendièrent la loge hollandaise de Mouri, à quelques milles à l’est d’Elmina, dans le royaume d’Asebu.
Pieter de Marees quitta les Pays-Bas en novembre 1600 et commerça sur la Côte de l’Or pendant toute l’année 1601. Rentré à Amsterdam en mars 1602, il publia une description de la côte : ses villes et ses souverains, ses marchés, la manière dont l’or changeait de mains. C’était le premier récit détaillé de la Côte de l’Or en néerlandais, et il attira davantage de marchands vers un commerce que les Portugais tenaient pour le leur.
Après l’incendie de la loge de Mouri, les marchands hollandais demandèrent protection aux États généraux. En 1611, ceux-ci envoyèrent Jacob Clantius comme premier « général de la Côte » hollandais. En 1612, il bâtit le fort Nassau à Mouri, premier fort hollandais de la Côte de l’Or et siège des Hollandais sur la côte jusqu’en 1637.
Le sol de Mouri appartenait au roi d’Asebu, et le fort Nassau s’éleva à son invitation. Aucune copie de l’accord n’a survécu, et son nom ne fut pas consigné. Asebu gagnait un partenaire commercial permanent sur son propre rivage, rival d’Elmina ; les Hollandais, une base que les Portugais ne pouvaient plus se contenter d’incendier.
Dans l’intérieur, en arrière de la côte à l’est d’Elmina, l’Akwamu prenait forme dans les collines que traversaient les routes commerciales menant à Accra. Ses listes dynastiques relèvent de la tradition, et elles divergent. Selon l’une d’elles, Akotia fut Akwamuhene d’environ 1595 à 1610 environ et transféra la capitale à Ayandawaase ; une autre le place des décennies plus tôt. Aucun Européen de ces années ne nomme un roi de l’Akwamu.
La même liste fait d’Obuoko Dako l’Akwamuhene suivant, d’environ 1610 à 1625 environ. On ne sait rien de son règne hormis sa place dans la succession ; l’autre liste ne le nomme même pas. Ce que la côte voyait de l’Akwamu en ces décennies, c’était son emprise sur les routes par lesquelles les marchands descendaient l’or jusqu’à Accra.
En 1612, les Hollandais avaient leur propre fort sur la côte, bâti sur un sol que le roi d’Asebu leur avait concédé.
L’embuscade au-dessus d’Elmina
- 4◆Compagnie des Indes occidentales — reprend le fort Nassau
- 5◆Le capitaine achète des alliés — Komenda neutre · des vivres de Fetu · la tête des Hollandais mise à prix
- 6⚔L’embuscade au-dessus d’Elmina — 25 oct. 1625 · la colonne hollandaise anéantie
En bref
En 1621, les Hollandais fondèrent la Compagnie des Indes occidentales pour porter outre-mer leur guerre contre l’Espagne et le Portugal, et elle reprit le fort Nassau.4 Son directeur sur place, Arent Jacobsz van Amersfoort, entreprit de gagner les souverains de la côte. Le 31 mars 1624, il conclut un traité avec Ambro, le braffo des Fante, qui promit de se tenir aux côtés des Hollandais contre les Portugais. Asebu et le souverain d’Accra se rallièrent aussi. À Elmina, le capitaine portugais, Francisco de Souto-Maior, répliqua par des présents.5 Il dépensa presque toutes les marchandises de traite du château pour garder Komenda neutre et obtenir de Fetu la promesse de vivres en cas de siège, et il offrit aux habitants d’Elmina une prime pour chaque tête hollandaise. En octobre 1625, une flotte hollandaise débarqua plus de 1 000 hommes à Komenda, qui marchèrent sans attendre les alliés ; seuls 150 guerriers d’Asebu environ les accompagnaient. Le 25 octobre, alors que la colonne campait sur les hauteurs qui dominent Elmina, 200 guerriers d’Elmina armés d’épées fondirent sur elle.6 Le marché de Souto-Maior tint : des centaines de Hollandais périrent, et Amersfoort fut emporté blessé.
La chaîne, période par période
Le 3 juin 1621, les Hollandais fondèrent la Compagnie des Indes occidentales pour porter leur guerre contre l’Espagne et le Portugal dans l’Atlantique. Elle reçut le monopole du commerce de la Côte de l’Or, en écarta les marchands hollandais indépendants et, en 1623–1624, reprit le fort Nassau à l’Amirauté. Son premier objectif en Afrique était le château d’Elmina.
Arent Jacobsz van Amersfoort, directeur du fort Nassau à partir de 1624, prépara l’attaque contre Elmina en commençant par la diplomatie. Il gagna Asebu, sur le sol duquel s’élevait le fort, et le souverain d’Accra, loin à l’est. Le 31 mars 1624, il conclut un traité avec les Fante, dont le pays s’étendait le long de la côte à l’est de Mouri.
Ambro était le braffo des Fante : leur chef de guerre, et l’homme qui traitait avec les Européens. En 1620, les Fante avaient combattu Asebu, et l’aide hollandaise apportée à Asebu les avait laissés amers. Pourtant, par le traité du 31 mars 1624, Ambro promit de se tenir aux côtés des Hollandais contre les Portugais d’Elmina.
Loin dans l’intérieur, entre l’Ofin et la Pra, les Agona vivaient dans l’ombre de l’Adanse, le vieil État aîné de la forêt. La tradition du Denkyira retient Mumunumfi, souverain des Agona, comme celui sous lequel les Agona devinrent le Denkyira, vers 1620, avec plus tard pour capitale Abankeseso. La date et le récit de fondation relèvent de la tradition, recueillie bien plus tard.
Les Hollandais disposaient désormais d’une compagnie faite pour la guerre et d’un engagement des Fante contre Elmina.
Francisco de Souto-Maior, capitaine d’Elmina à partir de 1624 (certains récits l’appellent Fernando de Sottomayor), disposait de 56 hommes et apprit l’arrivée de la flotte hollandaise par ses partenaires de commerce africains. Il dépensa presque toutes les marchandises du château en présents : le souverain de Komenda promit la neutralité, celui de Fetu des vivres en cas de siège, et les habitants d’Elmina se virent offrir une prime pour chaque tête hollandaise.
Jan Dircksz Lam et Andries Veron amenaient quinze navires et environ 1 200 soldats et marins, l’escadre de Lam renforcée de navires revenus de l’expédition hollandaise manquée de Bahia. Amersfoort était alors à Accra. Sans attendre les alliés, Lam débarqua plus de 1 000 hommes à Komenda et marcha sur Elmina ; seuls 150 guerriers d’Asebu environ l’accompagnaient. Le journal de bord de Lam court jusqu’en 1626.
Amersfoort rejoignit la colonne au dernier moment, fut grièvement blessé dans l’embuscade et ramené à Komenda par ses alliés d’Asebu. Il tenta ensuite d’entraîner les guerriers de Komenda dans une seconde attaque, mais leur souverain s’en tint à son marché avec les Portugais. À la cour de Fetu, il rencontra un envoyé portugais. Le 29 novembre 1625, la flotte leva l’ancre.
Le soir du 25 octobre 1625, les Hollandais campèrent sur les hauteurs qui dominent Elmina. À une portée de canon du château, environ 200 hommes d’Elmina armés d’épées fondirent sur eux. Les Hollandais perdirent 375 soldats, dont Veron, et 66 marins ; les Portugais, 27 hommes. Les guerriers d’Elmina s’attardèrent à dépouiller et décapiter les morts pour toucher la prime du capitaine.
Werempe Ampem succéda à Mumunumfi sur le tabouret du Denkyira, de 1624 à 1637 selon une liste. Après 1629, les campagnes du Denkyira prirent de l’ampleur : sous Werempe Ampem, il s’étendit par la force et grâce à son emprise sur le commerce de l’or, absorbant des territoires akan et démantelant d’anciens réseaux d’échange. Le Denkyira devait encore allégeance à l’Adanse.
Dans l’Akwamu, selon la même liste dynastique qui nomme Akotia et Obuoko Dako, une femme, Afrakoma, régna ensuite, des années 1620 à 1640 environ ; la liste lui donne le titre d’Akwamuhemaa. Comme ses prédécesseurs, on ne la connaît que par la tradition. Les Hollandais ne consignèrent pas son nom, mais ils consignèrent, de son temps, son État.
Une carte de la Côte de l’Or dressée en 1629 pour la compagnie hollandaise est la première trace de l’Akwamu. Elle plaçait les gens de l’Akwamu en travers des routes commerciales de l’intérieur et les qualifiait de « diefachtich volck », un peuple de voleurs. L’historien Ivor Wilks y a vu le signe du contrôle étroit que l’Akwamu exerçait sur les marchands qui traversaient ses terres.
Elmina survécut parce que ses voisins africains la choisirent : une neutralité achetée et des guerriers payés vinrent à bout d’une flotte.
Les Anglais à Kormantin
- 7⌂Loge anglaise de Kormantin — 1632 · sur le sol fante
- 8◆Navire de garde hollandais — mouillé dans la baie de Kormantin
En bref
En 1629, la Compagnie des Indes occidentales avait cartographié les États situés en arrière de la côte. Sa carte qualifiait de voleurs les gens de l’Akwamu, établis en travers des routes commerciales de l’intérieur, sans doute à cause de l’emprise qu’ils exerçaient sur les marchands qui traversaient leurs terres. Des hommes qui connaissaient si bien la côte pouvaient vendre ce savoir. En 1631, la couronne anglaise accorda une charte à une nouvelle compagnie pour le commerce de Guinée, et son principal actionnaire, le marchand londonien Nicholas Crispe, voulait une base fortifiée sur la Côte de l’Or. Arent de Groot, ancien facteur de la compagnie hollandaise, entra à son service. En mai 1632, quatre navires anglais prirent la mer. De Groot atteignit la côte en août et traita avec Ambro, le même chef fante qui avait juré d’aider les Hollandais. Ambro laissa les Anglais bâtir à Kormantin, sur le sol fante,7 et ouvrir des comptoirs à Anomabu et à Egya. Des hommes de Grand Kormantin construisirent la loge. Les Hollandais ne purent que mouiller un navire de garde8 dans la baie, pour détourner le commerce.
La chaîne, période par période
Nicholas Crispe, marchand de Londres, achetait des parts de la Compagnie de Guinée anglaise depuis 1625 et la contrôlait en 1628. En 1631, le roi lui accorda une nouvelle patente, et Crispe la détourna de la Gambie et de la Sierra Leone vers la Côte de l’Or, où il voulait une base fortifiée et la finança de ses deniers. Pour s’y introduire, il engagea des hommes qui avaient travaillé pour la compagnie hollandaise.
Arent de Groot, ancien facteur de la Compagnie hollandaise des Indes occidentales, partit avec quatre navires anglais en mai 1632 et atteignit la côte en août. Il alla trouver Ambro. Avec l’accord du braffo, il établit une loge anglaise à Kormantin, sur le sol fante, et ouvrit des comptoirs à Anomabu et à Egya. Des hommes de Grand Kormantin construisirent la loge.
Ambro, le chef fante qui avait juré en 1624 d’aider les Hollandais, laissait maintenant leurs rivaux bâtir à Kormantin. Un traité avec une compagnie n’avait pas fait des Fante ses sujets. Avec deux clients sur leur rivage, les marchands fante pouvaient jouer les Anglais contre les Hollandais, et Kormantin resta un établissement anglais pendant les trois décennies suivantes.
Jan Jochemsz Sticker succéda à Amersfoort comme directeur du fort Nassau de 1631 à 1635. Quand les Anglais ouvrirent leur loge à Kormantin, les Hollandais ne purent les chasser du sol fante. Ils mouillèrent à la place un navire marchand dans la baie de Kormantin, pour détourner le commerce des Anglais.
Pedro de Mascarenhas commanda São Jorge da Mina à partir de 1632. Le château avait désormais des rivaux hollandais à Mouri et anglais à Kormantin, et le Portugal, toujours gouverné depuis Madrid, ne lui envoyait guère d’aide. Son commandement prit fin en 1634, et le château passa cette année-là entre deux autres mains.
Après un court intérim assuré par Duarte Borges, André da Rocha Magalhães prit le commandement du château en 1634. Une liste le maintient en fonction jusqu’en 1642, ce qui ferait de lui le capitaine qui le rendit ; un récit portugais, d’après van Dantzig, donne pour dernier capitaine António Pinto da Fonseca. Dans un cas comme dans l’autre, aucun secours ne vint.
Les Fante montrèrent qu’un traité leur valait un allié, non un monopole ; Elmina resta à attendre des secours qui ne vinrent pas.
La chute d’Elmina
- 9♜Chute d’Elmina — août 1637 · les Portugais capitulent
- 10✒Traité d’Axim — 17 févr. 1642 · le dernier fort portugais pris
En bref
En 1637, les Hollandais retentèrent leur chance contre Elmina, et cette fois ils préparèrent le terrain. La compagnie tenait désormais le nord-est du Brésil, et son nouveau gouverneur, Jean-Maurice de Nassau-Siegen, avait ordre de prendre le château. Il confia le commandement au colonel Hans Coine et l’envoya avec neuf navires et quelque 800 soldats. Sur la côte, le directeur du fort Nassau, Nicolaes van Yperen, s’employa à gagner les États voisins. Le roi d’Eguafo, dont le port était Komenda, promit 200 pirogues avec leurs équipages contre des récompenses une fois le château tombé, et Eguafo et Asebu mirent en campagne entre 1 000 et 1 400 hommes en armes. À la fin d’août, les troupes de Coine débarquèrent près de Cape Coast et marchèrent sur Elmina. Elles repoussèrent une embuscade, enlevèrent d’assaut la colline de Saint-Jago qui domine le château et hissèrent des canons à son sommet. En quelques jours, la garnison portugaise, réduite à environ trente-cinq hommes, capitula et fit voile vers São Tomé.9 Au début de 1642, les Hollandais prirent Axim, le dernier fort portugais. Les chefs d’Axim signèrent un traité :10 ils gardaient leurs tribunaux, recevaient de l’or pour chaque navire hollandais, et chacun donnait un fils en garantie.
La chaîne, période par période
Nicolaes van Yperen, directeur du fort Nassau à partir de 1637, prépara le terrain avant la nouvelle attaque. Il s’employa auprès des États qui entouraient Elmina, pour gagner leurs guerriers ou du moins les tenir éloignés des Portugais. La compagnie ne marcherait plus sur le château sans une armée africaine à ses côtés.
La compagnie tenait désormais le nord-est du Brésil, et son nouveau gouverneur, Jean-Maurice de Nassau-Siegen, arriva à Recife en janvier 1637 avec ordre de prendre Elmina. Il envoya neuf navires et environ 800 soldats, quelque 1 300 hommes en tout, sous le colonel Hans Coine.
Hans Coine débarqua près de Cape Coast à la fin d’août 1637 et marcha sur Elmina. Ses troupes repoussèrent une embuscade, enlevèrent d’assaut la colline de Saint-Jago qui domine le château et hissèrent des canons à son sommet. Il refusa à la garnison une trêve de trois jours : ses vivres ne dureraient plus qu’une journée.
Jacob Ruychaver, commandant en second depuis 1639, prit la tête de la côte hollandaise en janvier 1641. En janvier 1642, les Hollandais prirent Axim, le dernier fort portugais. Le 17 février, ses chefs signèrent un traité avec les Hollandais : ils gardaient leurs tribunaux, sous la présidence du marchand hollandais, recevaient une once d’or pour chaque navire hollandais, et chacun donnait un fils en garantie.
Le roi d’Eguafo, dont le port était Komenda, promit 200 pirogues avec leurs équipages contre des récompenses une fois le château tombé. Eguafo et Asebu mirent en campagne entre 1 000 et 1 400 hommes en armes aux côtés des soldats de Coine. Les États qui étaient restés à l’écart en 1625 combattaient maintenant pour les Hollandais.
Sous le feu des canons tirant depuis Saint-Jago, la garnison, réduite à environ trente-cinq hommes, capitula en quelques jours, le 27 ou le 29 août 1637 selon les récits. Aux termes de la capitulation, le gouverneur, les soldats et les habitants portugais partirent sans armes, par bateau, pour São Tomé. São Jorge da Mina devint le quartier général hollandais sur la côte.
Selon la liste dynastique de l’Akwamu, Ansa Sasraku succéda à Afrakoma vers 1640 et régna jusque vers 1674. Plusieurs rois portèrent ce nom à la suite, et l’Ansa Sasraku qui mena l’attaque de l’Akwamu contre Accra en 1677 est compté comme le premier par certaines listes, le second par d’autres.
En 1642, le Portugal avait perdu tous ses forts de la Côte de l’Or, et les Hollandais les tenaient parce que les royaumes alentour s’étaient joints à eux.
Les deux pavillons de Carloff
- 11⌂Carolusborg — 1652 · un fort suédois sur le sol de Fetu
- 12♜Carolusborg pris pour le Danemark — janv. 1658 · ouvert de l’intérieur
En bref
Hendrik Carloff avait servi la compagnie hollandaise à Elmina et à Mouri dans les années 1640. En 1648, il obtint de Fetu, le royaume situé derrière Cape Coast, la promesse d’une terre, et l’apporta à une nouvelle Compagnie suédoise d’Afrique. Il débarqua le 22 avril 1650. Le roi de Fetu, Bodema, avec le trésorier Acrosan et le frère d’Acrosan, l’héritier, le laissa bâtir à Cape Coast, contre des versements mensuels aux deux frères et un droit sur chaque navire. Les Suédois posèrent les fondations de Carolusborg11 en 1652. Quatre ans plus tard, Carloff se brouilla avec ses employeurs et fut remplacé. En 1657, il passa au service du Danemark, qui entrait alors en guerre contre la Suède. En janvier 1658, il reparut sur la côte avec un seul navire, battant pavillon suédois pour tromper le fort. Acrosan accepta de l’aider et fit appel aux propres esclaves de la compagnie suédoise. Au matin, ils ouvrirent la porte. Carolusborg tomba en moins d’une heure,12 et son gouverneur suédois devint le prisonnier de Carloff.
La chaîne, période par période
John Wood, facteur sur le fleuve Sierra Leone dans les années 1620, arriva à Kormantin comme premier facteur en 1638. Cette année-là, la compagnie entreprit de transformer sa loge en fort ; un incendie en juin 1639 arrêta les travaux, et les Anglais accusèrent des saboteurs soutenus par les Hollandais. Wood rentra plus tard à Londres pour diriger l’affaire.
Crispe était royaliste. En janvier 1643, la Chambre des communes l’interrogea sur des sommes que lui devait le roi pour des services secrets, et il s’enfuit à Oxford. Le Parlement ordonna que sa part de la Compagnie de Guinée serve à éponger sa dette envers la Marine, et en décembre 1643 la Chambre des lords confirma la décision. L’entreprise qu’il avait bâtie passa à d’autres marchands de Londres.
Wood devint gouverneur de la Compagnie de Guinée dans les années 1640, et vers 1647 le marchand Maurice Thomson s’y associa. Sous leur direction, la loge de Kormantin fit place à un fort de pierre garni de batteries, le seul fort anglais de la Côte de l’Or pendant trois décennies. Aucun document ne montre que Wood ait repris la part de Crispe.
Un rapport hollandais de 1646 situait l’Akwamu, qu’il appelait Oquie, à trois ou quatre milles hollandais au nord de Grand Accra, avec Larteh, sur la crête d’Akuapem, à la limite orientale de son emprise. L’Akwamu se trouvait entre les marchés d’Accra et le pays de l’or, et il conquerrait Accra elle-même dans les années 1670.
Les Anglais gardèrent leur fort malgré la chute de son fondateur, et l’Akwamu resserra son étau sur les routes d’Accra.
Louis De Geer, marchand wallon que ses forges et ses fonderies de canons avaient enrichi en Suède, fonda en 1649 la Compagnie suédoise d’Afrique avec son fils Laurens, en vertu d’une charte de la reine Christine, et l’établit à Stade, sur l’Elbe. Il en détenait la plupart des parts. L’idée venait d’un homme de la compagnie hollandaise qui lui offrait une promesse de terre.
Hendrik Carloff avait servi la compagnie hollandaise à Elmina et à Mouri de 1645 à 1649 et obtenu en 1648 du roi de Fetu la promesse d’une terre. Engagé par De Geer pour trois ans, il débarqua le 22 avril 1650 et acheta le site de Cape Coast. Il ouvrit des comptoirs à Butre en 1650, à Anomabu en 1651 et à Osu en 1652.
En septembre 1652, alors qu’il rentrait en Europe avec de l’or et de l’ivoire, Carloff fut capturé par les Anglais, en guerre contre les Hollandais, et conduit à Plymouth. Sur la côte, ses hommes commencèrent en 1652 le fort de Cape Coast, Carolusborg, et prirent Takoradi en 1653. En Suède, Carloff fut anobli en 1654.
Bodema, roi de Fetu, le royaume situé derrière Cape Coast, laissa Carloff y bâtir. Les conditions : des versements mensuels aux frères Acrosan et Hennequa, et un droit sur chaque navire venu commercer. Fetu gardait le sol ; les Suédois payaient pour s’y tenir.
Acrosan, dey ou trésorier de Fetu, et l’homme que les Européens traitaient comme leur protecteur, touchait un versement mensuel de la compagnie suédoise. Lui et son frère se tenaient entre la compagnie et le royaume : qui pouvait commercer à Cape Coast, et à quelles conditions, passait par eux.
Hennequa, frère d’Acrosan et héritier du tabouret de Fetu, traitait aussi avec les Anglais. Le 28 mai 1650, le roi de Fetu signa avec les deux compagnies ; les Anglais obtinrent le droit de commercer pendant six mois. Les maîtres de Fetu gardaient plus d’un client européen à leur porte.
Ruychaver revint comme directeur général en mars 1651 et établit le fort Ruychaver dans l’intérieur pour atteindre directement le commerce de l’or. Contre les Suédois, il se servit des voisins : en 1652, les gens d’Encasser attaquèrent la loge suédoise de Butre à l’instigation des Hollandais. Pendant la guerre anglo-néerlandaise de 1652–1654, les hommes des compagnies sur la côte convinrent de ne pas attaquer les comptoirs les uns des autres.
Cape Coast devint suédois parce que le roi de Fetu et ses dignitaires le vendirent, contre un loyer qu’ils continueraient de percevoir.
Ruychaver mourut à Elmina le 24 janvier 1656. Jan Valckenburgh, fils d’un vannier, arrivé en 1652 comme fiscal de la compagnie, devint directeur général le jour même. Sa première tâche fut d’achever de chasser les Suédois de la côte à l’ouest d’Elmina.
Les Suédois chassés de Butre, les Hollandais bâtirent un fort sur la colline qui domine la baie, Batenstein, achevé en 1656. Le 27 août 1656, Eduard Man, fiscal, y signa avec les chefs du Haut-Ahanta et de Butre un traité intitulé « Dédicace du Haut-Ahanta et de Butre ».
Adriaan Hoogenhouck, commissaire de la compagnie, signa aux côtés de Man. Par ce traité, l’Ahanta se plaçait sous la protection des États généraux et de la compagnie, à condition que les Hollandais fortifient et défendent les places sous leur protection et préservent l’Ahanta de la guerre. Il resta en vigueur jusqu’au départ des Hollandais de la côte, en 1872.
Les Ahanta avaient invité le directeur hollandais à Butre à cause de leur guerre avec Encasser. Les chefs du pays signèrent le traité ; Rochia, capitaine de Butre, et d’autres notables le ratifièrent. Les Hollandais travaillèrent ensuite en étroite liaison avec le chef de Butre, le deuxième personnage de ce qui devint le royaume d’Ahanta.
En janvier 1658, Carloff, désormais au service du Danemark, demanda aux dirigeants de Fetu de l’aider à reprendre le fort qu’il avait bâti. Selon le récit du pasteur danois Müller, Acrosan accepta et fit appel aux propres esclaves de la compagnie suédoise ; une histoire danoise attribue ce rôle à Hennequa. Au matin, les esclaves ouvrirent la porte.
Johan Filip von Krusenstierna, fils d’un diplomate de Reval anobli en Suède, fut nommé gouverneur à la place de Carloff et arriva à Cape Coast en février 1656. Carloff avait été accusé de commercer pour son propre compte. Il quitta la colonie plein de rancœur.
Le 27 mars 1657, Carloff offrit ses services à Frédéric III de Danemark, qui s’apprêtait à entrer en guerre contre la Suède. Le roi et son conseil approuvèrent une attaque contre les forts suédois, et Carloff devint directeur d’une nouvelle compagnie danoise d’Afrique. En décembre, il prit la mer sur le Glückstadt, un navire de dix-huit canons.
Frédéric III, roi de Danemark et de Norvège depuis 1648, ouvrit les hostilités contre la Suède en juin 1657. Le coup de main de Carloff en faisait partie. La prise de Carolusborg en janvier 1658 devint l’un des griefs qu’invoqua Charles X Gustave de Suède lorsqu’il reprit la guerre contre le Danemark cet été-là.
Carloff arriva le 25 janvier 1658 sous pavillon suédois, emprunta des embarcations et des marins aux Hollandais d’Axim et marcha de nuit sur Cape Coast. Deux jours plus tard, la porte fut ouverte de l’intérieur. La garnison de seize hommes se rendit ; Krusenstierna fut fait prisonnier, avec environ 185 kilogrammes d’or et des tonnes d’ivoire.
Carloff rentra en Europe avec l’or et laissa le commandement à Samuel Smidt. Peu de navires danois suivirent. Acrosan menaça alors l’eau et les vivres des Danois et tint les marchands à l’écart. Dans la nuit du 15 au 16 avril 1659, Smidt livra le fort aux Hollandais, ou le leur vendit selon d’autres récits, et disparut avec de l’or.
Jasper van Heussen reçut Carolusborg des mains de Smidt pour la compagnie hollandaise en avril 1659, et le 27 avril il succéda à Valckenburgh comme directeur général. Les Hollandais tenaient désormais le fort que les Suédois avaient bâti et que les Danois avaient pris, sur un sol qui appartenait toujours à Fetu.
Chaque fort de la côte avait changé de pavillon au moins une fois, et chaque changement était passé par les mains des souverains qui l’entouraient.
Le verdict d’Acrosan
- 13◆Acrosan tient les Danois à la gorge — 1658–1659 · eau, vivres et commerce coupés
- 14◆Livré aux Hollandais — 15–16 avr. 1659
- 15♜Fetu assiège le fort — six semaines · pris au début de 1660
- 16✒Rendu aux Suédois — déc. 1660 · contre de l’or
- 17⚔Le Denkyira bat l’Adanse — v. 1659 · selon la tradition
En bref
Carloff rentra en Europe avec l’or et laissa un adjoint commander à Carolusborg. Peu de navires danois vinrent après lui. Acrosan se retourna alors contre ceux qu’il avait fait entrer. Il menaça de leur couper l’eau et les vivres, écarta du fort les marchands africains et fit travailler pour son compte les esclaves de la compagnie ; les Danois ne pouvaient partir13 sans sa permission. Dans la nuit du 15 avril 1659, leur commandant livra le château aux Hollandais.14 Acrosan ne voulut pas davantage des Hollandais. Les hommes de Fetu prirent d’assaut l’entrepôt voisin du fort et l’assiégèrent six semaines,15 puis s’en emparèrent au début de 1660, au prix de lourdes pertes. En décembre, Fetu rendit le château aux Suédois16 contre une forte somme en or. Dans l’intérieur, vers 1659, le Denkyira, sous son roi Boa Amponsem selon la plupart des récits, brisa l’Adanse,17 son ancien suzerain, et devint la première puissance du pays de l’or entre l’Ofin et la Pra. En 1600, un seul château portugais revendiquait la Côte de l’Or. En 1660, Hollandais, Anglais, Suédois et Danois y tenaient des forts, chacun sur un sol que ses maîtres africains pouvaient reprendre.
La chaîne, période par période
Acrosan ne voulut pas des Hollandais. Le 29 mai 1659, il écrivit à la compagnie suédoise, et il négocia avec les Anglais et les Suédois pour empêcher les Hollandais de tenir toute la côte. Les hommes de Fetu prirent d’assaut l’entrepôt voisin du fort, l’assiégèrent six semaines et s’en emparèrent au début de 1660, au prix de lourdes pertes. À la fin de 1659, Fetu avait aussi laissé les Danois bâtir non loin de là.
La paix de Copenhague, en 1660, obligeait le Danemark à rendre le fort à la Suède, mais Smidt l’avait déjà livré aux Hollandais, et Fetu le leur avait pris. Le 10 décembre 1660, Fetu rendit le château à la compagnie suédoise, contre une forte somme en or.
Boa Amponsem succéda à Werempe Ampem comme Denkyirahene ; une liste place son avènement en 1637, McCaskie dans les années 1650. Vers 1659, le Denkyira brisa l’Adanse, son ancien suzerain ; un rapport hollandais de cette année-là évoque des guerres dans les lointains districts de l’Adanse. La plupart des traditions en font honneur à Boa, quelques-unes à Werempe Ampem. Le Denkyira devint la première puissance entre l’Ofin et la Pra.
Les traditions du Denkyira et de l’Adanse, citées par McCaskie, retiennent Ntiamoah, chef d’Abooso dans l’Adanse, comme l’homme qui captura et tua des membres de la famille royale du Denkyira pendant la guerre. Boa Amponsem, disent-elles, le prit et le fit exécuter, et réduisit en esclavage les gens d’Abooso. Ces détails relèvent de la tradition ; la défaite de l’Adanse, elle, figure dans les sources hollandaises.
En 1660, le château de Cape Coast était de nouveau suédois parce que Fetu l’avait voulu, et dans l’intérieur le Denkyira avait remplacé l’Adanse comme puissance maîtresse de l’or.
Qui est qui
Les Akan et les États côtiers
Les Portugais
Les Hollandais
Les Anglais
La compagnie suédoise
Les Danois
Autres
Chronologie
- 1⌂São Jorge da Mina — château portugais · bâti en 1482 1600–1612
- 2◆La loge hollandaise incendiée — 1610 · par les Portugais 1600–1612
- 3⌂Fort Nassau — 1612 · le premier fort hollandais 1600–1612
- 4◆Compagnie des Indes occidentales — reprend le fort Nassau 1621–1625
- 5◆Le capitaine achète des alliés — Komenda neutre · des vivres de Fetu · la tête des Hollandais mise à prix 1621–1625
- 6⚔L’embuscade au-dessus d’Elmina — 25 oct. 1625 · la colonne hollandaise anéantie 1621–1625
- 7⌂Loge anglaise de Kormantin — 1632 · sur le sol fante 1629–1632
- 8◆Navire de garde hollandais — mouillé dans la baie de Kormantin 1629–1632
- 9♜Chute d’Elmina — août 1637 · les Portugais capitulent 1637–1642
- 10✒Traité d’Axim — 17 févr. 1642 · le dernier fort portugais pris 1637–1642
- 11⌂Carolusborg — 1652 · un fort suédois sur le sol de Fetu 1648–1658
- 12♜Carolusborg pris pour le Danemark — janv. 1658 · ouvert de l’intérieur 1648–1658
- 13◆Acrosan tient les Danois à la gorge — 1658–1659 · eau, vivres et commerce coupés 1658–1660
- 14◆Livré aux Hollandais — 15–16 avr. 1659 1658–1660
- 15♜Fetu assiège le fort — six semaines · pris au début de 1660 1658–1660
- 16✒Rendu aux Suédois — déc. 1660 · contre de l’or 1658–1660
- 17⚔Le Denkyira bat l’Adanse — v. 1659 · selon la tradition 1658–1660
Sources
- Traité d’Asebu et fort Nassau à Mouri, 1610–1612 (d’après A. van Dantzig, Forts and Castles of Ghana, 1980, et M. Doortmont, 2001) — source
- L’attaque de 1625 contre Elmina : les alliances d’Amersfoort, les présents du capitaine, l’embuscade (d’après M. Meuwese, Brothers in Arms, Partners in Trade, 2012, p. 289–296) — source
- R. Law, « The Government of Fante in the Seventeenth Century », Journal of African History 54 (2013) : le traité hollando-fante du 31 mars 1624 et la charge de braffo — source
- Digital Kormantin (University of Rochester), chronologie historique : l’invitation d’Asebu, Crispe et de Groot, la loge de Kormantin, la campagne de 1637 — source
- Fante Confederacy — Wikipedia (K. Y. Daaku, Trade and Politics on the Gold Coast, 1970 : Ambro le braffo, le navire de garde hollandais à Kormantse) — source
- Battle of Elmina (1637) — Wikipedia (l’expédition de Coine partie du Brésil, la colline de Saint-Jago, les termes de la capitulation) — source
- Treaty of Axim, 17 February 1642 — Wikipedia (les tribunaux des chefs, l’once d’or par navire, les fils donnés en garantie) — source
- Y. Deffontaine, Guerre et société au royaume de Fetu (1471–1720), IFRA 1993, chap. IV : Bodema, Acrosan et les forts de Cape Coast, 1650–1660 — source
- Capture of Carolusborg (1658) — Wikipedia (d’après Nørregård, Danish Settlements in West Africa, 1966) — source
- Hendrik Carloff — Wikipedia (au service des Hollandais, des Suédois et des Danois) — source
- T. C. McCaskie, « Denkyira in the Making of Asante c. 1660–1720 », Journal of African History 48 (2007) : la défaite de l’Adanse face au Denkyira, v. 1659 — source
- Akwamu Empire — Wikipedia (I. Wilks 1957 sur la carte hollandaise de 1629) — source
Chaque affirmation du texte a été vérifiée dans les sources ci-dessus. Frontières : historical-basemaps (A. Ourednik, GPL-3.0), l’état de c.1600, simplifié — schématique, les bons États à peu près aux bons endroits. Territoires ayant changé de mains : provinces modernes (Natural Earth) ou états plus tardifs tenant lieu des frontières historiques. Terres, lacs et fleuves : Natural Earth. Portraits : crédités ci-dessous avec auteur, licence et source.
Portraits
- Nicholas Crispe — Cornelis Janssens van Ceulen · Public domain — Commons
- Jean-Maurice de Nassau — Jan de Baen · Public domain — Commons
- Louis De Geer — David Beck · Public domain — Commons
- Jan Valckenburgh — Daniel Vertangen · Public domain — Commons
- Frédéric III — Paul Prieur · Public domain — Commons
- Jacob Ruychaver — Frans Hals · Public domain — Commons
- le roi d’Asebu — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Jacob Clantius — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Arent Jacobsz van Amersfoort — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Ambro — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Francisco de Souto-Maior — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Arent de Groot — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Nicolaes van Yperen — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- le roi d’Eguafo — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Hans Coine — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Hendrik Carloff — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Bodema — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Acrosan — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Boa Amponsem — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Cristóvão de Melo — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Duarte de Lima — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Pieter de Marees — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Akotia — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Obuoko Dako — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Mumunumfi — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Jan Dircksz Lam — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Werempe Ampem — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Afrakoma — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Jan Jochemsz Sticker — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Pedro de Mascarenhas — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- André da Rocha Magalhães — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Ansa Sasraku — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- John Wood — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Hennequa — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Eduard Man — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Adriaan Hoogenhouck — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Rochia — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Johan Filip von Krusenstierna — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Samuel Smidt — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Jasper van Heussen — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Ntiamoah — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration