Le royaume du Kongo, 1600–1660
Comment les ducs du Kongo passèrent-ils du service de leurs rois à l’art de les faire, de les défaire, et enfin de le devenir eux-mêmes ?
▶ Voir l’atlas commenté (narration en anglais) · 8 minLes territoires en 1660, aux couleurs de qui les tenait. Hachuré : les territoires qui ont changé de mains entre 1600 et 1660.
Dans chaque période ci-dessous, les événements numérotés de la carte renvoient à la liste qui la suit et aux repères du texte ; rien ne bouge.
Les périodes
Un ambassadeur auprès du pape
- 1◆Un évêque nommé par le Portugal — siège de São Salvador, depuis 1596
- 2◆Le pape à son chevet — Paul V · janvier 1608
En bref
En 1600, le roi du Kongo était Álvaro II, qui régnait depuis São Salvador. Son royaume était chrétien, mais son évêque était nommé par la couronne portugaise,1 et Álvaro voulait avoir l’Église en main. En 1604, il choisit un noble, António Manuel ne Vunda, et l’envoya comme ambassadeur auprès du pape. Le voyage passa par le Brésil. Des pirates le dépouillèrent en route vers l’Europe ; il arriva à Lisbonne sans rien, et passa des années au Portugal et en Espagne à réunir l’argent nécessaire pour poursuivre. La plupart de ses compagnons moururent en chemin. Il atteignit Rome en janvier 1608, gravement malade. Le pape vint à son chevet,2 et quelques jours plus tard il était mort. Rome l’inhuma à Sainte-Marie-Majeure. Au pays, l’emprise du roi était plus faible. Vers 1610, à la mort du comte de Soyo, Álvaro empêcha le fils du comte, Daniel da Silva, de succéder à son père. Daniel s’enfuit au Mbamba, où un parent, le duc António da Silva, l’accueillit.
La chaîne, période par période
Roi depuis 1587, Álvaro II régnait depuis São Salvador sur des provinces dont il nommait les seigneurs sans toujours pouvoir les commander. Après une guerre civile en 1590–1591, il avait dû accepter la quasi-indépendance du comte de Soyo, et il récompensait les nobles fidèles par l’habit de l’ordre du Christ. Au-dehors, il voulait deux choses : une Église à sa main, et un pape qui traiterait directement avec le Kongo.
Le siège de São Salvador, créé en 1596, était pourvu par la couronne portugaise en vertu de son droit de patronage. En juillet 1604, elle nomma le dominicain António de Santo Estêvão évêque d’Angola et du Congo. Lui et Álvaro se disputèrent sur leurs juridictions respectives et sur la levée des dîmes. Il mourut à Luanda en 1608, probablement en avril, dans des circonstances qui firent penser au poison.
En 1604, Álvaro envoya António Manuel ne Vunda, un noble de sa cour, demander au pape que le roi du Kongo puisse nommer lui-même ses évêques et traiter avec Rome sans l’entremise du Portugal. Une suite d’environ vingt-cinq personnes partit avec lui. Dépouillé par des pirates, il arriva à Lisbonne sans rien et passa des années au Portugal et en Espagne à réunir de l’argent ; il atteignit Rome le 3 janvier 1608, gravement malade.
Paul V fit soigner l’ambassadeur et, puisqu’il ne pouvait quitter son lit, se rendit auprès de lui pour recevoir ses lettres de créance et son ambassade. António Manuel mourut la nuit même, du 5 au 6 janvier 1608. Le pape le fit inhumer avec les honneurs à Sainte-Marie-Majeure, où se dresse toujours un buste de lui par Francesco Caporale. La requête du roi mourut avec son porteur.
Joan Baptista Vives, docteur en droit valencien et camérier du pape, qui agissait aussi à Rome pour Philippe III, fut l’ambassadeur permanent des rois du Kongo auprès de la cour pontificale de 1613 à 1622, sous Álvaro II et Álvaro III. Quand Grégoire XV fonda en 1622 la Congrégation pour la propagation de la foi, il fit de Vives l’un de ses prélats, et Vives lui donna plus tard son palais.
Miguel da Silva gouvernait la province côtière du Soyo, où se trouvait le port du Kongo, Mpinda. En 1591, Álvaro II le fit comte, un titre destiné à passer à ses héritiers, et les comtes revendiquaient une voix dans le choix des rois, sans pouvoir eux-mêmes être élus. Le roi dut accepter sa quasi-indépendance.
À la mort de Miguel, vers 1610, Álvaro refusa la succession à son fils Daniel : le roi le jugeait trop puissant et trop proche des Hollandais. Daniel s’enfuit au Mbamba, auprès de son parent le duc António da Silva, assez fort pour le protéger contre le roi. Il allait attendre une trentaine d’années le siège de son père.
À la place de Daniel, le roi installa Dom Fernando, un homme étranger à la famille da Silva, qui gouvernait le Soyo en 1612 ou 1613. Pour l’heure, la couronne avait son propre homme dans la province côtière ; l’héritier évincé se tenait au Mbamba, auprès du duc.
António da Silva, de la famille qui avait tenu le Soyo, reçut le Mbamba après la révolte de 1590 et en fut fait duc à perpétuité en 1598. Assez fort pour protéger Daniel contre le roi, il était aussi indispensable à ce dernier : quand l’héritier choisi par Álvaro mourut en 1610, le roi maria l’un de ses fils, Álvaro, à la fille du duc et nomma le duc exécuteur de son testament.
En 1614, l’ambassadeur du roi reposait mort à Rome, et le duc qui abritait l’héritier évincé du Soyo détenait le testament du roi défunt.
Le duc qui faisait les rois
- 3◆Réfugié à Saint-Antoine — 1615 · le roi déposé
- 4†Bernardo II tué — août 1615 · dans l’église Saint-Antoine
En bref
En 1598, Álvaro II avait fait d’António da Silva le duc de Mbamba à perpétuité. Quand l’héritier qu’il s’était choisi mourut, le roi nomma le duc exécuteur de son testament et lui confia l’un de ses fils, Álvaro. Le roi mourut en août 1614. Le duc mit sur le trône le demi-frère du défunt, Bernardo. Bernardo se retourna bientôt contre celui qui l’avait fait roi. Ils se battirent ; Bernardo, blessé, renonça à la couronne. On lui promit la vie sauve, et il se réfugia dans l’église Saint-Antoine3 avec six ou sept compagnons. Le duc couronna alors le fils du vieux roi sous le nom d’Álvaro III, un jeune homme marié à sa propre fille. Le nouveau roi entra en armes dans l’église, tua Bernardo et ses compagnons, leur coupa la tête et attacha les corps à un pilori.4 Bientôt, le duc chercha à défaire ce roi-là aussi. Ils restèrent en conflit jusqu’à la mort du duc, en 1620. Quand le fils du duc prit le Mbamba, le roi le fit tuer et donna le duché à un homme d’une autre famille, Pedro Afonso.
La chaîne, période par période
Álvaro II mourut le 9 août 1614, et pendant trois jours le pouvoir réel dans la capitale fut entre les mains du duc. Il mit sur le trône Bernardo, le demi-frère du défunt. Quand Bernardo se retourna contre lui, ils se battirent ; le roi, blessé, renonça à la couronne contre la promesse de la vie sauve, et en 1615 le duc couronna son gendre, le fils d’Álvaro II, sous le nom d’Álvaro III.
Contre les da Silva, Álvaro III éleva un seigneur de son choix, Manuel Jordão, qu’il fit en 1621 duc de Nsundi, la grande province au nord-est de la capitale. Comme António da Silva avant lui, Jordão devint vite puissant et presque indépendant dans sa province.
Bernardo II, couronné en 1614 avec l’appui d’autres seigneurs que le duc, chercha bientôt à se défaire de celui qui l’avait fait roi. Battu et blessé, il abdiqua ; ne se fiant pas à la promesse du duc, il se réfugia dans l’église Saint-Antoine avec six ou sept compagnons.
Álvaro III, qui avait une vingtaine d’années, ne voulait pas de rival. En août 1615, il entra en armes dans l’église, probablement avec une escorte, tua Bernardo et ses compagnons, leur coupa la tête et laissa les corps attachés à un pilori pendant près de trois jours ; les partisans de Bernardo furent pourchassés dans tout le pays. Puis il se retourna contre son protecteur : le duc menaça de faire la guerre en 1616 et envahit le Mpemba en 1618.
La querelle dura jusqu’à la mort d’António da Silva, en 1620. Son fils prit le Mbamba ; Álvaro III envahit la province, le tua et donna le duché à Pedro Afonso, un descendant d’Afonso Ier étranger aux da Silva. Le roi qui devait sa couronne au duc avait anéanti la lignée du duc au Mbamba.
Manuel Baptista Soares, un franciscain nommé évêque d’Angola et du Congo en 1609, écrivit le récit sur lequel repose l’histoire de la mort de Bernardo. Il condamna la violation du droit d’asile. Des clercs avaient enterré les corps en secret, ce que le roi et le duc prirent pour de l’hostilité, et il lia le massacre des partisans de Bernardo à cet enterrement. Il mourut à Luanda en avril 1620.
Álvaro III favorisa les jésuites, dont le collège de São Salvador ouvrit vers 1620, et demanda en 1619 des capucins à Rome, dans l’espoir d’avoir des prêtres qui ne dépendraient pas de l’évêque de Luanda. Le jésuite Mateus Cardoso édita une version en kikongo du catéchisme portugais de Marcos Jorge, imprimée à Lisbonne en 1624.
La préface de Cardoso indique que la traduction fut faite par les propres maîtres du Kongo à São Salvador, ces mestres laïcs qui faisaient vivre l’Église là où les prêtres étaient rares ; elle fut probablement en partie l’œuvre de l’un d’eux, Félix do Espírito Santo. Son mot pour Dieu, Nzambi a Mpungu, était celui de l’Église depuis le XVIe siècle.
Pour la première fois, un duc avait chassé un roi du trône, et le roi qu’il avait fait détruisit ensuite la famille du duc au Mbamba.
Mbumbi et Mbanda Kasi
- 5⚔Mbumbi — 18 déc. 1622 · victoire portugaise
- 6⚔Mbanda Kasi — janv. 1623 · victoire du Kongo, site du Mbamba non localisé
- 7◆Le gouverneur rappelé — 1623 · en disgrâce
- 8✒Lettre aux Hollandais — le Kongo par terre, les Hollandais par mer
En bref
Álvaro III mourut en mai 1622. Son fils était un enfant ; les électeurs l’écartèrent et choisirent le duc de Mbamba, Pedro Afonso, qui fut couronné sous le nom de Pedro II. À Luanda, un nouveau gouverneur portugais voulait des captifs, et son armée marcha vers le nord, sur le Mbamba. En décembre 1622, à Mbumbi, elle rencontra les levées du Mbamba conduites par leur nouveau duc. Des mercenaires imbangala au service du Portugal enfoncèrent la ligne kongo.5 Le duc et le marquis de Mpemba furent tués, et les Imbangala mangèrent leurs corps. Des émeutes contre les Portugais gagnèrent tout le Kongo. Pedro prit sous sa protection les Portugais de son royaume, rassembla l’armée royale à Mbanda Kasi et, en janvier 1623, mit les envahisseurs en déroute.6 Le gouverneur fut rappelé en disgrâce,7 et plus d’un millier de captifs furent renvoyés du Brésil. Pedro écrivit ensuite aux Hollandais :8 le Kongo attaquerait Luanda par terre si leur flotte venait par mer. Il mourut en avril 1624, avant l’arrivée des Hollandais.
La chaîne, période par période
Álvaro III mourut le 4 mai 1622, ne laissant que de jeunes fils. Les électeurs choisirent par compromis le duc de Mbamba et le couronnèrent sous le nom de Pedro II ; sa maison s’appelait Nsundi, d’après le duché de son père, ou Kinkanga. Les jésuites le présentaient comme un chrétien modèle. Il donna le Mbamba à un nouveau duc, Paulo Afonso.
Après Mbumbi, des émeutes contre les Portugais éclatèrent dans tout le Kongo. Pedro recueillit dans son camp de Mbanda Kasi les Portugais qu’il put sauver, ce qui lui valut le sobriquet de « roi des Portugais », et en janvier 1623 il mit les envahisseurs en déroute. Ses protestations à Rome et à Madrid, ainsi qu’une révolte des marchands de Luanda, firent tomber le gouverneur, et plus d’un millier de captifs revinrent du Brésil.
João Correia de Sousa, gouverneur de l’Angola à partir de 1621, voulait les captifs que son prédécesseur avait pris avec des mercenaires imbangala. Il frappa d’abord Kasanze, un vassal du Kongo qui abritait des esclaves fugitifs, puis accusa Pedro d’avoir recueilli des fugitifs quand il était duc de Mbamba et lança son armée sur la province.
Son capitaine-major, Pedro de Sousa Coelho, mena vers le nord quelque 20 000 archers mbundu, des Portugais et des Imbangala. Après avoir pris Nambu a Ngongo, dont le seigneur se réfugia dans la ville de marché de Mbumbi, il marcha sur celle-ci et, le 18 décembre 1622, y anéantit les levées du Mbamba. Quelques semaines plus tard, son armée était mise en déroute à Mbanda Kasi ; il gouverna brièvement l’Angola après la chute de Correia de Sousa.
Paulo Afonso, le nouveau duc de Mbamba, rassembla à Mbumbi environ 3 000 archers et 200 nobles armés d’épées. Il se confessa et reçut les sacrements avant la bataille. Ses hommes enfoncèrent les archers mbundu, mais les Imbangala contre-attaquèrent : le duc et quelque quatre-vingt-dix petits nobles furent tués, et les Imbangala mangèrent les corps du duc et du marquis qui combattait à ses côtés.
Cosme, marquis de Mpemba, la province voisine du Mbamba, rejoignit le duc à Mbumbi avec ses propres troupes et y mourut avec lui. Les deux seigneurs provinciaux morts, la défense du sud revint à l’armée du roi.
Pedro écrivit aux États généraux pour proposer à la toute nouvelle Compagnie des Indes occidentales de s’allier à lui contre Luanda : l’armée du Kongo attaquerait par terre et une flotte hollandaise par mer, contre paiement en or, en argent et en ivoire. Il mourut le 13 avril 1624, avant l’arrivée de la flotte.
Le Kongo avait battu une armée portugaise et trouvé un allié sur mer, mais le roi qui avait accompli les deux mourut moins de deux ans plus tard.
Un duc fait un roi
- 9◆Les femmes de la maison royale — partisanes de la lignée d’Álvaro III
- 10⚑Révolte à São Salvador — 1631 · Ambrósio tué
En bref
Le fils de Pedro devint roi sous le nom de Garcia Ier, et la maison de Pedro entendait garder le trône. Les femmes de la maison royale9 en jugeaient autrement. Beaucoup d’entre elles tenaient pour la lignée d’Álvaro III, et en 1626 elles firent appel à Manuel Jordão, le duc de Nsundi. Jordão marcha sur São Salvador. Garcia s’enfuit au Soyo, auprès du comte que son père avait nommé, et y mourut la même année. À sa place, Jordão mit un prince de l’ancienne lignée, Ambrósio, et le couronna. Deux ans plus tard, Ambrósio accusa le duc de vouloir la couronne pour lui-même, lui retira le Nsundi et l’exila sur une île du fleuve Congo. Le règne d’Ambrósio ne fut lui-même qu’une suite de complots et de rumeurs de guerre, et en 1631 une grande révolte10 le renversa et le tua. La couronne passa au fils d’Álvaro III, le jeune Álvaro IV.
La chaîne, période par période
Garcia Ier succéda à son père en avril 1624. Pedro avait fait jurer aux notables que son fils aîné lui succéderait, et un complot visant à porter au trône un autre fils, Álvaro Afonso, marquis de Mpemba, fut découvert ; le marquis s’enfuit au Soyo. Garcia se montra plus conciliant envers les Portugais, qui offraient désormais la paix.
Piet Heyn, l’amiral de la Compagnie des Indes occidentales, parut devant Luanda en 1624 pour exécuter le plan de Pedro. Garcia refusa de pousser l’attaque : catholique, disait-il, il ne pouvait s’unir à des hérétiques contre une ville chrétienne. L’assaut commun n’eut jamais lieu, et l’alliance du Kongo avec les Hollandais attendit dix-sept ans.
Les dames les plus en vue du conseil royal, dont beaucoup tenaient pour la lignée d’Álvaro Ier à Álvaro III, estimaient que la maison de Pedro n’avait été qu’un expédient en attendant qu’un prince de l’ancienne lignée atteigne l’âge de régner. En 1626, elles appelèrent Manuel Jordão, duc de Nsundi, à chasser Garcia.
Jordão marcha sur São Salvador avec son armée en mars 1626. Garcia s’enfuit au Soyo avec sa femme et sa grand-mère, toutes deux de la famille des comtes, et Jordão couronna à sa place Ambrósio, un prince de l’ancienne lignée. Un deuxième duc venait de faire un roi.
Dom Paulo, nommé par Pedro II, tenait le Soyo depuis 1625 environ et le gardait pour la maison de Nsundi. Il accueillit le roi déchu, qui y mourut la même année, le 26 juin selon un témoignage. Le Soyo était devenu le refuge des vaincus des querelles de succession du Kongo, et Paulo allait le tenir jusqu’en 1641.
Un duc avait de nouveau fait un roi, à l’appel des femmes de la maison royale, et le Soyo devint le refuge de la maison qu’il avait renversée.
Ambrósio Ier restaura l’ancienne lignée en 1626. Deux ans plus tard, il accusa Jordão de convoiter le trône, lui retira le Nsundi et l’exila sur une île du fleuve Congo : le faiseur de rois connut le sort d’António da Silva. Le règne d’Ambrósio ne fut lui-même qu’une suite de complots et de rumeurs de guerre, jusqu’à ce qu’une grande révolte dans la capitale le tue, le 7 mars 1631.
Álvaro IV, fils d’Álvaro III, fut couronné le 8 mars 1631, à onze ans environ (treize selon une autre source). La lignée directe des rois du Kwilu était revenue sur le trône, mais un roi enfant était une proie pour quiconque pourrait le tenir en main.
Ambrósio donna des charges à des membres de la famille da Silva, parmi lesquels un Daniel da Silva qu’il fit duc de Mbamba : un autre homme que le Daniel qui attendait de revendiquer le Soyo. Quand la révolte de 1631 tua Ambrósio, le duc était l’oncle du jeune garçon qui lui succéda, et il comptait gouverner à travers lui.
Le faiseur de rois fut exilé et son roi tué ; la couronne passa à un enfant que le prochain homme fort espérait gouverner.
Les protecteurs prennent la couronne
En bref
Álvaro IV n’était encore qu’un enfant. Son oncle, le duc de Mbamba, marcha sur la capitale en disant venir protéger son neveu. Le roi s’enfuit au Soyo, et l’armée du duc l’y suivit. Deux frères, Álvaro Afonso et Garcia Afonso, prirent la défense du roi. Dans une bataille livrée au Soyo, l’armée royale acculée au fleuve,11 Garcia tua le duc. Le roi les récompensa : Garcia devint marquis de Kiova, et son frère reçut le Mbamba lui-même. En 1636, Álvaro IV mourut, probablement empoisonné. Son successeur entreprit d’enlever le Mbamba aux deux frères. Ils battirent son armée et lui coupèrent la tête,12 et Álvaro Afonso se fit roi sous le nom d’Álvaro VI. Il donna le Mbamba à Garcia. Au début de 1641, Álvaro VI mourut. Avant que les électeurs aient pu se réunir, Garcia mena son armée du Mbamba à la capitale et prit la couronne.
La chaîne, période par période
Au début des années 1630 (les sources disent 1632, 1633 ou 1634), le duc de Mbamba marcha sur São Salvador avec une armée que l’on disait forte de 12 000 hommes, en prétendant venir protéger son neveu contre des étrangers. Quand le roi s’enfuit au Soyo, le duc l’y poursuivit, et fut tué dans une bataille acharnée livrée près d’un marais, l’armée royale acculée au fleuve.
Garcia Afonso, surnommé Kipaku, et son frère aîné Álvaro Afonso, descendants d’Afonso Ier par sa fille Ana Ntumba et anciens élèves du collège des jésuites, prirent la défense du roi. Garcia fut le plus acharné au combat et tua le duc. Le roi le fit marquis de Kiova, un petit territoire sur la rive sud du Congo.
Álvaro Afonso reçut le Mbamba lui-même, vers 1634. Les deux frères étaient venus en protecteurs du roi ; ils tenaient désormais la province d’où deux ducs, l’un après l’autre, avaient fait et menacé des rois.
Álvaro IV avait fui au Soyo devant l’armée de son oncle et devait son trône à la bataille qui y fut livrée. Il fut rétabli à São Salvador, mais ne vécut pas longtemps : il mourut le 25 février 1636, probablement empoisonné.
Álvaro V, Mpanzu a Nimi, de la maison appelée plus tard Kimpanzu, craignait la puissance des deux frères. Poussé par un noble de la cour, Gregório, il tenta d’enlever le Mbamba à Álvaro Afonso ; les frères battirent son armée et l’épargnèrent. Six mois plus tard environ, il fit une nouvelle tentative et, le 14 août 1636, il fut capturé et décapité.
Álvaro Afonso ne fut pas élu. Maître de la capitale avec ses guerriers, il se proclama roi et fut acclamé par les ordres du royaume réunis à São Salvador sous le nom d’Álvaro VI, premier roi de la maison Kinlaza. Il donna le Mbamba à son frère Garcia.
Le comte Paulo, qui tenait toujours le Soyo pour la maison de Pedro II, accueillit le roi enfant en fuite, et la bataille qui le sauva fut livrée sur le sol du Soyo. Dix ans après avoir abrité Garcia Ier, le Soyo offrait de nouveau refuge à un roi en fuite.
Les protecteurs du roi enfant finirent en meurtriers de son successeur, et une nouvelle maison royale tint la couronne.
Gregório, le noble de la cour qui avait dressé Álvaro V contre les deux frères, s’échappa vers l’est, au Mbata, dont il leva les troupes ; Piętek, suivant les annales jésuites de Franco, l’appelle duc de Mbata. En 1637, il marcha sur São Salvador. Sur le conseil d’un sorcier, ses guerriers portaient à la ceinture des cornes d’antilope empoisonnées ; Álvaro VI fit suspendre des croix à celle de ses hommes.
Le jésuite Miguel Afonso se rendit au camp de Gregório pour empêcher la bataille. Gregório le reçut avec respect, mais ne se fiait pas au roi et refusa de se soumettre. Álvaro VI se confessa au père Miguel et marcha au combat ; les hommes de Gregório se débandèrent et s’enfuirent, et il fut capturé.
Devant le roi, Gregório fut flagellé, puis on lui trancha les bras, les jambes et la tête ; son corps fut rôti et jeté aux chiens. Álvaro VI revint dans la capitale en procession derrière une image de la Vierge, un encensoir à la main, et fit bâtir une église de Notre-Dame-de-la-Victoire. La cruauté montrait sa force ; la procession, la faveur du ciel.
Le comte Paulo, nommé par Pedro II, tenait toujours le Soyo et restait largement son propre maître. Álvaro VI ne put le mettre au pas ; en 1637, il lui céda le marquisat de Makuta.
En 1639, Álvaro VI demanda des prêtres à la Congrégation pour la propagation de la foi, à Rome, car il voulait un clergé échappant au patronage portugais. Le 25 juin 1640, elle créa une préfecture apostolique du Congo confiée à des capucins italiens et en nomma préfet Bonaventura da Alessano. Le Portugal ne reconnut jamais la préfecture, et les religieux ne débarquèrent qu’en 1645.
La nouvelle maison brisa son dernier rival à l’intérieur du royaume, mais acheta la tranquillité du Soyo en lui cédant des terres.
Le Soyo s’émancipe
- 13♛Daniel prend le Soyo — 1641
- 14♜Luanda prise — août 1641 · conquête hollandaise
- 15✒Alliance avec les Hollandais — 1642
- 16⚔Mfinda Ngula — 29 avr. 1645 · victoire du Soyo, l’héritier capturé
- 17◆Le Soyo s’émancipe — ses nobles choisissent leur comte
En bref
Garcia II avait pris la couronne par la force. Quelques semaines plus tard, le comte de Soyo mourut, et Daniel da Silva, écarté du Soyo trente ans plus tôt, prit le siège de son père.13 Garcia entendait l’évincer. En août 1641, une flotte hollandaise venue du Brésil enleva Luanda aux Portugais.14 Garcia envoya des troupes vers le sud pour lui prêter main-forte et, en 1642, conclut une alliance avec les Hollandais.15 Mais Daniel était lui aussi l’ami des Hollandais. Son cousin Miguel de Castro partit comme ambassadeur au Brésil hollandais, puis aux Pays-Bas, et demanda en 1643 aux Hollandais de s’interposer entre le Soyo et le roi. En avril 1645, l’armée de Garcia attaqua le camp fortifié du Soyo à Mfinda Ngula et fut battue.16 Le fils et héritier de Garcia fut fait prisonnier. Une seconde armée royale fut battue en juillet 1646, et le prince ne revint que lorsque des capucins eurent négocié sa libération. Le Soyo choisissait désormais ses propres comtes et n’obéissait plus à aucun roi.17
La chaîne, période par période
Álvaro VI mourut le 22 janvier ou le 22 février 1641. Avant que les électeurs aient pu se réunir, Garcia mena son armée du Mbamba à São Salvador et prit la couronne sous le nom de Garcia II. Quelques semaines plus tard, son allié le comte Paulo de Soyo mourut, et un ennemi s’empara du Soyo.
Garcia envoya contre le Soyo son fils et héritier désigné, Afonso. Le 29 avril 1645, l’armée royale échoua devant le camp fortifié du Soyo à Mfinda Ngula, et Afonso fut fait prisonnier. Une seconde armée fut battue le 25 juillet 1646, jour de la Saint-Jacques. Afonso ne revint qu’à la fin de novembre 1646, quand des capucins négocièrent sa libération.
Cornelis Jol, l’amiral de la Compagnie des Indes occidentales surnommé « Jambe de bois », partit du Brésil et, en août 1641, prit Luanda aux Portugais presque sans combat ; il mourut du paludisme à São Tomé en octobre. Garcia envoya aussitôt des troupes vers le sud pour aider les Hollandais et chassa du Kongo presque tous les marchands portugais.
En 1642, Garcia reçut une ambassade hollandaise et signa une alliance, tout en refusant un prédicateur calviniste. Des soldats hollandais l’aidèrent à écraser un soulèvement au Nsala, payés en captifs envoyés au Pernambouc, et en 1643 une force commune chassa les Portugais du Bengo. Puis la Compagnie fit la paix avec le Portugal et lui laissa les forts de l’intérieur.
Njinga, reine du Ndongo et du Matamba, continua la lutte contre les Portugais. Après sa défaite à Kavanga en 1646, les Hollandais engagèrent des troupes à ses côtés, et elle persuada Garcia d’envoyer lui aussi des forces. En 1647, des soldats du Kongo combattirent dans la victoire des alliés à Kombi ; avec sa guerre contre le Soyo, Garcia ne pouvait engager que de petits contingents.
La mort de Paulo permit à Daniel da Silva, le fils de Miguel, écarté du Soyo trente ans plus tôt, de s’emparer du siège de son père. Il revendiqua le droit du Soyo à choisir son propre souverain ; Garcia ne l’accepta jamais et entendait l’évincer. Daniel était lui aussi l’ami des Hollandais : la Compagnie s’était appuyée sur l’aide du comte pour prendre Luanda.
Miguel de Castro, cousin de Daniel, partit comme son ambassadeur au Brésil hollandais, où Jean-Maurice de Nassau le reçut à Recife, puis aux Pays-Bas : il débarqua à Flessingue le 19 juin 1643 et atteignit La Haye le 2 juillet. Il demanda au stathouder de servir de médiateur entre le comte et le roi. Son portrait fut peint à Middelbourg.
Les premiers capucins débarquèrent au Soyo le 25 mai 1645, quelques semaines après la victoire du Soyo. Daniel tenta de les retenir ; la plupart poursuivirent jusqu’à São Salvador, qu’ils atteignirent le 2 septembre, et Garcia les accueillit. Le Soyo les soupçonnait de servir le roi, et pourtant leur première tâche politique fut de servir de médiateurs entre le Soyo et le Kongo, et ils obtinrent la libération d’Afonso.
Manuel Roboredo, un prêtre séculier né au Kongo et d’ascendance mêlée, travailla avec les capucins. Vers 1648, il fut le principal auteur de leur dictionnaire kikongo, quelque 10 000 mots suivis d’un sermon de deux pages en kikongo. Il entra plus tard dans l’ordre sous le nom de Francisco de São Salvador, et mourut à Mbwila en 1665, chapelain du roi.
Garcia avait obtenu l’alliance hollandaise que ses prédécesseurs avaient recherchée, mais le Soyo, qui avait lui aussi des amis hollandais, le battit deux fois et choisit ses propres comtes.
Le Portugal revient
- 18♜Luanda reprise — août 1648 · les Hollandais capitulent
- 19†Une reine meurt en prison — 1652 · Dona Leonor
- 20⚑Les fils de Pedro II se soulèvent — 1656 · avec le marquis de Mpemba
- 21◆Arrêtés sur la Loje — 1657 · sans bataille
En bref
Puis la guerre tourna. En mai 1648, Salvador de Sá quitta Rio de Janeiro avec une flotte armée au Brésil, et en août Luanda se rendit à lui.18 Le Kongo avait soutenu le camp des vaincus. Sá, devenu gouverneur de l’Angola, exigea des terres, les mines du Kongo et le paiement de la guerre. Dans son royaume, Garcia frappait quiconque lui paraissait suspect. En 1652, il fit emprisonner une vieille reine respectée, accusée de complot, et elle mourut dans sa prison.19 En 1656, des fils de Pedro II complotèrent avec le marquis de Mpemba pour le renverser.20 Garcia les écrasa, et l’armée portugaise envoyée à leur secours ne franchit jamais la Loje.21 Vers 1660, Garcia tomba malade, accusa son héritier Afonso de l’avoir empoisonné et le fit tuer par son fils cadet António. En 1600, le roi du Kongo nommait ses ducs et envoyait son propre ambassadeur au pape. En 1660, les ducs avaient fait et défait des rois ; la couronne appartenait à un duc de Mbamba qui s’en était emparé par les armes ; le Soyo choisissait ses propres comtes ; et les Portugais tenaient de nouveau Luanda.
La chaîne, période par période
Salvador de Sá quitta Rio de Janeiro en mai 1648 avec une flotte armée au Brésil, et en août Luanda se rendit ; les Hollandais quittèrent l’Angola et Njinga leva ses sièges. Devenu gouverneur, il rédigea un traité qui exigeait de Garcia l’île de Luanda, source de la monnaie de coquillages du Kongo, toutes les terres au sud du Bengo, toutes les mines du Kongo et une indemnité.
Garcia avait soutenu le camp des vaincus. Il répondit par un traité de sa façon, qui maintenait ses droits au sud du Bengo. Les textes furent présentés en 1649 ; aucune des deux parties ne signa, mais Garcia paya une indemnité et le Portugal garda l’île dans les faits. Dans son royaume, il voulait l’appui de Rome pour rendre la couronne héréditaire dans sa propre lignée.
Bonaventura da Alessano mourut en avril 1651, et Giacinto da Vetralla devint préfet de la mission capucine. La même année, l’espoir de Garcia de voir Rome l’aider à abolir l’élection et à rendre la couronne héréditaire s’évanouit, et le roi commença à se montrer plus froid envers les religieux.
Le Kongo garda son indépendance, mais perdit son allié hollandais et, dans les faits, l’île de Luanda.
En 1652, Garcia accusa les capucins de comploter contre le Kongo, et fit emprisonner une vieille reine pour sa part dans un prétendu complot. En 1655, il tenta une fois de plus de prendre le Soyo. Il ne se fiait à personne qu’il n’eût lui-même élevé.
Dona Leonor, une reine âgée et très respectée de la maison royale, fut emprisonnée sous l’accusation de complot et mourut dans la prison de Garcia. Sa mort coûta au roi une grande part de la confiance de son peuple.
En 1654, Giacinto reprocha au roi sa conduite et ses « superstitions », et leur entente se rompit ; Garcia dit aux Portugais que les religieux étaient des agents de l’Espagne. Giacinto renonça à la préfecture en mai 1657. Sa grammaire du kikongo, la première de cette langue, parut en 1659.
La maison de Pedro II détenait encore des charges autour de São Salvador. En 1656, deux de ses fils tentèrent, avec le marquis de Mpemba, de renverser Garcia. Il les vainquit et, dès 1657, il avait détruit ou absorbé la maison de Nsundi.
Garcia élimina dans son royaume tous les rivaux qu’il put atteindre, au prix de la bienveillance des religieux et de la confiance de son peuple.
Luís Martins de Sousa Chichorro, gouverneur de l’Angola à partir de 1654, déclara la guerre au Kongo en juin 1657 au nom des ennemis vaincus de Garcia. Son armée marcha vers le nord, mais refusa de franchir la Loje. Garcia fit la paix avec le Portugal la même année, sans rien concéder qu’une indemnité.
Garcia garda son trône. En 1659 ou 1660, il tomba gravement malade et accusa son fils aîné Afonso, l’héritier qu’il avait jadis envoyé reconquérir le Soyo, d’avoir voulu l’empoisonner.
Garcia ordonna à son fils cadet António de tuer Afonso, et choisit António pour successeur. Garcia mourut vers 1660 (le 23 janvier 1660 selon la liste dynastique ; en 1661 selon d’autres sources), et António, Vita a Nkanga, lui succéda. Il allait mourir à Mbwila en 1665, en combattant les Portugais.
Garcia II mourut sans un seul rival debout, après avoir fait tuer le fils qu’il avait jadis envoyé reconquérir le Soyo.
Qui est qui
Les rois du Kongo
Les ducs du Kongo et les factions de la cour
Le Soyo sous les da Silva
L’Angola portugais
La Compagnie néerlandaise des Indes occidentales
Autres
Chronologie
- 1◆Un évêque nommé par le Portugal — siège de São Salvador, depuis 1596 1600–1610
- 2◆Le pape à son chevet — Paul V · janvier 1608 1600–1610
- 3◆Réfugié à Saint-Antoine — 1615 · le roi déposé 1614–1620
- 4†Bernardo II tué — août 1615 · dans l’église Saint-Antoine 1614–1620
- 5⚔Mbumbi — 18 déc. 1622 · victoire portugaise 1622–1624
- 6⚔Mbanda Kasi — janv. 1623 · victoire du Kongo, site du Mbamba non localisé 1622–1624
- 7◆Le gouverneur rappelé — 1623 · en disgrâce 1622–1624
- 8✒Lettre aux Hollandais — le Kongo par terre, les Hollandais par mer 1622–1624
- 9◆Les femmes de la maison royale — partisanes de la lignée d’Álvaro III 1624–1631
- 10⚑Révolte à São Salvador — 1631 · Ambrósio tué 1624–1631
- 11⚔Bataille au Soyo — le duc de Mbamba tué 1631–1641
- 12⚔Álvaro V vaincu — août 1636 · décapité 1631–1641
- 13♛Daniel prend le Soyo — 1641 1641–1646
- 14♜Luanda prise — août 1641 · conquête hollandaise 1641–1646
- 15✒Alliance avec les Hollandais — 1642 1641–1646
- 16⚔Mfinda Ngula — 29 avr. 1645 · victoire du Soyo, l’héritier capturé 1641–1646
- 17◆Le Soyo s’émancipe — ses nobles choisissent leur comte 1641–1646
- 18♜Luanda reprise — août 1648 · les Hollandais capitulent 1648–1660
- 19†Une reine meurt en prison — 1652 · Dona Leonor 1648–1660
- 20⚑Les fils de Pedro II se soulèvent — 1656 · avec le marquis de Mpemba 1648–1660
- 21◆Arrêtés sur la Loje — 1657 · sans bataille 1648–1660
Sources
- R. Piętek, « The Dethronement of Bernardo II in 1615 », Historia i Świat 10 (2021) : António da Silva, Bernardo II, Álvaro III, la succession du Mbamba, Álvaro V et Gregório — source
- R. Piętek, « Christianity and the formation of the ideology of power in Soyo in the 17th century », Studies in African Languages and Cultures 53 (2019), résumant J. Thornton, « Soyo and Kongo » (2018) : les successions du Soyo et du Mbamba, 1610–1641 — source
- R. Piętek, « Kształtowanie się ideologii władzy w Soyo w II połowie XVII w. », Afryka 47 (2018) : les victoires du Soyo en 1645 et 1646 et le prince capturé — source
- J. Thornton et A. Mosterman, « A Re-interpretation of the Kongo–Portuguese War of 1622 », Journal of African History 51 (2010) : Mbumbi, Mbanda Kasi et la lettre aux Hollandais — source
- Musée royal de l’Afrique centrale, « The Kongo kingdom » : l’ambassade à Rome, la guerre de 1622–1623, l’alliance hollandaise — source
- Vatican News (2025), António Manuel ne Vunda : l’ambassade de 1604–1608, Paul V à son chevet — source
- Battle of Mbumbi — Wikipedia (d’après Thornton et Mosterman 2010 ; Heywood et Thornton 2007) — source
- Ambrósio I of Kongo — Wikipedia (les femmes de la maison royale, Manuel Jordão ; d’après Thornton, « Elite Women in the Kingdom of Kongo », 2006) — source
- Garcia II of Kongo — Wikipedia (son ascension, l’alliance hollandaise, le Soyo, les exigences de Salvador de Sá, les complots de 1652 et 1656) — source
- Portrait of Dom Miguel de Castro, Emissary of Congo — Wikipedia (l’ambassade du Soyo au Brésil hollandais et aux Pays-Bas, 1643) — source
- Recapture of Angola — Wikipedia (la flotte de Salvador de Sá partie de Rio de Janeiro, 1648) — source
Chaque affirmation du texte a été vérifiée dans les sources ci-dessus. Frontières : historical-basemaps (A. Ourednik, GPL-3.0), l’état de c.1600, simplifié — schématique, les bons États à peu près aux bons endroits. Territoires ayant changé de mains : provinces modernes (Natural Earth) ou états plus tardifs tenant lieu des frontières historiques. Terres, lacs et fleuves : Natural Earth. Portraits : crédités ci-dessous avec auteur, licence et source.
Portraits
- António Manuel ne Vunda — Attributed to Raffaello Schiaminossi · Public domain — Commons
- Miguel de Castro — Unknown · Public domain — Commons
- Salvador de Sá — Feliciano de Almeida (1635-1694) · Public domain — Commons
- Paul V — Attributed to Caravaggio · Public domain — Commons
- Piet Heyn — Rijksmuseum · CC0 — Commons
- Daniel da Silva — N. Parr (engraver / etcher), Anoniem / Anonymous (publisher) · Public domain — Commons
- Álvaro IV — Affricoll9 · CC BY-SA 4.0 — Commons
- Garcia II — Albert Eckhout · CC0 — Commons
- Joan Baptista Vives — Unknown authorUnknown author · Public domain — Commons
- Cornelis Jol — Spamalot001 · CC BY-SA 4.0 — Commons
- Njinga — Achille Devéria · Public domain — Commons
- Álvaro VI — O. Dapper, 1686; later depiction identified as Álvaro VI by W. G. L. Randles, plate 3 · CC BY-SA 4.0 — Commons
- João Correia de Sousa — Later engraving of João Correia de Sousa meeting Njinga, identified by Bridgeman Images, asset 438499. · CC BY-SA 4.0 — source
- Álvaro II — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- António da Silva — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
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- Pedro II — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Garcia Ier — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Manuel Jordão — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
- Ambrósio Ier — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
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- Fernando — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
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- Félix do Espírito Santo — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
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- Daniel da Silva de Mbamba — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
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- Bonaventura da Alessano — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
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- Manuel Roboredo — imagined likeness, generated in the manner of sober naturalistic painted portrait in period dress (Codex image generation, 2026); no historical portrait survives or could be identified · generated illustration
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- António Ier — Later depiction by Tshibumba Kanda Matulu (1981), Le royaume de Kongo et son dernier roi Antonio Ier; AfricaMuseum/MRAC Tervuren, HO.2013.57.494; reproduced by Bokundoli. © Tshibumba Kanda Matulu. · All rights reserved — source