Chapitre 5Mesure macroéconomique
Introduction
Les quatre premiers chapitres ont examiné comment les individus et les entreprises prennent des décisions sur des marchés spécifiques. Nous changeons maintenant d'échelle. La macroéconomie étudie l'économie dans son ensemble — la production totale de biens et services, le niveau général des prix, le taux de chômage et les schémas d'expansion et de contraction qui définissent le cycle économique.
Avant de pouvoir analyser ces phénomènes, nous devons les mesurer. Ce chapitre présente le cadre de la comptabilité nationale qui quantifie l'activité économique agrégée. Les chiffres eux-mêmes ne sont pas l'essentiel — l'essentiel est ce qu'ils révèlent sur le fonctionnement des économies et ce qu'ils masquent.
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de :
- Calculer le PIB selon les approches par les dépenses, les revenus et la production
- Distinguer le PIB réel du PIB nominal et calculer le déflateur du PIB et l'IPC
- Définir et calculer le taux de chômage et distinguer les types de chômage
- Décrire les faits stylisés du cycle économique
- Utiliser les identités de la comptabilité nationale pour relier épargne, investissement et commerce
5.1 Produit intérieur brut
Produit intérieur brut (PIB). La valeur marchande totale de tous les biens et services finals produits à l'intérieur des frontières d'un pays au cours d'une période donnée.
Quatre mots dans cette définition portent un poids considérable :
- Valeur marchande : Les biens sont évalués à leur prix de marché, ce qui permet l'agrégation de produits différents. Une coupe de cheveux et une tonne d'acier s'additionnent en les convertissant toutes deux en dollars.
- Final : Le PIB ne compte que les biens finals — les biens vendus aux utilisateurs finaux. Les biens intermédiaires (la farine utilisée par une boulangerie) sont exclus pour éviter le double comptage.
- Produit : Le PIB mesure la production courante, pas les transactions sur des actifs existants. Vendre une voiture d'occasion n'ajoute rien au PIB.
- À l'intérieur des frontières d'un pays : Le PIB est un concept géographique. Une usine automobile japonaise dans l'Ohio contribue au PIB des États-Unis, pas à celui du Japon.
Trois approches pour mesurer le PIB
Le flux circulaire de l'économie garantit que le PIB peut être mesuré de trois façons équivalentes :
1. Approche par les dépenses : Additionner toutes les dépenses en biens et services finals.
$$Y \equiv C + I + G + NX$$
(Eq. 5.1)
| Composante | Ce qu'elle inclut | Part typique |
| $C$ — Consommation | Dépenses des ménages en biens et services | ~60–70 % |
| $I$ — Investissement | Investissement fixe des entreprises, investissement résidentiel, variations des stocks | ~15–20 % |
| $G$ — Dépenses publiques | Achats publics de biens et services (hors transferts) | ~15–20 % |
| $NX$ — Exportations nettes | Exportations moins importations | Variable (peut être négatif) |
2. Approche par les revenus : Additionner tous les revenus gagnés dans la production.
$$Y \equiv \text{Salaires} + \text{Loyers} + \text{Intérêts} + \text{Profits} + \text{Amortissement} + \text{Impôts indirects}$$
(Eq. 5.2)
Chaque dollar dépensé en bien final devient le revenu de quelqu'un — salaires pour les travailleurs, loyer pour les propriétaires, intérêts pour les prêteurs, profit pour les entrepreneurs.
3. Approche par la production (valeur ajoutée) : Additionner la valeur ajoutée à chaque étape de la production.
Valeur ajoutée. La différence entre les recettes d'une entreprise et le coût de ses consommations intermédiaires. Elle représente la contribution de l'entreprise au PIB — la valeur qu'elle crée dans le processus de production.
$$\text{Valeur ajoutée} = \text{Recettes} - \text{Coût des consommations intermédiaires}$$
(Eq. 5.3)
Si un agriculteur cultive du blé (\$1), un meunier moud la farine (\$1) et un boulanger vend le pain (\$1), la valeur ajoutée est : \$1 + (\$1 − \$1) + (\$1 − \$1) = \$1 + \$1 + \$1 = \$1 = prix du bien final.
Les trois approches donnent le même PIB — c'est une identité comptable, pas une théorie.
Ce que le PIB inclut et exclut
Plusieurs cas limites clarifient le concept de PIB :
- Les transferts publics (sécurité sociale, allocations chômage, prestations sociales) ne sont pas comptés dans $G$. Ce ne sont pas des achats de biens ou de services — ce sont des redistributions.
- Les transactions financières (achat d'actions, d'obligations ou de logements existants) ne comptent pas. Toutefois, la commission du courtier compte — le courtier a fourni un service.
- La production domestique (cuisine, ménage, garde d'enfants par les parents) est exclue car elle ne passe pas par un marché. Le PIB sous-estime l'activité économique totale.
- L'économie souterraine (activités illégales, revenus non déclarés) est exclue des statistiques officielles mais représente une activité économique réelle. Les estimations vont de 5 à 10 % du PIB dans les pays développés à 30–50 % dans certains pays en développement.
- La dégradation de l'environnement n'est pas soustraite du PIB. Des mesures alternatives comme le PIB vert tentent de prendre en compte les coûts environnementaux.
PIB et PNB. Le Produit national brut (PNB) mesure la production totale réalisée par les résidents d'un pays, quel que soit le lieu de production. Le PIB mesure la production réalisée à l'intérieur des frontières du pays, quel que soit le producteur. Une usine automobile allemande en Alabama contribue au PIB américain mais au PNB allemand. Pour la plupart des pays, PIB et PNB sont similaires ; ils divergent pour les pays ayant une importante main-d'œuvre à l'étranger (Philippines : PNB > PIB) ou d'importants secteurs nationaux détenus par des étrangers (Irlande : PIB >> PNB).
5.2 PIB réel et PIB nominal
Le PIB nominal peut augmenter parce que l'économie produit davantage ou parce que les prix montent. Pour mesurer la croissance réelle de la production, nous devons séparer les deux effets.
PIB nominal. Le PIB mesuré aux prix de l'année courante. Le PIB nominal peut augmenter soit parce que davantage de biens sont produits, soit parce que les prix augmentent (inflation). Il ne permet pas, à lui seul, de savoir si l'économie produit davantage.
PIB réel. Le PIB mesuré à prix constants (année de base), isolant les variations de quantité des variations de prix. Le PIB réel est la mesure standard de la croissance économique et du niveau de vie.
$$\text{Real GDP}_t = \sum_i P_i^{base} \times Q_i^t$$
(Eq. 5.4)
Déflateur du PIB. Une mesure du niveau général des prix — le rapport entre le PIB nominal et le PIB réel.
$$\text{GDP deflator} = \frac{\text{Nominal GDP}}{\text{Real GDP}} \times 100$$
(Eq. 5.5)
Indice des prix à la consommation (IPC). Une mesure du coût d'un panier fixe de biens et services achetés par un consommateur typique.
$$\text{IPC}_t = \frac{\text{Coût du panier aux prix de l'année } t}{\text{Coût du panier aux prix de l'année de base}} \times 100$$
(Eq. 5.6)
Taux d'inflation. La variation en pourcentage du niveau des prix d'une période à l'autre. Elle mesure la rapidité à laquelle le coût global des biens et services augmente.
Le taux d'inflation est la variation en pourcentage de l'indice des prix :
$$\pi_t = \frac{P_t - P_{t-1}}{P_{t-1}} \times 100$$
(Eq. 5.7)
IPC et déflateur du PIB
| Caractéristique | IPC | Déflateur du PIB |
| Panier | Fixe (biens de consommation) | Tous les biens produits domestiquement |
| Importations | Incluses (les consommateurs les achètent) | Exclues (non produites domestiquement) |
| Nouveaux biens | Intégration lente | Automatiquement inclus |
| Biais de substitution | Oui (le panier fixe surestime l'inflation) | Non (le panier s'ajuste) |
Exemple 5.1 — PIB réel et PIB nominal
Une économie produit deux biens : des pommes et des ordinateurs.
| Année 1 (base) | Année 2 |
| Prix | Quantité | Prix | Quantité |
| Pommes | \$1 | 100 | \$1,50 | 80 |
| Ordinateurs | \$100 | 10 | \$100 | 15 |
PIB nominal : Année 1 : \$1(100) + \$100(10) = \$1 100. Année 2 : \$1,50(80) + \$100(15) = \$1 120.
PIB réel (prix de l'année 1) : Année 2 : \$1(80) + \$100(15) = \$1 580.
Déflateur du PIB (année 2) : \$1 120 / \$1 580 × 100 = 80,7. Le niveau des prix a baissé car la diminution du prix des ordinateurs l'emporte sur la hausse du prix des pommes.
5.3 Chômage
Population active. La somme des personnes employées et au chômage : $L = E + U$. Pour être compté dans la population active, il faut soit travailler, soit rechercher activement un emploi. Les personnes qui ne font ni l'un ni l'autre (retraités, étudiants, travailleurs découragés) sont « hors de la population active ».
Taux de chômage. La fraction de la population active qui est au chômage.
$$u = \frac{U}{U + E} = \frac{U}{L}$$
(Eq. 5.8)
où $U$ est le nombre de chômeurs, $E$ le nombre d'employés, et $L = U + E$ la population active.
Taux d'activité (LFPR). La fraction de la population en âge de travailler qui fait partie de la population active (employée ou recherchant activement un emploi). Les variations du LFPR reflètent les tendances sociales (entrée des femmes sur le marché du travail, vieillissement de la population) et les conditions économiques (travailleurs découragés se retirant pendant les récessions).
$$LFPR = \frac{L}{\text{Working-age population}}$$
(Eq. 5.9)
Types de chômage
Chômage frictionnel. Chômage de courte durée résultant du processus normal de recherche d'emploi — travailleurs entre deux emplois, jeunes diplômés cherchant leur premier poste. Le chômage frictionnel existe même dans une économie saine car l'appariement entre travailleurs et emplois prend du temps.
Chômage structurel. Chômage de plus longue durée survenant lorsque les compétences ou la localisation des travailleurs ne correspondent pas aux emplois disponibles. Les causes incluent le changement technologique (l'automatisation remplaçant les emplois routiniers), les décalages géographiques, le salaire minimum et la fixation des salaires par les syndicats au-dessus du niveau d'équilibre.
Chômage conjoncturel. Chômage qui augmente pendant les récessions et diminue pendant les expansions, causé par une demande globale insuffisante. C'est le type de chômage que la politique macroéconomique (budgétaire et monétaire) vise à réduire.
Taux de chômage naturel ($u_n$). Le taux de chômage lorsque le chômage conjoncturel est nul — la somme du chômage frictionnel et structurel. L'économie est au « plein emploi » lorsque $u = u_n$, même si certaines personnes sont au chômage. Estimé à environ 4-6 % aux États-Unis ces dernières décennies.
Loi d'Okun
Loi d'Okun. Une régularité empirique reliant l'écart de production au chômage conjoncturel.
$$\frac{Y - Y^*}{Y^*} \approx -2(u - u_n)$$
(Eq. 5.10)
Chaque point de pourcentage de chômage au-dessus du taux naturel est associé à environ 2 % de production perdue. Le coefficient (2) est une estimation empirique qui varie selon les pays et les périodes.
Exemple 5.2 — Loi d'Okun
Une économie a $u_n = 5\%$, un PIB potentiel de $Y^* = \\$10\text{B}$, et un taux de chômage effectif de $u = 7\%$.
Écart de production : $\frac{Y - Y^*}{Y^*} \approx -2(0.07 - 0.05) = -4\%$
PIB effectif : $Y \approx 0.96 \times \\$10\text{B} = \\$1.6\text{B}$
L'économie produit 400 millions de dollars en dessous de son potentiel — le coût de 2 points de pourcentage de chômage conjoncturel.
Exemple 5.3 — Composantes du PIB à partir des comptes nationaux
Un pays rapporte les données suivantes (en milliards) : Consommation des ménages = \$100, Investissement des entreprises = \$150, Dépenses publiques = \$100, Exportations = \$100, Importations = \$120.
Approche par les dépenses : $Y = C + I + G + NX = 600 + 150 + 200 + (100 - 120) = \\$130\text{B}$
Parts des composantes : C = 64,5 %, I = 16,1 %, G = 21,5 %, NX = −2,2 %.
L'approche par les revenus donnerait le même résultat de \$130B en additionnant les salaires (\$150B), les loyers (\$10B), les intérêts (\$10B), les profits (\$100B), l'amortissement (\$10B) et les impôts indirects (\$10B).
L'approche par la production additionne la valeur ajoutée de toutes les industries — agriculture (\$10B), industrie manufacturière (\$150B), services (\$130B) = \$130B.
Les trois approches donnent un PIB identique grâce à l'identité du flux circulaire.
5.4 Le cycle économique
Cycle économique. Le schéma récurrent d'expansion et de contraction de l'activité économique globale.
Expansion. La phase du cycle économique pendant laquelle le PIB réel augmente, l'emploi croît et la production augmente. Les expansions durent généralement plus longtemps que les contractions.
Pic. Le point le plus haut du cycle économique avant un retournement. Au sommet, l'activité économique atteint son maximum et commence à décliner.
Contraction. La phase du cycle économique pendant laquelle le PIB réel diminue, l'emploi décline et la production diminue. Une contraction de deux trimestres consécutifs ou plus est conventionnellement appelée récession.
Creux. Le point le plus bas du cycle économique avant une reprise. Au creux, l'activité économique atteint son minimum et commence à remonter.
| Phase | Description |
| Expansion | Le PIB réel augmente ; l'emploi croît ; la production augmente |
| Pic | Le point le plus haut avant un retournement |
| Contraction (récession) | Le PIB réel diminue ; l'emploi recule ; la production baisse |
| Creux | Le point le plus bas avant une reprise |
Faits stylisés
Procyclique. Une variable qui évolue dans le même sens que le PIB au cours du cycle économique — en hausse pendant les expansions et en baisse pendant les contractions. Exemples : consommation, investissement, emploi.
Contracyclique. Une variable qui évolue en sens inverse du PIB au cours du cycle économique — en baisse pendant les expansions et en hausse pendant les contractions. Le taux de chômage en est l'exemple canonique.
Acyclique. Une variable qui ne présente pas de relation systématique avec le cycle économique. Les dépenses publiques sont approximativement acycliques (elles dépendent des décisions politiques, pas du cycle lui-même).
| Classification | Signification | Exemples |
| Procyclique | Augmente en expansion, diminue en récession | PIB, consommation, investissement, emploi |
| Contracyclique | Diminue en expansion, augmente en récession | Taux de chômage |
| Acyclique | Aucun schéma systématique | Dépenses publiques (varie selon la politique) |
Régularités clés :
- La consommation est procyclique mais plus lisse que le PIB — elle fluctue moins (les ménages lissent leur consommation).
- L'investissement est procyclique et beaucoup plus volatil que le PIB — il oscille fortement.
- L'emploi est procyclique, avec un léger retard sur le PIB — les entreprises sont lentes à embaucher et à licencier.
| Variable | $\sigma_x / \sigma_Y$ | Interprétation |
| PIB ($Y$) | 1.00 | Référence |
| Consommation ($C$) | 0.5 | Moitié moins volatile — lissage de la consommation |
| Investissement ($I$) | 3.0 | Trois fois plus volatile — amplificateur |
| Heures travaillées | 0.8 | Presque aussi volatile que la production |
| Salaires réels | 0.4 | Relativement lisses |
5.5 Identités de la comptabilité nationale
L'identité des dépenses $Y = C + I + G + NX$ peut être réarrangée pour révéler les relations fondamentales entre épargne, investissement et commerce.
Épargne privée : $S_{private} = Y - T - C$
Épargne publique : $S_{public} = T - G$
Épargne nationale : $S = S_{private} + S_{public} = Y - C - G$
À partir de l'identité des dépenses :
$$S = I + NX$$
(Eq. 5.12)
$$S - I = NX$$
(Eq. 5.13)
C'est l'identité épargne-investissement : la différence entre l'épargne nationale et l'investissement intérieur est égale aux exportations nettes. Un pays qui épargne plus qu'il n'investit a un excédent commercial ; un pays qui investit plus qu'il n'épargne doit emprunter à l'étranger et a un déficit commercial.
Déficits jumeaux. L'hypothèse selon laquelle un déficit budgétaire public (épargne publique négative : $T < G$) entraîne un déficit commercial ($NX < 0$). Le mécanisme : lorsque le gouvernement emprunte davantage, l'épargne nationale diminue, donc $S - I$ diminue, et $NX = S - I$ devient plus négatif. Les États-Unis dans les années 1980 et 2000 ont présenté ce schéma — de larges déficits budgétaires accompagnés de larges déficits commerciaux.
Interactif : Calculateur de PIB
Ajustez les composantes du PIB et observez en temps réel l'identité des dépenses, les exportations nettes, l'épargne nationale et l'identité S−I=NX.
Computing...
Interactif : PIB réel et PIB nominal
Ajustez les prix et les quantités de deux biens. Observez comment le PIB nominal, le PIB réel, le déflateur du PIB et le taux d'inflation réagissent. Remarquez comment l'inflation peut faire croître le PIB nominal même lorsque la production réelle diminue.
Computing...
Interactif : Loi d'Okun
Faites glisser le taux de chômage et observez l'écart de production et le PIB effectif. Loi d'Okun : chaque point de pourcentage de chômage au-dessus du taux naturel ($u_n$) coûte environ 2 % du PIB potentiel.
Computing...
Fil conducteur : La République de Kaelani
La République de Kaelani est une petite nation insulaire de 5 millions d'habitants. Nous utiliserons Kaelani tout au long des chapitres de macroéconomie comme laboratoire d'application de la théorie.
Comptes nationaux (année 1, milliards de KD) : C = 5,0, I = 1,5, G = 2,5, X = 2,0, M = 1,0.
PIB = 5,0 + 1,5 + 2,5 + (2,0 − 1,0) = 10,0 milliards de KD. PIB par habitant : 2 000 KD.
Défis de mesure : Kaelani possède un important secteur informel (~30 % de l'activité économique). Le véritable PIB est probablement plus proche de 13 milliards de KD.
Marché du travail : Population en âge de travailler : 3,5 M. Population active : 2,8 M (taux d'activité = 80 %). Chômeurs : 0,28 M. Taux de chômage : $u = 10\%$.
Loi d'Okun : Si $u_n = 7\%$ et $Y^* = 10.5$B KD, l'écart de production $\approx -2(0.10 - 0.07) = -6\%$. PIB effectif prédit : \$1.94 \times 10.5 = 9.87$B KD. Le PIB mesuré est de 10,0B — ce qui suggère que l'estimation du taux naturel est trop basse, ou que le coefficient d'Okun diffère pour Kaelani.
L'entreprise de Maya
Le chiffre d'affaires quotidien de \$123,75 du stand de limonade de Maya (chapitre 2) compterait dans le PIB par l'approche des dépenses — c'est une dépense de consommation de ses clients. Mais si Maya ne déclare pas ses revenus, cela tombe dans l'économie informelle et échappe aux statistiques officielles — exactement le défi de mesure auquel Kaelani fait face avec son secteur informel de 30 %.
Résumé
- Le PIB mesure la valeur marchande totale des biens et services finals produits dans un pays. Il peut être calculé par l'approche des dépenses ($Y = C + I + G + NX$), des revenus ou de la valeur ajoutée — toutes donnent le même résultat.
- Le PIB réel ajuste les variations de prix en évaluant la production à prix constants. Le déflateur du PIB et l'IPC sont deux mesures du niveau général des prix, différant par leur portée et leur méthodologie.
- Le taux de chômage est la fraction de la population active sans emploi. Le chômage est frictionnel (recherche), structurel (inadéquation des compétences/localisation) ou conjoncturel (récessions). Le taux naturel est la somme du frictionnel et du structurel.
- La loi d'Okun relie l'écart de production au chômage conjoncturel : chaque point de pourcentage au-dessus du taux naturel coûte environ 2 % du PIB.
- Le cycle économique est le schéma récurrent d'expansion et de contraction. La consommation est lisse et procyclique ; l'investissement est volatile et procyclique ; le chômage est contracyclique.
- L'identité épargne-investissement ($S - I = NX$) relie l'épargne nationale, l'investissement et la balance commerciale. Un déficit commercial signifie que le pays investit plus qu'il n'épargne.
- Le PIB est une mesure, pas un objectif. Il exclut l'activité non marchande, les loisirs, la qualité environnementale, la distribution des revenus et l'économie souterraine.
Équations clés
| Libellé | Équation | Description |
| Éq. 5.1 | $Y \equiv C + I + G + NX$ | Identité des dépenses |
| Éq. 5.2 | $Y \equiv$ Salaires + Loyers + Intérêts + Profits + ... | Identité des revenus |
| Éq. 5.3 | Value added = Revenue − Intermediate inputs | Approche par la production |
| Éq. 5.4 | PIB réel$_t = \sum P_i^{base} \times Q_i^t$ | PIB réel aux prix de l'année de base |
| Éq. 5.5 | GDP deflator = (Nominal GDP / Real GDP) × 100 | Déflateur du PIB |
| Éq. 5.6 | IPC$_t$ = (Coût du panier$_t$ / Coût du panier$_0$) × 100 | Indice des prix à la consommation |
| Éq. 5.7 | $\pi_t = (P_t - P_{t-1})/P_{t-1} \times 100$ | Taux d'inflation |
| Éq. 5.8 | $u = U / (U + E)$ | Taux de chômage |
| Éq. 5.9 | $LFPR = L / \text{Population en âge de travailler}$ | Taux d'activité |
| Éq. 5.10 | $(Y - Y^*)/Y^* \approx -2(u - u_n)$ | Loi d'Okun (forme en niveau) |
| Éq. 5.11 | $\Delta Y/Y \approx 3\% - 2\Delta u$ | Loi d'Okun (forme en croissance) |
| Éq. 5.12 | $S = I + NX$ | Identité épargne-investissement |
| Éq. 5.13 | $S - I = NX$ | Balance commerciale = écart d'épargne |
Exercices
Pratique
- Une économie ne produit que des pizzas et des coupes de cheveux. En année 1 (base), 100 pizzas sont vendues à \$10 et 200 coupes de cheveux à \$15. En année 2, 120 pizzas à \$12 et 180 coupes de cheveux à \$18. Calculez : (a) le PIB nominal des deux années, (b) le PIB réel en année 2, (c) le déflateur du PIB pour l'année 2, (d) le taux d'inflation.
- Un pays dispose des données suivantes : population en âge de travailler = 200 millions, employés = 140 millions, chômeurs = 10 millions, inactifs = 50 millions. Calculez : (a) la population active, (b) le taux de chômage, (c) le taux d'activité.
- En utilisant l'éq. 5.1, calculez le PIB à partir de : $C = 700$, $I = 200$, $G = 150$, exportations = 100, importations = 120. Puis calculez l'épargne nationale si $T = 130$.
- Une économie a un taux naturel de 5 % et un chômage effectif de 8 %. Le PIB potentiel est de \$10 billions. Utilisez la loi d'Okun pour estimer : (a) l'écart de production en pourcentage, (b) le PIB effectif en dollars.
- Classez chaque variable comme procyclique, contracyclique ou acyclique : (a) le PIB réel, (b) le taux de chômage, (c) les dépenses de consommation, (d) l'investissement des entreprises, (e) les transferts publics.
Application
- Le PIB par habitant de la Chine est passé d'environ \$1 000 en 2000 à plus de \$12 000 en 2023. Discutez de trois raisons pour lesquelles cette croissance surestime l'amélioration du bien-être du citoyen chinois moyen, et de trois raisons pour lesquelles elle la sous-estime.
- Un pays a un déficit commercial persistant. Un homme politique affirme que cela signifie « nous perdons face à nos partenaires commerciaux ». En utilisant l'identité épargne-investissement ($S - I = NX$), expliquez pourquoi cette interprétation peut être erronée. Dans quelles circonstances un déficit commercial serait-il un signe de force économique plutôt que de faiblesse ?
- L'IPC utilise un panier fixe de biens. Expliquez le biais de substitution : pourquoi l'IPC tend-il à surestimer l'inflation ? Quelle est l'intuition économique ? Comment le déflateur du PIB évite-t-il ce problème ?