La Ligue hanséatique · la série
La Hanse réformée se donna enfin ce qu’elle n’avait jamais eu : des articles scellés, quatre quartiers, un officier salarié, un budget. Le budget se montait à 1 283 Reichstaler par an, et il ne fut jamais perçu.
Johannes Bugenhagen voyageait avec un projet dans ses bagages. Pasteur poméranien venu de Wittenberg, il devint l’homme que les conseils d’Allemagne du Nord faisaient venir une fois qu’ils avaient décidé de réordonner leurs églises et s’apercevaient qu’ils ne savaient pas comment le mettre par écrit. Ce qu’il rédigea pour eux fut une ordonnance ecclésiastique : un ordre écrit, promulgué par un conseil de ville, fixant la forme du culte, la conduite des écoles et le soulagement des pauvres pour cette ville. Il rédigeait en bas allemand, la langue dans laquelle les diètes avaient toujours tenu leurs recès.
La première de la région ne fut pas la sienne. En 1525 le conseil de Stralsund publia une ordonnance rédigée par Johann Äpinus, qui avait été avec Bugenhagen dans le cercle réformateur de l’abbaye de Belbuck. Bugenhagen écrivit celle de Brunswick en 1528 et celle de Hambourg en 1529. Celle de Lübeck fut publiée le 27 mai 1531, après que le conseil, la bourgeoisie et les prédicateurs eurent négocié le texte entre eux. En 1537 le changement gagna la Norvège, et avec la Norvège il gagna Bergen [CR].
Chacune de ces ordonnances était un acte législatif. Un conseil qui adoptait une ordonnance ecclésiastique légiférait sur la propriété, les nominations, l’instruction et le soulagement des pauvres, et faisait appliquer le résultat par son propre tribunal. Les ordonnances circulèrent comme le droit de Lübeck avait circulé, en étant copiées dans les lieux qui voulaient le même arrangement et se fiaient à la version qu’ils voyaient déjà fonctionner.
Savoir pourquoi les villes hanséatiques y allèrent tôt est une question de conseils plutôt que de doctrine. Trois pressions se conjuguaient. Les conseils voulaient plus d’air face aux princes territoriaux dont les terres les entouraient, et une institution ecclésiastique relevant d’un évêque était l’une des prises dont ces princes disposaient à l’intérieur des murs. Dans les murs, il y avait une seconde querelle, plus ancienne que la Réforme : les bourgeois contre les familles patriciennes qui monopolisaient le conseil, et réordonner l’église, c’était réordonner qui tenait les nominations et qui tenait la propriété. Et il y avait un large anticléricalisme où puiser, celui, ordinaire, qui s’irrite d’un voisin exempté disposant de son propre tribunal.
Un grand membre n’y alla pas. Le conseil de Cologne et son archevêque restèrent catholiques, et Cologne resta catholique à travers tout ce qui suit. Lorsque la Hanse réformée en vint à fixer ce que chacun de ses membres devait, en 1604, Cologne figurait en tête de liste à côté de Lübeck, au même taux. La carte confessionnelle de l’organisation et sa carte financière ne coïncidaient pas, et personne en son sein ne proposa qu’elles le fassent.
Autre chose était en cours dans ces années-là, et la Réforme lui passa dessus.
Dès 1518 les villes avaient élaboré l’idée d’une cotisation annuelle : chaque membre versant chaque année, selon un barème qui distinguait les petites villes des grandes [M]. C’est la première tentative de l’association pour se donner un système de cotisations, et elle était déjà poussée assez loin pour comporter une adhésion graduée. Puis la Réforme arriva dans les villes, et le travail s’arrêta. Il ne reprit qu’au milieu du siècle.
L’explication habituelle de l’incapacité de la Hanse à se financer vient du dehors, dans les coques hollandaises, le grain prussien et les capitaux d’autrui. Celle-ci fut enrayée de l’intérieur du monde hanséatique, par des conseils hanséatiques, des décennies avant tout cela.
La Réforme atteignit la mécanique une seconde fois, et plus profondément.
La Hanse comme corps n’avait pas de religion. Elle n’avait pas de saint patron, pas de commémoration de ses morts et pas de fête propre, de sorte qu’il n’y avait là rien à réformer. Ses comptoirs étaient une autre affaire. Chacun avait un serment prêté à l’entrée, une confrérie, des messes dites pour les membres défunts et un calendrier de fêtes, et à Bergen les règles de la confrérie étaient le mécanisme par lequel un homme entrait dans la communauté et y était tenu. La réforme luthérienne retira une partie de cet appareil.
Ce qu’elle fit aux comptoirs comme communautés, personne ne peut le dire à partir de la littérature en l’état. Aucune étude ne le suit jusqu’au bout. Le bilan que la discipline dresse elle-même de ce qui reste à faire range la diffusion de la Réforme dans les villes hanséatiques et leurs établissements extérieurs parmi les chantiers ouverts, autant dire que personne ne s’est encore assis avec les sources pour demander ce qu’une église réformée a fait à un corps qui se reproduisait par des serments et des messes de requiem.
Un fait survit au silence, et il va contre la conjecture évidente. Plusieurs des guildes propres aux marchands, dans leurs villes d’origine, survécurent de loin à la Hanse, les Bergenfahrer parmi elles. Quoi que la réforme ait fait aux confréries à l’étranger, la confrérie comme forme ne fut pas dissoute.
Jürgen Wullenwever plaidait la cause de la bourgeoisie luthérienne de Lübeck depuis le début de 1530, dans une ville où les griefs de la bourgeoisie contre son conseil étaient plus anciens que les sermons. En 1533 un mouvement populaire brisa la mainmise des patriciens sur le conseil, et il devint bourgmestre. Rien dans cette nomination n’était ordinaire. Il arrivait porté par un soulèvement, avec un programme, dans une ville qui menait la politique baltique depuis des générations et qui, depuis peu, y perdait.
Sa première réponse fut une guerre. La navigation hollandaise prenait un commerce que Lübeck tenait pour sien, et il délivra des lettres de marque contre elle. Puis il alla plus loin, dans la succession de Danemark, du côté de Christian II déposé et de l’intérêt propre des villes à savoir qui tenait le Sund. La guerre du Comte courut de 1534 à 1536 : Lübeck et les partis bourgeois des villes danoises contre la noblesse danoise et le duc qui devint Christian III, Lübeck payant la guerre et la faisant.
Ce qu’il visait est ordinairement décrit comme la reconquête de ce que Stralsund avait donné aux villes : une prise sur qui pouvait être reçu roi de Danemark, et une prise sur les détroits. Cette description appartient aux historiens modernes, et elle désigne une ressemblance plutôt qu’un plan. Il ne tint aucun château scanien, ne renouvela aucun terme de quinze ans et n’invoqua aucune charte. Ce qui survit de ses intentions propres est plus mince que la description, et une bonne part de ce qui survit est un aveu extorqué sous la torture, qui ne peut valoir comme preuve de ce qu’il allègue.
Il échoua deux fois, et c’est le second échec qui porte. Les familles patriciennes qu’il avait écartées travaillèrent contre lui chez lui et reprirent leur conseil. Les autres villes hanséatiques refusèrent de s’engager à l’échelle de Lübeck : certaines envoyèrent quelque chose, la plupart n’envoyèrent rien, et aucune n’acceptait de traiter une succession danoise comme une guerre hanséatique commune. Lübeck menait donc une guerre d’ambition hanséatique avec l’argent d’une seule ville, ce qu’une ville peut faire une fois. Il démissionna en 1535.
Les hommes qui le remplacèrent négocièrent. La paix du 14 février 1536 fut favorable à Lübeck, qui garda son commerce et son statut et ne perdit que l’ambition, de sorte que la guerre finit mal pour l’homme et passablement pour la ville. Elle finit le plus mal de tout pour lui, et non aux mains de sa propre ville. Il fut pris par un prince territorial, détenu, jugé et exécuté à Wolfenbüttel le 24 septembre 1537 [CR]. Lübeck ne le tua pas, et aucune version où une ville aurait réglé ses comptes avec son propre bourgmestre ne résiste au lieu où il mourut.
Quelque chose se termina en 1534 qu’il est facile de manquer, parce que cela se termina sans bruit. Ce fut la dernière année où une ville hanséatique tenta de régler la politique baltique avec une flotte. Tout ce que les villes firent ensuite pour se donner des moyens de contrainte fut administratif : un office, une liste de cotisants, un acte scellé portant des articles. Aucune de ces choses n’a besoin d’une flotte, et aucune n’effraya personne. Et la chose suivante qui arriva à la Hanse se produisit dans une pièce de Londres, et elle la subit.
Le 24 février 1552 le Conseil privé rendit sa décision contre le Steelyard. L’affaire était déjà venue devant le Conseil et avait été ajournée. Cette fois, elle ne le fut pas. Les Merchant Adventurers, la compagnie anglaise, avaient pris l’initiative, et leur argument était celui qu’ils pressaient depuis des années : que les hommes du Steelyard ne formaient aucune personne morale ayant qualité pour détenir une franchise, et que ce qu’ils exerçaient avait débordé de loin tout ce que couvraient les anciennes concessions.
Tout est dans les termes. Le Conseil suspendit les franchises dans l’attente d’une preuve. Les marchands devaient produire les éléments établissant qu’ils devaient en jouir, et tant qu’ils ne les auraient pas produits ils commerceraient en Angleterre au même titre que tous les autres étrangers [CR]. La charge de la preuve avait été retournée. Un corps qui détenait des privilèges à Londres depuis plus longtemps que personne ne pouvait s’en souvenir devait désormais démontrer son droit à en jouir, devant une chancellerie étrangère, selon un calendrier qu’il ne maîtrisait pas. Rien ne fut retiré en toutes lettres. Les anciennes concessions étaient toujours du parchemin dans un coffre au bord de la Tamise. Ce qui avait disparu, c’était la présomption que ce parchemin tranchait quoi que ce soit. Tant qu’un conseil anglais ne pouvait être assuré de la qualité d’un corps qui n’avait jamais eu d’acte fondateur, les privilèges ne jouaient pas.
Deux ambassadeurs des villes wendes avaient atteint Londres trois jours avant le verdict. Ils restèrent jusqu’en juillet, à plaider, et repartirent avec deux concessions. La décision elle-même tint, et les marchands continuèrent de commercer à Londres selon le régime où le Conseil les avait placés.
Le second acte vint vingt-sept ans plus tard. En 1579 les privilèges du Steelyard furent révoqués par décret royal, sous un autre souverain et sur un autre fondement [CR]. Les récits qu’on en fait ramassent les deux en une seule révocation du milieu du siècle. C’étaient deux actes de contenu juridique différent : l’un exigeait que les marchands prouvent ce qu’ils étaient, l’autre mit fin à la concession. C’est l’exigence de preuve qui mérite qu’on s’y arrête, car une exigence de preuve suppose qu’il y ait quelque chose à produire.
Il n’y avait rien. Une association sommée de montrer, sur-le-champ, le fondement documentaire de ce qu’elle était n’avait personne dont ce fût la charge de tenir ce fondement : aucune archive de l’ensemble, aucun officier de l’ensemble, et personne qu’on pût envoyer en Angleterre répondre pour l’ensemble avec le pouvoir de l’engager par sa réponse. En quelques années les villes entreprirent de s’en donner un.
Les innovations arrivèrent ensemble, à partir de 1554, et elles se lisent comme l’inventaire de ce qui manquait. Le versement annuel devait être fait d’avance. Les droits et les devoirs des villes membres devaient être fixés sous une forme contraignante. La présence aux diètes, et l’observation de ce que les diètes résolvaient, devaient être réglées et non plus présumées. Et en 1556 les villes créèrent un office : un syndic hanséatique, le juriste salarié d’un conseil, formé en droit, qui rédigeait ses actes, plaidait sa cause et voyageait pour ses ambassades, à ceci près que celui-ci n’appartenait à aucun conseil en particulier.
La même réforme répartit les villes en quatre quartiers, chaque division ayant à sa tête une ville directrice qui scellait et parlait pour elle : Lübeck, Cologne, Brunswick et Dantzig. Le but des deux mesures était un noyau plus restreint, lié plus étroitement, avec quelqu’un à la tête de chaque division qui pût être tenu de répondre et quelqu’un au centre qu’on pût envoyer répondre. Avant 1556, une ambassade auprès d’une cour étrangère devait être assemblée à partir des villes qui voulaient bien envoyer des hommes et les payer, et elle arrivait en parlant pour ceux qui s’étaient présentés.
L’office trouva son homme immédiatement et le garda jusqu’à la fin de sa vie. Heinrich Sudermann naquit à Cologne le 31 août 1520, prit ses doctorats en droit canon et en droit civil et exerça auprès de la Chambre impériale de justice, ce qui est exactement la formation dont un corps affrontant le Conseil privé venait de découvrir qu’il avait besoin. Il fut nommé en 1556. Il tint le poste trente-cinq ans et sortit pour une cinquantaine de missions diplomatiques au cours de ces années [M], en Angleterre, aux Pays-Bas, à la cour impériale et dans les villes membres elles-mêmes, portant la cause de l’association devant des gens qui voulaient savoir à qui exactement ils avaient affaire.
Il ne fut jamais payé. Le traitement fut voté et les fonds n’arrivèrent pas, parce que les fonds qui devaient le payer étaient censés venir des mêmes cotisations annuelles que les villes ne versaient pas. En 1569 ses créances impayées dépassaient 20 000 thalers [M], et ce qu’il reçut en regard fut des billets à ordre : l’association réglant ses dettes envers son propre officier en papier tiré sur des recettes qu’elle n’avait pas perçues. Personne ne contesta la dette. Elle fut inscrite, reconnue, et reportée d’une diète à l’autre jusqu’à la fin de sa vie. Il mourut à Lübeck le 31 août 1591, jour de sa propre naissance, toujours en charge et toujours créancier.
Vingt mille thalers, c’étaient les arriérés d’un seul homme. La somme que les villes fixeraient plus tard comme le revenu de l’association entière pour une année est inférieure à cela, et de beaucoup.
En 1557 les villes scellèrent une Konföderationsnotel : un acte de confédération qui énumère les villes membres et les obligations que chacune d’elles acceptait, pour un terme déclaré. Il comptait dix articles et valait dix ans. Quatre villes le scellèrent en qualité de villes directrices de quartier, et elles le scellèrent pour soixante-trois [M].
Les articles sont précis, et c’est là tout leur objet. Les villes devaient assister aux diètes et accepter ce qui s’y résolvait. Les différends entre membres devaient aller d’abord aux villes voisines comme arbitres, puis à la diète, et il était absolument interdit aux membres de les porter devant un tribunal extérieur. Les frais devaient être partagés : pour la protection des routes et des voies maritimes, pour les ambassades, et pour l’indemnisation des membres attaqués. Les briseurs de paix devaient se voir opposer une action armée commune. Les étrangers et les oisifs dans les villes devaient être contrôlés. Une ville qui désobéissait pouvait être exclue.
Pour la première fois la Hanse avait un texte disant, précisément, ce que chaque ville membre pouvait réclamer et ce que chaque ville membre devait. L’association qui avait arraché un traité au royaume de Danemark sans charte, sans trésor, sans tribunal et sans personnalité juridique avait maintenant un document portant des articles et quatre sceaux.
Le résultat immédiat fut une vague de départs. Des villes comptées parmi les membres depuis des générations lurent les articles, virent ce qu’on leur demandait de sceller, et partirent.
Il fut renouvelé quand même. En 1579 il revint en seize articles, affirmant plus fermement qu’une résolution de la diète liait les villes qui n’étaient pas venues. En 1604 il revint encore, en quinze [M].
Si donc les villes se sont écrit trois constitutions et les ont scellées, en quel sens n’en avaient-elles pas ?
La réponse est procédurale, et c’est tout le mécanisme. Une ville envoyait son délégué avec des pouvoirs limités. À la diète, le délégué prenait la résolution ad referendum : il l’acceptait sous réserve de l’agrément de son conseil au pays, le droit de refus étant réservé, de sorte que son accord n’engageait personne tant que la ville n’avait pas parlé. Aucun article n’avait à être enfreint. Chaque article pouvait être agréé, renvoyé, et laissé là. Les villes n’ont pas défié la règle. Elles l’ont contournée.
Le nom anglais est ce que cette tentative a laissé derrière elle. Dans la littérature spécialisée allemande, Hansebund a pratiquement disparu ; en anglais, the Hanseatic League a survécu, et ce qui survit en lui, c’est l’effort de la fin du XVIe siècle pour refaire de la Hanse une ligue de villes. Voilà pourquoi le nom convient aux décennies comprises entre le premier acte et le dernier, et décrit mal les siècles qui les entourent. Le mot dont les villes usaient elles-mêmes par habitude restait gemener copman, le marchand commun.
À la diète de 1604, les villes encore comptées à la Hanse furent inscrites, et ce que chacune devait par an au trésor commun fut fixé en regard de son nom. Le versement avait un nom à lui, l’annuum : la somme annuelle due par un membre, fixée selon son rang. Elle se comptait en Reichstaler, la grosse pièce d’argent de l’Empire et l’unité dans laquelle la Hanse réformée taxait ses membres.
La forme de la liste est la forme de l’organisation. Lübeck et Cologne en tête, à 100 Reichstaler chacune. Hambourg et Dantzig à 80. Lunebourg et Brême à 60. Puis une longue queue descendante à travers les niveaux qu’emploie la liste — 50, 40, 35, 30, 27, 25, 23, 20, 18, 17, 16, 15, 14, 12 et 10 — et, tout en bas des villes qui paient, Gollnow, à 8 [M].
Un autre document, de trois ans plus tôt, consigne les villes qui portaient davantage que l’annuum. À la diète de 1601, où l’annuum fut fixé dans l’intérêt des villes les moins riches, quatorze villes contributrices furent identifiées comme payant à la fois celui-ci et les contributions extraordinaires qui s’y ajoutaient : Lübeck, Hambourg, Brême, Cologne, Rostock, Stralsund, Wismar, Brunswick, Magdebourg, Lunebourg, Dantzig, Greifswald, Stettin et Hildesheim [CR]. Six d’entre elles figurent parmi les villes dont le taux de 1604 est consigné. Les huit autres — Rostock, Stralsund, Wismar, Brunswick, Magdebourg, Greifswald, Stettin et Hildesheim — se tiennent dans la documentation comme contributrices sans chiffre en regard de leur nom.
Trente-deux des villes portées sur la liste de 1604 étaient exemptes de tout versement. Revenu attendu, tous les taux de la liste additionnés : 1 283 Reichstaler par an [M].
Cette liste mérite deux lectures, car la source s’y contredit. La thèse qui fournit le dépouillement dit dans une phrase que les soixante-douze villes encore comptées à la Hanse étaient toutes inscrites, et deux phrases plus loin que trente-deux des soixante-quatorze étaient exemptes. Soixante-douze moins trente-deux font quarante, et quarante est le nombre de barres portant un chiffre dans le graphique imprimé à côté [D]. C’est un contrôle de cohérence, non une résolution. L’annexe de l’acte de confédération lui-même n’a été lue par personne travaillant sur ce dossier, et tant que personne ne l’aura lue, le soixante-douze et le soixante-quatorze subsistent tous deux.
Ce que soixante-douze villes devaient à la Hanse en 1604
Une marque par ville inscrite sur la liste, classées du taux le plus élevé au plus bas, avec le total cumulé tracé au-dessus. Sept villes sont consignées avec un taux. Trente-trois des hauteurs sont reconstituées ici. Trente-deux villes figurent sur la liste et ne doivent rien.
Chaque marque est tracée. Les sept villes nommées sont celles que la source consigne avec un taux ; les marques hachurées sont des hauteurs reconstituées ici d’après l’échelle des niveaux de taux de la source elle-même ; la portion plate à droite, ce sont trente-deux villes inscrites et taxées à zéro. Le total cumulé s’achève à 1 283 Reichstaler.
Les touches fléchées parcourent les soixante-douze marques, Début et Fin sautent aux extrémités.
Chaque marque, le total cumulé, les sept noms consignés et la comparaison ci-dessous sont tracés en entier. Avec JavaScript activé, la comparaison passe derrière une commande, et chaque marque peut être sélectionnée pour ce que l’on sait de cette position.
Un florin de Hongrie des années 1450 et un Reichstaler de 1604 ne sont pas la même monnaie. Aucune conversion n’est proposée, et le dessin met côte à côte les deux décomptes, non leurs valeurs.
Rien ne rentra. Le revenu avait été estimé à 2 045 Reichstaler par an en 1554 et à 1 214 en 1609, et ni l’un ni l’autre chiffre ne fut jamais atteint [M]. Quelque soixante-dix villes sur une liste de membres, c’étaient quelque soixante-dix conseils, et en 1604 le trafic qui aurait pu porter une levée se tenait dans quelques-unes d’entre elles pendant que la liste continuait de compter les autres.
La fin de tout cela est dans le papier que les villes émirent pour se couvrir. Entre 1609 et 1614, sept d’entre elles émirent des obligations pour 37 950 marks lübisch, environ 12 650 Reichstaler au cours du jour, remboursables à cinq pour cent l’an [M]. Il était écrit dans les obligations qu’elles ne tenaient leur validité qu’aussi longtemps que l’union hanséatique subsisterait. Ceux qui prêtaient à la Hanse réformée avaient mis dans le contrat la possibilité de sa mort, et lui avaient mis un prix.
Étiquettes : [CR] document d’époque · [M] dépouillement savant moderne de documents d’époque · [E] estimation savante · [D] calculé sur cette page.
Rien sur cette page ne se recoupe avec research/verification/. Ces cinq fichiers ne couvrent que les chiffres économiques de la série, et aucun chiffre ci-dessous n’en est un. Chaque ligne repose ici sur les trois passes de recherche sur la réorganisation, qui ne sont pas vérifiées dans leur ensemble. Là où les trois passes ont atteint une affirmation indépendamment, la colonne du statut l’indique, et c’est la seule chose que le mot forte veuille dire ici : trois passes séparées sur la littérature sont arrivées au même énoncé. Ce n’est pas une vérification contre un document source.
| Chiffre | Étiquette | Source | Statut |
|---|---|---|---|
| Chronologie du récit : 1518, 1525, 1528, 1529, 1530, 1531, 1533, 1534, 1535, 1536, 1537, 1552, 1554, 1556, 1557, 1579, 1591, 1601, 1604, 1609, 1614 | [CR] | Chronologie standard, recoupée entre les trois passes sur la réorganisation. 1530 (Wullenwever porte-parole des revendications de la bourgeoisie) et 1534 (l’ouverture de la guerre du Comte) reposent sur la même chronologie recoupée que le reste de la ligne | Concordance entre les trois passes, forte, au sens indiqué plus haut |
| Ordonnances ecclésiastiques de la Réforme : Stralsund 1525 (Äpinus), Brunswick 1528, Hambourg 1529, Lübeck publiée le 27 mai 1531, Norvège 1537 | [CR] | Les ordonnances imprimées de Bugenhagen, dans reorganisation_claude_a.md §5.2, avec Nedkvitne pour la Norvège ; indépendamment dans reorganisation_pro_dossier.md zone 5 |
Deux passes indépendamment ; aucune passe n’attribue Stralsund ni la Norvège à Bugenhagen, et cette page non plus |
| La cotisation annuelle déjà élaborée dès 1518, envisageant une adhésion graduée de petites et de grandes villes ; interrompue ; reprise au milieu du siècle | [M] | Hähnlein, dans reorganisation_claude_a.md §6.1 |
Une seule passe |
| Wullenwever : bourgmestre 1533, démissionne 1535, paix du 14 février 1536 favorable à Lübeck, exécuté à Wolfenbüttel le 24 septembre 1537 | [CR] | reorganisation_claude_a.md §5.4 ; reorganisation_pro_dossier.md zone 5 (Waitz ; Di Venosa) ; reorganisation_deep_research.md §« The towns' own politics » |
Concordance entre les trois passes, forte. L’aveu fut extorqué sous la torture, ce que les trois passes consignent ; la page ne le tient pour preuve de rien de ce qu’il allègue |
| 24 février 1552 : les franchises suspendues jusqu’à ce que les marchands produisent la preuve qu’ils doivent en jouir, commerçant entre-temps au même titre que tous les autres étrangers. Révocation par décret royal 1579 | [CR] | Lloyd, lu directement, dans reorganisation_claude_a.md §3.3 et §6.3 ; reorganisation_comparison.md §« What this changes in shipped work » |
Confirmé sur Lloyd. Les deux actes sont distincts dans la source et sont tenus distincts ici ; les mots employés à propos de 1552 sont suspended et pending proof |
| L’office de syndic créé en 1556 ; Heinrich Sudermann né le 31 août 1520, mort le 31 août 1591 ; trente-cinq ans en charge ; environ cinquante missions ; créances supérieures à 20 000 thalers en 1569 ; jamais payé | [M] | Portal Rheinische Geschichte et Krey, dans reorganisation_claude_a.md §6.3 ; l’office et ses renouvellements indépendamment dans reorganisation_pro_dossier.md zone 6 |
Deux passes sur l’office et les dates ; le chiffre des arriérés et le nombre de missions relèvent d’une seule passe |
| Konföderationsnotel : 1557, dix articles, dix ans, scellée par quatre villes directrices pour 63 villes · 1579, seize articles · 1604, quinze articles | [M] | reorganisation_claude_a.md §6.2 et §6.4 ; reorganisation_pro_dossier.md zone 6 (Iwanov 2016 ; Seier 2012) ; reorganisation_comparison.md §« Where all three agree », point 2 |
Concordance entre les trois passes, forte |
| La répartition de 1604 : 72 villes inscrites ; 100 Reichstaler (Lübeck, Cologne), 80 (Hambourg, Dantzig), 60 (Lunebourg, Brême), les niveaux 50, 40, 35, 30, 27, 25, 23, 20, 18, 17, 16, 15, 14, 12, 10, et 8 (Gollnow) en dernier ; 32 exemptes ; 1 283 Reichstaler attendus par an | [M] | Hähnlein p. 65–66 et annexe 1, d’après AHL ASA Externa Hanseatica 399, dans reorganisation_claude_a.md §6.4 |
Une seule passe pour le dépouillement. L’incohérence 72/74 dans le même passage est signalée indépendamment dans reorganisation_pro_dossier.md zone 6 ; voir le tableau de divulgation ci-dessous |
| La diète de 1601, où l’annuum fut fixé dans l’intérêt des villes les moins riches : 14 villes contributrices identifiées, Lübeck, Hambourg, Brême, Cologne, Rostock, Stralsund, Wismar, Brunswick, Magdebourg, Lunebourg, Dantzig, Greifswald, Stettin, Hildesheim | [CR] | Grassmann 2001, p. 219, et sa ligne de chronologie pour 1601, dans reorganisation_claude_a.md §6.4 |
Une autre année et une autre autorité que la liste de 1604 ci-dessus. Les deux ne sont délibérément pas fusionnées, et aucune des deux références ne voyage avec les chiffres de l’autre |
| Revenu estimé à 2 045 Reichstaler par an en 1554 et à 1 214 en 1609 ; jamais atteint | [M] | Hähnlein p. 68, dans reorganisation_claude_a.md §6.4 |
Une seule passe |
| Obligations de 1609–1614 : sept villes, 37 950 marks lübisch, environ 12 650 Reichstaler, remboursables à cinq pour cent l’an, expressément valables aussi longtemps seulement que l’union hanséatique subsisterait | [M] | reorganisation_claude_a.md §6.4 |
Une seule passe. L’équivalence entre le mark lübisch et le Reichstaler est celle de la source elle-même ; rien sur cette page ne convertit de l’un à l’autre, et aucun équivalent en argent-métal n’est proposé |
| La dépense de Dantzig sur toute la guerre de Treize Ans, 1454–1466 : environ 470 000 florins de Hongrie, reconstituée par Foltz | [E] | pro_dossier.md §1, par reorganisation_claude_a.md §6.4, où le chiffre est mis en regard des 1 283 |
Absent de research/verification/, et publié avec ce statut imprimé. Il apparaît dans le panneau de comparaison du graphique et nulle part ailleurs ; aucun rapport, multiple ou pourcentage entre lui et les 1 283 n’est imprimé ni calculé où que ce soit sur cette page |
| Villes portant un taux non nul : 40 | [D] pour la soustraction, [M] pour le graphique | 72 moins les 32 exemptes. Le diagramme en barres reproduit dans la thèse montre 40 villes avec un chiffre en regard, d’après reorganisation_claude_a.md §6.4 |
Calculé ici et vérifié sur le graphique de la source elle-même. Le graphique ci-dessus trace 72 marques dont 32 se tiennent à zéro, de sorte que le 40 est un décompte que le lecteur peut relever sur le dessin |
| Plus ancienne attestation de l’adjectif anglais Hanseatic : John Selden, 1614 | [M] | OED, « Hanseatic, adj. », dans reorganisation_pro_dossier.md zone 6 ; reorganisation_comparison.md §Divergences, où la citation de l’OED l’emporte sur les dates plus lâches trouvées par les autres passes |
Annexe seulement. Aucune date de première attestation ne figure dans le corps de cette page ; voir le tableau de divulgation pour ce que la date établit et n’établit pas |
Comptages et mobilier de graphique. Quelques nombres de cette page ne sont pas des mesures. Ce sont des comptages de choses que le texte lui-même nomme : trois pressions sur les villes, deux ambassadeurs, trois jours, deux concessions, trois constitutions, trois ans entre les diètes de 1601 et de 1604, six des quatorze villes contributrices dont le taux de 1604 est consigné et les huit dont il ne l’est pas, avec les numéros de position et l’échelle des valeurs sur le graphique, et l’estimation de lecture dans l’en-tête. Les trois négations de la section Wullenwever (aucun château scanien, aucun terme de quinze ans, aucune charte) nomment des choses qui n’ont pas eu lieu et n’avancent aucune quantité.
| Élément | Ce que cela dit |
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| Soixante-douze, et soixante-quatorze | La prose de la source dit elle-même dans une phrase que les 72 villes encore comptées à la Hanse étaient toutes inscrites, et deux phrases plus loin que 32 des 74 étaient exemptes. Les deux chiffres sont publiés, dans le corps du texte, et la page dit lequel des deux le graphique trace et pourquoi : 72, parce que c’est le compte donné pour la liste elle-même et parce que 72 moins 32 fait les 40 barres non nulles que porte le graphique de la source. C’est un contrôle de cohérence, non une résolution. L’annexe du texte de confédération lui-même, où la liste est imprimée, n’a été lue par aucune des trois passes. Tant que personne ne l’aura lue, l’écart subsiste, et rien sur cette page ne le résout en choisissant, en moyennant ou par l’arithmétique. |
| Trente-trois des hauteurs tracées sont une reconstitution | La source nomme sept couples ville-taux et donne l’échelle des niveaux de taux ; elle ne dit pas quelle ville occupait quel échelon. Les positions 7–39 du graphique sont donc tracées hachurées, à des hauteurs choisies ici parmi les niveaux de la source elle-même : 50, 50, 40, 40, 35, 35, 30, 30, 30, 27, 27, 27, 25, 25, 25, 23, 23, 23, 20, 20, 18, 18, 17, 17, 16, 16, 15, 15, 14, 12, 12, 10, 10, trente-trois valeurs dont la somme fait 795, soit les 1 283 moins les 488 que portent les sept couples consignés. L’ajustement repose sur une hypothèse que la source n’énonce nulle part comme une identité : que les soixante-douze taux inscrits s’additionnent pour donner les 1 283 donnés comme revenu attendu. La source donne le revenu et donne les taux et n’affirme jamais que l’un soit la somme des autres. Une autre affectation tirée des mêmes niveaux aurait la même allure à cette échelle, et c’est pourquoi le total cumulé est tracé en tirets sur toute cette portion. |
| Deux « quatorze » différents | Les quatorze villes contributrices identifiées à la diète de 1601 ne sont pas les quatorze villes dont les marchands figurent dans les certificats du Guildhall pour le Steelyard de 1463–1474, deux documents différents, de deux siècles différents, répondant à deux questions différentes. |
| Le nom anglais | Aucune des trois passes n’a pu établir que le projet de réforme de la fin du XVIe siècle ait produit le nom anglais « Hanseatic League ». L’une a recommandé d’omettre l’affirmation à la publication faute de vérification ; une autre a recommandé de la rejeter en l’absence d’un texte anglais d’époque établissant le lien. Cette page ne porte donc que ce que portent les spécialistes : que le nom survit en anglais comme un fossile de la tentative, et que le mot des villes pour elles-mêmes était gemener copman. Une fourchette de première apparition d’environ 1605–15 circule pour l’adjectif et repose sur des synthèses lexicographiques autres que celles de l’OED ; la plus ancienne attestation de l’OED lui-même est John Selden, 1614. Ni l’une ni l’autre date n’établit le lien de causalité, et aucune phrase de cette page ne l’affirme. |
| Laissé de côté : Johann Domann, et l’année 1605 | La nomination de Domann comme syndic, et la vacance qui suivit la mort de Sudermann, sont attestées dans deux des trois passes et se tiennent hors de l’inventaire des chiffres de cette page. Les omettre garde l’année 1605 hors de la page, et 1605 est l’une des bornes de la fourchette qui circule avec l’affirmation non prouvée sur l’origine du nom, ci-dessus. Les deux raisons sont consignées ici plutôt que laissées implicites. |
| Laissé de côté : la résolution de 1609 sur le trésor et la Bundeskasse de 1612 | La recherche ne peut dire s’il s’agit d’un seul acte consigné deux fois ou de deux actes distincts, et cette page ne le peut pas davantage. Plutôt que de trancher, elle n’en porte aucun. |
| Laissé de côté dans la figure : les huit villes contributrices sans taux | Rostock, Stralsund, Wismar, Brunswick, Magdebourg, Greifswald, Stettin et Hildesheim figurent dans la liste de 1601 des villes contributrices et ne portent de taux dans aucun des deux documents. Elles sont nommées dans le texte et signalées une fois dans la légende du graphique, et le graphique ne cherche pas à les placer sur une barre. |