La Ligue hanséatique · la série
Elle fut convoquée parce que trop peu de villes s’étaient présentées l’année précédente pour achever un ordre du jour dressé en 1662. Son affaire concrète était de reconstruire une maison brûlée à Londres et de disputer de qui paierait. Rien, dans le protocole, ne se lit comme un adieu.
Rostock se racheta de l’occupation impériale jusqu’en 1628 pour 14 000 Reichstaler. [CR] Une contribution, dans la langue de cette guerre, c’était ce qu’une armée d’occupation ou stationnée dans le voisinage exigeait d’une ville en numéraire, l’alternative étant de se voir imposer le logement des soldats ou d’être prise d’assaut. Rostock paya plutôt que d’aller voir.
La guerre de Trente Ans fit trois choses distinctes à la Hanse, et chacune lui retira quelque chose de différent.
La première, c’est que se réunir devint impossible. Wismar n’était plus militairement libre depuis son traité de capitulation de 1627 [CR], et Wallenstein l’avait choisie comme base d’une flotte impériale sur la Baltique. Les navires danois bloquaient la baie, et la garnison dévorait les finances de la ville. Stralsund était assiégée par les troupes impériales depuis la même année, livrant engagement sur engagement et faisant face à des exigences qui la ruinaient. [CR] Une invitation à l’assemblée de 1629 fut envoyée à Stralsund, et Stralsund ne répondit pas. Voilà à quoi ressemblait, en pratique, la perte de l’assemblée : deux des villes les plus importantes de l’association ne pouvaient pas mettre un homme sur une route. Le recès de cette assemblée en donna la raison dans ses propres termes. Toutes les villes ne purent venir, en raison de la brièveté du temps. [CR] C’est une formule sur les routes et les armées, écrite par des hommes qui étaient passés, à propos d’hommes qui n’étaient pas passés.
La deuxième, c’est que l’appartenance passa hors de portée. Lunebourg fut épargnée par les mouvements de troupes et paya tout de même 33 600 Reichstaler de contributions de guerre pour les seules années 1628 et 1629 [CR], alors que la peste lui avait enlevé environ la moitié de ses habitants entre 1624 et 1626. Magdebourg se vit réclamer une contribution de 133 000. [CR] Quand elle demanda aux villes assemblées de l’aider à y faire face, deux d’entre elles invoquèrent leurs propres charges, et seules Hambourg et Lübeck offrirent quoi que ce soit. Une ville qui ne peut pas se racheter d’une seule armée n’a plus rien à consacrer aux privilèges communs d’une association marchande.
La troisième déroba le sol sous les pieds de plusieurs villes membres. Aux traités de Westphalie, en 1648, la Suède reçut la Poméranie citérieure, la ville de Wismar et les principautés épiscopales de Brême et de Verden, toutes à titre de fiefs d’Empire avec siège et voix à la Diète d’Empire, outre une indemnité de guerre de 5 millions de thalers. [CR] Le Brême de cette liste est la principauté épiscopale, et non la ville. Brême la ville garda sa propre prétention à l’immédiateté impériale, c’est-à-dire à relever directement de l’Empereur sans seigneur intermédiaire, et elle passa les décennies qui suivirent la paix à défendre cette prétention contre ce règlement même. Wismar et Stralsund avaient désormais au-dessus d’elles un seigneur territorial suédois. Une association de villes ne peut pas facilement lier des membres qui doivent allégeance à une couronne étrangère, et après 1648 plusieurs des villes qui en faisaient encore partie étaient dans ce cas.
Les traités de Westphalie démembrèrent le Nord hanséatique et en remirent des morceaux à une couronne étrangère. Au même congrès, à l’article XVII, sections 10 et 11 de l’instrument de paix, la Hanse obtint la première reconnaissance qu’elle eût jamais eue en droit public. [CR]
Le 29 novembre 1629, huit villes se réunirent à Lübeck : Lübeck, Hambourg, Brême, Rostock, Magdebourg, Brunswick, Hildesheim et Lunebourg. [CR] Le recès les appelle les villes hanséatiques sises au plus près, ce qui décrit exactement la façon dont elles avaient été choisies. Wismar et Stralsund étaient celles qui manquaient pour des causes considérables. C’étaient les participants habituels des assemblées des années précédentes, et ce furent ces hommes-là qui déterminèrent la politique de la Hanse dans les années qui suivirent. [M]
La réunion portait sur l’urgence. Elle traita des villes menacées et des routes commerciales entravées, de la position de Magdebourg, et des requêtes à l’Empereur. [CR]
Quelque part dans cet ordre du jour se trouvait un point bref. La guerre ayant rendu impraticables les diètes générales régulières, les trois honorables villes de Lübeck, Brême et Hambourg furent amicalement requises et priées, au nom de toutes les villes hanséatiques, de prendre sur elles cette affaire de poids, de veiller à mesure que les occasions se présenteraient, et d’avoir en toutes choses égard au bien commun. [CR] En vertu du recès, elles reçurent pleins pouvoirs pour toute affaire hanséatique, et toutes trois acceptèrent.
Hähnlein, qui a transcrit le passage, y voit un bref point d’ordre du jour d’une assemblée de huit villes hanséatiques, et la description est exacte. [M] L’arrangement qu’il instituait fonctionnait déjà. Les décisions réelles étaient déjà passées, entre les assemblées, à ces mêmes trois villes, et la recherche hanséatique ne reconnaît aux diètes des années d’avant-guerre que le caractère d’un acte administratif, puisque la décision s’était déplacée ailleurs. [M] Ce que firent les huit villes, ce fut d’écrire qui décidait. Hähnlein appelle les trois villes les dépositaires des affaires communes, et c’est aussi loin que va le recès : il déléguait une action continue dans des conditions d’urgence, et il ne transférait à rien de nouveau les droits, les biens ni la souveraineté de personne. [M]
Le 24 février 1630, Lübeck, Hambourg et Brême conclurent une alliance défensive pour dix ans, renouvelée à plusieurs reprises par la suite et ouverte à toute ville disposée à se lier à l’assistance mutuelle. [CR] Ahasver von Brandt se refusa à voir dans cette alliance une base constitutionnelle pour quoi que ce soit, au motif qu’il s’agissait d’un pacte conclu pour un objet et assorti d’un terme. [M]
Entre 1630 et 1648, les trois villes se réunirent treize fois. [M] Les documents d’époque n’appellent pas ces réunions des diètes. Ils les appellent des Konvente, ces assemblées restreintes où quelques villes font le travail, et la distinction est celle des participants eux-mêmes. Ces réunions traitèrent du commerce en temps de guerre, des sauf-conduits, des saisies à l’étranger, des péages, des maisons de Londres, Bruges, Anvers et Bergen, de la caisse commune, de la défense des villes et de la représentation au congrès de paix. [CR] Sur les treize, une seule laissa un recès officiel signé par tous les présents. [CR] À une autre, les participants refusèrent d’en dresser un, en partie pour qu’une discussion sur une alliance possible avec les Provinces-Unies ne parvînt pas à l’Empereur. [CR]
L’instruction de Brême pour l’une de ces assemblées restreintes proposait de convoquer une diète. La raison qu’elle en donnait, c’est qu’on craignait que l’union ne tombât dans l’oubli, et qu’un bourgeois de Brunswick avait déjà demandé si la Hanse existait encore. [CR] D’après le procès-verbal, le point fut soulevé peu avant la fin de la séance, et aucune réaction des autres villes ne fut consignée. [M]
La demande de 1629 avait déjà été faite, presque dans les mêmes termes.
À la diète du 24 juin 1418, où trente-quatre villes étaient représentées, on demanda à Lübeck et à ses voisines à peu près la même chose, et pour à peu près la même raison. [CR] Se rendre aux diètes était une charge pour les villes les plus éloignées : les villes proches devaient donc veiller à der stede unde copmannes beste, l’intérêt des villes et du marchand commun.
En 1629, les huit villes demandèrent aux trois d’avoir égard à die gemeine wolfahrt, le bien commun.
Les villes sont dans les deux phrases. Le marchand n’est que dans l’une des deux.
Les deux demandes répondent au même problème pratique : un corps dont les membres s’étendent du Zuiderzee au golfe de Finlande ne peut pas souvent les réunir tous dans une même salle, et n’a jamais prétendu le contraire. Toutes deux confient les affaires courantes à un petit noyau proche de Lübeck, pour le même motif déclaré et dans la même formule déférente. La différence tient à qui a fait la demande. En 1418, elle venait d’une diète qui avait fait le plein. En 1629, elle venait des villes qui pouvaient encore atteindre le bâtiment. Et ce sur quoi on leur demandait de veiller avait changé.
Hähnlein lit cette omission comme l’indice qu’à cette date la représentation était devenue politique plutôt que marchande. [M] Un mot dans une clause d’un seul recès, c’est peu pour y accrocher un argument, et elle le propose comme un indice plutôt que comme une preuve. C’est tout de même le mot qui a disparu, et il a disparu de la seule phrase où une association de marchands devait dire, par écrit, sur quoi elle voulait qu’on veille pendant qu’elle ne se réunissait pas.
Le recès de la dernière diète hanséatique s’ouvre en expliquant pourquoi elle eut lieu. À l’assemblée hanséatique convoquée à Lübeck l’année écoulée, dit-il, les points dressés dès 1662 pour la délibération commune ne reçurent pas toute leur discussion, en raison du nombre de villes présentes, plus faible qu’attendu. La plus grande partie d’entre eux furent renvoyés à une assemblée mieux garnie, et une autre diète fut convoquée là-dessus pour la mi-mai de l’année courante. [CR]
La dernière diète hanséatique fut la reprise d’une réunion qui n’avait pas fait le plein. Elle fut convoquée pour atteindre le quorum. L’assemblée de 1668 avait réuni Lübeck, Brême, Hambourg et Brunswick autour d’une même table, Hildesheim et Osnabrück étant instruites ou représentées par d’autres, et elle n’avait pas compétence pour trancher les questions générales que soulevaient les points de 1662. [CR] L’état du Steelyard n’allait pas attendre non plus. La destruction de la maison de Londres dans le grand incendie de 1666 fut l’une des raisons immédiates pour lesquelles les villes firent une nouvelle tentative. [CR]
Elle siégea dans la Chambre neuve de l’hôtel de ville de Lübeck. [CR] Les récits qui la situent à Hambourg ont confondu le lieu habituel des réunions restreintes des trois villes avec une diète générale de la Hanse. Les séances de fond commencèrent le 29 mai 1669. Le protocole en consigne dix-neuf jusqu’au 11 juin ; les négociations postérieures se poursuivirent jusqu’au matin du 13 juin ; les recès furent scellés vers une heure de l’après-midi, et le protocole mis au net porte la date du 20 juin. [CR]
Qui se trouvait dans cette salle a été imprimé tantôt comme six villes, tantôt comme neuf, et les deux décomptes rapportent quelque chose de réel.
Six villes envoyèrent leur propre délégué : Lübeck, Hambourg, Brême, Brunswick, Dantzig et Cologne. [CR] Deux autres autorisèrent quelqu’un d’autre à détenir leur pouvoir, et dans les deux cas l’homme était de Lübeck : Rostock autorisa le syndic Heinrich Michaelis, Osnabrück le conseiller Nicolaus Schomer. [CR] Cela fait huit villes assurément représentées. La neuvième est Hildesheim, au nom de laquelle Brunswick vota après consultation préalable, et dont Michael Schütz soutient, sur les archives mêmes de Hildesheim, que la procuration en bonne forme qui aurait fait de Brunswick son mandataire n’a jamais été délivrée. [CR]
Six, donc, et huit, et neuf. Les trois nombres répondent à trois questions : combien de villes envoyèrent leur propre homme, combien étaient représentées par un pouvoir que personne ne conteste, et combien la réunion traita comme si elle les avait. Qui écrit que six villes seulement vinrent, ou qu’il n’en restait que neuf, ne rapporte que la moitié d’une distinction que la documentation fait elle-même. L’ordre des places a survécu, et le dossier de Lübeck peut être confronté aux instructions et aux papiers conservés dans plusieurs des villes qui y avaient envoyé quelqu’un. Le désaccord ne porte pas sur ce qui s’est passé dans la salle : il porte sur laquelle de ces trois questions on demande au mot « présente » de répondre.
Les neuf de 1669 sont proches des huit de 1629, Dantzig, Cologne et Osnabrück en plus, Magdebourg et Lunebourg en moins. La guerre et la paix, entre-temps, n’avaient pas beaucoup changé ceux qui se présentaient. Elles avaient changé la façon dont les villes y parvenaient.
Le graphique ci-dessous trace trois assemblées sur un même cadre et vous met la règle entre les mains. Les marques restent où elles sont. Ce sont les totaux qui bougent.
Une marque par ville, dans l’ordre où la source les imprime. La ligne de 1669 est la seule dont la source distingue la façon dont une ville s’y trouvait, ce qui en fait la seule ligne qu’une règle de comptage puisse déplacer.
| Compter les villes qui… | 1418 | 1629 | 1669 |
|---|---|---|---|
| ont envoyé leur propre délégué | pas de total | 8 | 6 |
| étaient assurément représentées | pas de total | 8 | 8 |
| entraient dans la représentation effective, y compris la procuration contestée | pas de total | 8 | 9 |
La ligne de 1669, en toutes lettres. Ont envoyé leur propre délégué : Lübeck, Hambourg, Brême, Brunswick, Dantzig, Cologne. Pouvoir détenu par l’homme d’une autre ville : Rostock, par le syndic de Lübeck Heinrich Michaelis ; Osnabrück, par le conseiller de Lübeck Nicolaus Schomer. Contesté : Hildesheim, au nom de laquelle Brunswick vota après consultation préalable, et dont Michael Schütz soutient que la procuration en bonne forme n’a jamais été délivrée.
Le recès énumère dix matières principales. [CR] Le renouvellement de la confédération de 1604 ; la reconstruction du Steelyard et la façon de la financer ; les arriérés et les cotisations annuelles à venir ; l’élection d’un syndic général ; un résident à La Haye ; les dépenses de Lübeck à Anvers ; le compte de l’intendant de la maison du Steelyard ; le statut de Bruges ; la prospérité du commerce de la Baltique et de la mer du Nord ; le renouvellement des privilèges français. Le protocole y ajoute une alliance défensive plus étroite avec les villes d’Empire, Bergen, et un différend sur des draps de laine de qualité inférieure. [CR] C’est un ordre du jour de travail, dressé par des gens qui comptaient continuer à travailler.
Le point auquel est attachée une spécification est le deuxième. Le recès l’expose : que, pour un certain terme d’années, les trois honorables villes de Lübeck, Brême et Hambourg traitent et concluent nomine Hansae, au nom de la Hanse, sur un modèle de construction arrêté par elles au préalable ; et que chaque ville membre de la Hanse conserve un accès égal aux locaux reconstruits, sans préférence. [CR] Ces deux mots portent tout le dispositif constitutionnel de la Hanse tardive. Ils sont la formule par laquelle trois villes engagèrent une association qui ne pouvait plus s’assembler pour les y autoriser.
Un accès égal sans préférence est une clause généreuse à mettre dans un document sur un bâtiment que les signataires ne parvenaient pas à s’accorder pour payer. Ils l’écrivirent une année où les comptes qu’on leur présentait montraient que certaines des villes ayant droit à cet accès n’avaient payé ni leurs cotisations annuelles ni leur part des vieilles dettes. [CR]
Les délégués convinrent en principe que la propriété de Londres restait commune et devait être conservée. Puis ils se divisèrent. On disputa de savoir si la reconstruction rembourserait jamais son coût, et l’on disputa des prétentions de Hambourg sur les revenus du site. [CR] La querelle s’étendit aux arriérés, à des quotes-parts réduites pour l’avenir, à l’argent que Lübeck avait avancé et ne s’était jamais vu rembourser, et à la question de savoir quelles villes accepteraient une union renouvelée. [CR] Les hommes de Dantzig, de Rostock et d’autres constatèrent à plusieurs reprises qu’ils n’avaient pas pouvoir de conclure, et réservèrent les points à leurs conseils. [CR] À la fin, la maison fut confiée à Lübeck, Hambourg et Brême pour une gestion ultérieure, plutôt que réglée ou liquidée. [CR]
La dernière affaire consignée de la Ligue hanséatique fut de savoir comment reconstruire une maison dans une ville étrangère, pour le compte de qui elle devait l’être, et qui parmi elles paierait.
Le recès est un document bref, et il fut abrégé délibérément. Lübeck fit observer que les contradictions sur de nombreux points empêchaient de conclure, et l’assemblée réduisit le recès. [CR] L’union qui avait été projetée fut sortie du recès pour faire un acte à part, parce qu’une union exigeait les signatures et les sceaux des délégués, tandis qu’un recès ne faisait que consigner ce qui s’était passé et pouvait être scellé par le directoire. [CR] Ce que l’abrègement laissa de côté, c’étaient les plus dures des affaires financières et constitutionnelles, celles qui n’avaient pas été réglées. [M] Le protocole qui sous-tend le recès fait plusieurs fois sa longueur, et les désaccords y sont. Qui ne lit que le document scellé en repartira convaincu que la diète s’est accordée sur plus qu’elle ne l’a fait.
Si une réunion convoquée pour atteindre le quorum passa dix-neuf séances sans régler ses propres finances, et en repartit avec un accord de principe sur un bâtiment que personne ne voulait s’engager à payer, comment se fait-il que personne, dans la salle, n’ait vu que c’était la fin ?
Parce que cela ressemblait à toutes les réunions d’avant. Les assemblées hanséatiques remettaient à plus tard leurs affaires les plus dures depuis qu’il y avait des assemblées hanséatiques. Les délégués étaient toujours arrivés avec des instructions qui s’arrêtaient en deçà du pouvoir de conclure, et la mécanique qui transformait un désaccord immédiat en une question réservée aux conseils, à la maison, était ancienne et fonctionnait sans heurt. Le renvoi était ordinaire. [M] Il n’y a nulle part, ni dans le protocole ni dans les instructions des villes, de formule d’adieu, et les délégués attendaient, ou du moins envisageaient, une nouvelle assemblée. [CR] 1669 devint la dernière diète parce qu’aucune suivante ne fut jamais convoquée, et non parce que quiconque aurait voté la disparition de la Hanse.
Angela Huang et Henning Steinführer, qui ont reconstitué la réunion à partir du dossier de Lübeck et des papiers des villes qui y avaient envoyé quelqu’un, réunissent les deux moitiés de cela en une seule conclusion : la diète fut la fin de la culture hanséatique de l’assemblée, et les gens qui étaient dans la salle ne savaient pas qu’ils se tenaient à la fin de quoi que ce soit. [M]
Combien il y avait eu de diètes à cette date dépend de ce que l’on compte comme telle. Huang et Steinführer comptent trente-six diètes générales entre 1550 et 1669, selon la règle qu’au moins quatre villes appartenant à au moins deux des tiers ou quartiers régionaux devaient être représentées. [M] D’autres chercheurs comptent selon d’autres règles et parviennent à d’autres totaux. Les trois décomptes figurent dans l’annexe avec la règle qui a produit chacun, et aucun ne se convertit en un autre.
Savoir si tout cela équivaut à un déclin, et où il faudrait le dater, est discuté dans un texte à part sur ce site.
En 1684, l’Empereur appela à la convocation d’une diète hanséatique, pour lever un secours contre les Turcs. En 1687, il le fit de nouveau. [CR] Quinze ans après la dernière diète, et de nouveau trois ans plus tard [D], la chancellerie impériale écrivait encore à la Hanse comme à un corps capable de s’assembler et de lever un secours. Une convocation de cette sorte suppose une liste de destinataires, un clerc qui tient la liste, et l’attente de voir venir les villes qui y figurent. Personne, semble-t-il, ne répondit qu’il n’y avait plus rien à assembler. C’est la meilleure preuve d’époque que personne n’avait remarqué de fin : la chancellerie impériale n’avait pas été prévenue, et personne d’autre non plus, semble-t-il.
Lübeck, Hambourg et Brême continuèrent d’agir ensemble, en diplomatie et en matière de biens. Depuis 1629, elles étaient chargées de la représentation des intérêts hanséatiques et de l’administration de l’héritage à Londres, Anvers et Bergen [M], et c’était là tout le patrimoine : une maison fermée depuis longtemps, une brûlée, une qui commerçait encore. Le point bref de 1629 survécut aux assemblées qui l’avaient adopté, parce qu’il était la seule partie de l’arrangement qui n’obligeait personne à voyager.
Le comptoir de Bergen passa à des citoyens norvégiens en 1754. [M] Le titre de propriété du Steelyard, détenu par les trois villes, fut vendu en 1853. [M] Deux dates, qui relèvent l’une et l’autre des maisons à l’étranger plutôt que des réunions, et qui sont toutes deux bien postérieures à la dernière réunion qu’il y ait eu.
Rien ne fut jamais dissous. Aucun acte ne mit fin à la Hanse, aucune assemblée ne la supprima par un vote, aucun souverain ne la révoqua, parce qu’il n’y avait jamais eu d’acte à défaire. L’association qui, sans charte, sans capitale, sans trésor ni date de fondation, arracha un traité à un royaume se révèle n’avoir pas eu non plus de date de fin. La dernière chose qu’elle ait faite, c’est de renvoyer une affaire à une assemblée mieux garnie.
Étiquettes : [CR] document d’époque · [M] dépouillement savant moderne de documents d’époque · [E] estimation savante · [D] calculé sur cette page. Un chiffre de cette page est calculé ici, et son calcul est montré dans sa ligne.
| Chiffre | Étiquette | Source | Statut de vérification |
|---|---|---|---|
| Chronologie du récit : 24 juin 1418, 1624–26, 1627, 1628, 29 novembre 1629, 24 février 1630, 1630–1648, 1648, 1662, 1666, 1668, 29 mai 1669, 11 juin 1669, 13 juin 1669, 20 juin 1669, 1684, 1687, 1754, 1853. Lorsque l’une de ces années porte aussi un chiffre qui lui est propre, elle reparaît dans la ligne de ce chiffre, ci-dessous | [CR] là où un acte les date, sinon [M] | Recoupé entre reorganisation_claude_a §7, reorganisation_pro_dossier zone 7 et reorganisation_deep_research §« The end and whether anyone noticed » | non vérifié dans son ensemble ; les années prises une à une ont été recoupées entre les trois passes |
| Wismar sans liberté militaire depuis la capitulation de 1627 ; Stralsund assiégée depuis 1627 et ne répondant pas à l’invitation à l’assemblée de 1629 | [CR] | reorganisation_claude_a §7.1, d’après Hähnlein p. 46–49 ; reorganisation_pro_dossier zone 7 | non vérifié ; les deux passes concordent |
| Rostock paie 14 000 Reichstaler pour se racheter de l’occupation impériale jusqu’en 1628 | [CR] | reorganisation_claude_a §7.1, d’après Hähnlein | non vérifié |
| Lunebourg paie 33 600 Reichstaler de contributions de guerre pour les seules années 1628–29, la peste lui ayant enlevé environ la moitié de sa population en 1624–26 | [CR] | Idem | non vérifié |
| Magdebourg se voit réclamer une contribution de 133 000 Reichstaler ; quand elle demande de l’aide aux villes assemblées, deux invoquent leurs propres charges et seules Hambourg et Lübeck offrent quelque chose | [CR] | Idem | non vérifié |
| Traités de Westphalie, 1648 : la Suède reçoit la Poméranie citérieure, la ville de Wismar et les principautés épiscopales de Brême et de Verden à titre de fiefs d’Empire avec siège et voix, outre une indemnité de guerre de 5 millions de thalers | [CR] | reorganisation_claude_a §7.1 ; reorganisation_pro_dossier zone 7, citant l’IPO art. X | non vérifié. Le « Brême » de ce règlement est la principauté épiscopale, et non la ville, dont la prétention à l’immédiateté impériale resta distincte et contestée précisément parce que la Suède n’avait reçu que le siège épiscopal. La page l’énonce dans le même souffle que la liste |
| La première reconnaissance de la Hanse en droit public, au congrès de Westphalie : IPO Art. XVII §§10–11 | [CR] | reorganisation_claude_a §7.1, d’après Grassmann, Hanselexikon, « Ende der Hanse » | non vérifié. Le paradoxe est laissé tel quel sur la page : le traité qui démembra le Nord hanséatique est le traité par lequel la Hanse obtint pour la première fois une reconnaissance en droit public, et aucune des deux moitiés n’est subordonnée à l’autre |
| Assemblée du 29 novembre 1629 à Lübeck, huit villes présentes : Lübeck, Hambourg, Brême, Rostock, Magdebourg, Brunswick, Hildesheim, Lunebourg | [CR] | AHL, ASA Externa Hanseatica 237, via reorganisation_claude_a §7.3 et reorganisation_pro_dossier zone 7 | non vérifié ; les deux passes concordent sur les huit et sur la date |
| Diète du 24 juin 1418 : 34 villes adressent à Lübeck à peu près la même demande. La liste des présents donnée par cette même source en nomme 32 | [CR] ; l’écart [D] | reorganisation_claude_a §7.3, citant Hähnlein sur HR VI p. 548 | non vérifié. Hähnlein annonce trente-quatre villes et imprime une liste de trente-deux, et signale elle-même la discordance. Le graphique trace trente-deux marques, le nombre que la liste soutient, et imprime les deux nombres sur la ligne. Aucune marque n’est tracée pour combler l’écart, car deux marques sans nom donneraient une inférence pour une donnée |
| Alliance défensive du 24 février 1630 entre Lübeck, Hambourg et Brême, pour dix ans, renouvelée à plusieurs reprises et ouverte à toute ville disposée à s’y lier | [CR] | reorganisation_claude_a §7.3 ; reorganisation_pro_dossier zone 7 | non vérifié ; les deux passes concordent |
| Treize assemblées restreintes hanséatiques entre 1630 et 1648, dont une seule laissa un recès signé par tous les présents | [M] | reorganisation_pro_dossier zone 7 (Hähnlein p. 53–58, 332–335) | non vérifié ; une seule passe, à partir d’une seule étude nommée. Les sources d’époque n’appellent pas ces réunions des Hansetage, et la page non plus |
| La dernière diète : la Chambre neuve de l’hôtel de ville de Lübeck ; séances de fond à partir du 29 mai 1669 ; dix-neuf séances jusqu’au 11 juin ; négociations postérieures le matin du 13 juin ; recès scellés vers une heure de l’après-midi ; protocole mis au net daté du 20 juin | [CR] | AHL, ASA Externa Hanseatica 247, via reorganisation_pro_dossier zone 7 (Huang & Steinführer 2020, 18–20) | non vérifié dans son ensemble, et le matériau le plus solide du corpus, voir la note ci-dessous. Voir aussi la correction consignée plus bas : « juillet 1669 » est une erreur propagée |
| Présence à la dernière diète : six villes envoyèrent leur propre délégué (Lübeck, Hambourg, Brême, Brunswick, Dantzig, Cologne) ; deux autres donnèrent procuration à des hommes de Lübeck dans les deux cas (Rostock au syndic Heinrich Michaelis, Osnabrück au conseiller Nicolaus Schomer) ; neuf dans la représentation effective de la réunion si l’on compte la procuration contestée de Hildesheim | [CR] | reorganisation_pro_dossier zone 7 (Huang & Steinführer 2020, 18–19 et n.44 ; Schütz 2020) ; reorganisation_comparison §« The two questions the commissioning session asked to have pinned » | non vérifié ; les trois passes aboutissent à la même distinction. Six, huit et neuf répondent à des questions différentes et aucun n’est faux, voir la note ci-dessous |
| Dix matières principales énumérées au recès : le renouvellement de la confédération de 1604 ; la reconstruction du Steelyard et son financement ; les arriérés et les cotisations annuelles à venir ; l’élection d’un syndic général ; un résident à La Haye ; les dépenses de Lübeck à Anvers ; le compte de l’intendant de la maison du Steelyard ; le statut de Bruges ; la prospérité du commerce de la Baltique et de la mer du Nord ; le renouvellement des privilèges français | [CR] | reorganisation_pro_dossier zone 7 | non vérifié ; une seule passe, lu dans le recès à travers Huang & Steinführer |
| Totaux de diètes, chacun avec la règle de comptage qui l’a produit ; voir la note ci-dessous, qui les porte tous les trois | [M] | reorganisation_pro_dossier zone 7 (Huang & Steinführer 2020, 13 n.19 ; Huang & Meiners 2019) et zone 6 (Simson 1907) | non vérifié. Aucun total de diètes ne figure sur cette page sans sa règle. Un seul figure dans le corps du texte ; les trois sont dans la note ci-dessous |
| Convocations impériales d’une diète hanséatique en 1684 et de nouveau en 1687, pour lever un secours contre les Turcs | [CR] | reorganisation_claude_a §7.5, d’après Grassmann | non vérifié ; une seule passe, d’après un ouvrage de référence nommé |
| Calculé sur la page : la première convocation impériale tombe quinze ans après la dernière diète (1684 − 1669), et la seconde trois ans après la première (1687 − 1684) | [D] | Calcul effectué sur la ligne 1684/1687 ci-dessus et sur l’entrée 1669 de la ligne de chronologie | calculé ici ; les deux soustractions sont montrées dans cette ligne |
| Le comptoir de Bergen passe à des citoyens norvégiens en 1754 ; le titre de propriété du Steelyard, détenu par trois villes, vendu en 1853 | [M] | reorganisation_claude_a §§3.4 et 7.5 (Grassmann ; Lloyd concorde sur 1853) | non vérifié ; les passes concordent sur les deux années. Dates seules. Les deux fins sont racontées en entier dans la partie sur les quatre maisons à l’étranger, et ni l’une ni l’autre n’est reprise ici |
| Lignes signalées | |||
| « juillet 1669 » comme date de la dernière diète, non imprimé | — | reorganisation_claude_a §7.4 ; reorganisation_comparison | Une correction qui mérite d’être consignée. Le Hanselexikon de Grassmann et l’article de la Wikipédia allemande donnent tous deux juillet 1669. La datation d’archive du recès est le 29 mai, le 11 juin, avec des négociations postérieures le 13 juin, et la clause de convocation du recès dit elle-même que la diète fut appelée pour la mi-mai. Juillet est une erreur propagée, et elle est consignée ici parce qu’un lecteur qui ira consulter les sources les plus accessibles la trouvera |
| Totaux de diètes, tous les trois, chacun avec sa règle | [M] | Huang & Steinführer 2020, 13 n.19 ; Huang & Meiners 2019 ; Simson 1907 | Non interchangeables. Huang et Steinführer comptent 36 diètes générales entre 1550 et 1669, selon la règle qu’au moins quatre villes appartenant à au moins deux des tiers ou quartiers régionaux devaient être représentées. Huang et Meiners en comptent 172 entre 1358 et 1669, sur un inventaire plus large et systématiquement établi de la prise de décision urbaine. Simson en a compté 40 entre 1535 et 1621, selon sa propre définition d’une diète générale, reconstituée à partir de manuscrits dispersés. Les trois totaux comptent des objets différents et aucun ne se convertit en un autre ; un nombre nu n’est admis nulle part sur cette page |
| Le décompte de 1418 contre la liste de 1418 : 34 contre 32 | [CR] ; l’écart [D] | reorganisation_claude_a §7.3, citant Hähnlein sur HR VI p. 548 | La source signale elle-même sa propre discordance. Hähnlein annonce trente-quatre villes et imprime une liste de trente-deux, et le dit. Le graphique porte les deux nombres sur le libellé de la ligne, trace les trente-deux que la liste nomme, et laisse l’écart ouvert. Rien sur cette page ne le résout |
| Laissé de côté à dessein : l’arrivée du syndic de Cologne pendant la treizième séance, le 8 juin ; le nombre de pages du recès et celui du protocole ; toute date de cession d’Anvers | — | reorganisation_pro_dossier zone 7 ; reorganisation_claude_a §7.4 ; reorganisation_comparison §« Divergences » | Vérifié et écarté. L’arrivée tardive est attestée et ajoute un nombre dont l’argument n’a pas besoin. La disproportion entre le recès scellé et le protocole des séances est énoncée sur la page en toutes lettres et ne porte aucun nombre de pages. Deux dates de cession d’Anvers circulent, aucune passe n’a pu en établir une, et aucune date ne figure ici |
Statut de vérification, une fois, pour toute la page. Les dossiers de réorganisation qui sous-tendent cette partie ne sont pas vérifiés dans leur ensemble. Les cinq fichiers du répertoire verification de la série ne couvrent que les chiffres économiques, et cette partie n’en utilise aucun. Le matériau de 1669 est le plus solide du corpus : les trois passes de recherche ont atteint indépendamment, par des chemins différents, l’étude de 2020 de Huang & Steinführer sur la dernière diète, et elles concordent sur le lieu, les dates, les dix-neuf séances et la distinction sur la présence. C’est cela qu’on appelle solide ici, et voilà à quoi cela revient. Rien sur cette page n’est passé par une passe de vérification indépendante qui lui soit propre.
Les six, les huit et les neuf. Six villes envoyèrent leur propre délégué ; deux autres donnèrent procuration à des hommes de Lübeck et étaient assurément représentées ; la neuvième, Hildesheim, est contestée sur pièces, car Michael Schütz soutient, sur les archives mêmes de Hildesheim, que la procuration en bonne forme n’a jamais été délivrée, tandis que Brunswick vota en son nom après consultation préalable. Les trois décomptes répondent à trois questions différentes et aucun n’est faux. Rien sur cette page ne tranche entre eux, et le graphique existe pour que le lecteur puisse appliquer chaque règle au même ensemble de marques.