La Ligue hanséatique · la série

Ce qui circulait

Le hareng au large des plages de Scanie, le sel de Lunebourg, la cire des forêts derrière Novgorod, le drap qui venait en sens inverse : ce sont là les commerces que les privilèges étaient faits pour protéger. Pour la plupart d’entre eux, personne n’a consigné combien il en passait.

Partie 4 Histoire ≈ 13 min

Le hareng et le sel qui le faisait voyager

À la fin de l’été, le hareng entrait dans le détroit entre la Seeland et la Scanie, et pendant quelques semaines les plages en contrebas de Skanør et de Falsterbo devenaient le lieu où se faisait le commerce du poisson dans le Nord. La saison était brève et c’était toute l’affaire. Le hareng est un poisson gras qui commence à s’altérer dans les heures qui suivent sa sortie de l’eau, et une prise laissée une nuit sur le sable chaud ne valait plus rien au matin. Le travail se faisait donc là où les bateaux abordaient. Les poissons étaient vidés, rangés par couches dans des tonneaux avec du sel, les tonneaux scellés et marqués, et ce qu’on embarquait à l’automne pouvait être ouvert dans les terres au carême. Tout ce dont le commerce avait besoin devait être en place sur le sable avant l’arrivée du premier bateau, car une fois la saison commencée il n’y avait plus le temps de faire venir quoi que ce soit.

L’autre bout du commerce, c’était Lunebourg, où l’on remontait la saumure et où on la faisait bouillir à une échelle sans équivalent dans le Nord. Le sel partait par chariot vers Lübeck et de là par navire vers la côte danoise, et il devait être posé sur la plage avant l’arrivée du poisson, dans la quantité qu’exigerait la saison, que personne ne pouvait connaître à l’avance. Un manque ne pouvait pas être comblé dans la saison : Lunebourg était à des semaines de là. Le sel faisait partie de l’outillage de la pêcherie, au même titre que les tonneaux et que les hommes qui les fabriquaient. Sans lui, la pêche nourrissait la Scanie et rien d’autre ne se produisait.

Entre ces deux bouts, les villes ont bâti un appareil sur la côte d’autrui. Chaque ville qui avait un intérêt aux foires tenait sa propre Vitte, close, avec son bailli et son tribunal à l’intérieur de la clôture, et l’on y trouvait des baraques, des tables de salaison, des tonnelleries et des tonneaux vides empilés. Les tailles de tonneau étaient fixées et contrôlées, car un tonneau trouvé court à Cologne en mars était une fraude que personne ne pouvait poursuivre sur une plage en septembre. La couronne danoise taxait tout cela : des droits sur le sol, sur les baraques, sur les chariots, sur le poisson.

Taxé aux deux bouts, et pourtant personne ne peut dire combien de hareng a quitté ces plages une année quelconque du XIVe siècle. Une part de la raison tient aux taxes elles-mêmes : elles portaient sur le sol, sur la baraque et sur le chariot plutôt que sur la prise, et une quittance pour une baraque ne dit rien de ce qu’on y a emballé. Des reconstitutions circulent, comptées en tonneaux et en cargaisons. L’étape qui transforme des écritures comptables en tonneaux n’est pas écrite dans l’ouvrage qui les publie, et rien ici n’en est tiré. Savoir si les foires ont ensuite périclité parce que les bancs s’étaient déplacés est une question à part entière, débattue dans un texte qui lui est propre. Ce qui a sa place ici, c’est le commerce tant qu’il fonctionnait : une saison, un agent de conservation, une plage close, et aucun total.

Le stockfisch

La morue de Norvège résolvait le même problème sans sel du tout. Le long des îles Lofoten, la morue d’hiver venait frayer près des côtes, et la prise était fendue, liée par paires et suspendue à des claies de bois dans un air froid, sec et en mouvement. Le poisson perdait à cet air la plus grande partie de son poids et durcissait au point qu’il fallait le battre au maillet avant de pouvoir le cuire. Ensuite il se gardait des années. Pas de saumure, pas de tonneau, pas de tonnelier, aucune fourniture expédiée d’ailleurs : le temps faisait dans le Nord ce que Lunebourg faisait dans le Sud. Ce qui sortait des claies était léger pour sa valeur et indifférent à un départ retardé, et cela voyageait aussi loin qu’on voulait bien le porter.

Tout passait par une seule ville. La pêche du Nord était canalisée le long de la côte jusqu’à Bergen et vendue là, et les marchands allemands résidant à Bergen l’achetaient, ravitaillaient le Nord en retour, et tinrent cette position pendant des siècles. Ce qu’était leur comptoir comme organe de gouvernement vient plus loin dans cette série. Ici, Bergen est le lieu par lequel une cargaison devait passer.

Le stockfisch est aussi la cargaison la mieux étayée du système, et les preuves qui la concernent sont anglaises. Dans les comptes de douane anglais de 1303–11, le stockfisch représente environ 82 % [M] de la valeur consignée de tout ce qui arrivait de Norvège. Mais une part n’est pas une quantité, et pour en tirer une quantité il faut une reconstitution. L’Angleterre en prenait quelque 1 500 à 2 000 tonnes par an dans ces mêmes années [E], et il en sortait de Norvège quelque 3 000 à 4 000 tonnes en tout dès lors que l’on suppose que le continent en prenait autant que l’Angleterre, hypothèse que l’historien qui l’a publiée qualifie de conjecture raisonnée [E]. Dans les dernières décennies du XIVe siècle, le commerce tourne à la moitié de cela ou moins, et il repasse les 4 500 tonnes par an tout à la fin du XVIe, en 1597–99 [E].

De plus près, la documentation se précise et s’arrête plus tôt. Les importations de Boston en provenance de Bergen se sont établies en moyenne à quelque 6 113 livres par an entre 1365 et 1400 [M], un chiffre maximal relevé sur des rôles qui ne subsistent qu’en fragments, valant peut-être 378 tonnes de poisson [E]. Neuf navires détaillés en 1388 et 1390/91 donnent le stockfisch à 91 % de la valeur de la cargaison, 4 384 livres 15 shillings sur 4 842 livres 4 shillings [M], comptés au shilling près.

C’est le dossier quantitatif le plus solide de toute la documentation hanséatique, et il se compose de deux choses différentes. La part a été consignée à l’époque. Le tonnage en a été tiré, bien plus tard, par des historiens qui ont dû poser un prix et un poids pour y parvenir.

Le grain

Le seigle poussait sur des domaines de l’intérieur polonais, hors de vue de toute mer. Il descendait la Vistule sur des barges plates aux mains de flotteurs qui tenaient le fleuve comme un métier à eux, et il arrivait à Dantzig, qui avait le droit de l’arrêter. Ce droit, c’est le droit d’étape : le pouvoir qu’a une ville de faire décharger les marchandises qui la traversent et de les faire offrir sur son propre marché avant qu’elles puissent poursuivre. Chaque barge devait rompre charge là où la ville le disait, devant les acheteurs de la ville, et c’est ainsi qu’un lieu qui ne produisait aucun grain est devenu celui qui faisait le prix du grain des autres. Dantzig taxait aussi tout navire amarré aux pieux de son front de port, et les livres que ses clercs tenaient de ce droit, le Pfahlgeld, sont l’essentiel de ce que l’on peut voir aujourd’hui de son trafic.

Ce que ces clercs comptaient, voilà où la difficulté commence. Le grain se comptait en lasts, une mesure de capacité dont la taille réelle dépendait de la marchandise dans la cale et du port qui mesurait, et le même seigle pouvait aussi se compter en wispel, la mesure de matières sèches des villes du Nord, et dans une poussière d’autres unités locales encore. Un même tas de grain faisait donc un chiffre à Dantzig et un autre à Amsterdam, et tout tonnage jamais construit à partir de ces chiffres est un tonnage plus une décision sur la convention à retenir. Personne n’était négligent. Une mesure était un instrument local, conservé à l’hôtel de ville, et elle fonctionnait parfaitement pour des gens qui commerçaient à l’intérieur d’un seul marché. Elle ne devient un problème que lorsque quelqu’un, des siècles plus tard, veut en tirer une série.

Les exportations de seigle de Dantzig ont été estimées à quelque 10 000 lasts dans les années 1490 [M], et on les dit quintuplées au cours du XVIe siècle. Les deux moitiés de cette phrase demandent à être tenues à distance. Le chiffre des années 1490 est un instantané tiré des livres du droit de port, non un point sur une tendance, et l’historienne qui a dépouillé les échantillons dantzikois du XVe siècle qui subsistent n’y a trouvé aucune expansion continue. Les deux bouts sont énoncés ici, et aucune ligne n’est tracée entre eux. L’affirmation plus large est plus ferme : Dantzig contrôlait jusqu’à 75 % [M] du total des exportations de grain de la Baltique.

Le sommet vient bien après les meilleures années de la Hanse. En 1618, Dantzig enregistra 118 000 lasts de Gdańsk [M], soit environ 271 000 tonnes si l’on prend le last de seigle de Gdańsk de 2,2 à 2,3 tonnes, et sensiblement moins si on le prend au chiffre de travail du péage du Sund, environ deux [E].

Le seigle est ici la seule cargaison qui se comporte comme une série, et la raison en est tout entière hors de la Hanse. Il est dénombrable parce que ceux qui l’achetaient tenaient des registres année après année, et ces gens-là étaient à Amsterdam et au Sund. Savoir si le commerce du grain qui a enrichi Dantzig a aussi rendu la Hanse inutile est une question débattue à part.

La cire, les fourrures et les marchandises de l’Est

Un cierge de cire brûlant sur un autel de Flandre avait très probablement commencé comme rayon de miel dans une forêt à l’est de Novgorod. Les églises voulaient de la cire d’abeille et en prenaient presque n’importe quelle quantité, car le suif fumait et puait et n’était pas digne d’un autel, et la demande suivait le calendrier des fêtes et des messes. La cire sortait des forêts russes en pains pesés et scellés, se négociait par Novgorod, et partait vers l’ouest.

La cire et les fourrures donnent son nom au commerce de l’Est, et le panier était plus large que le nom. Des peaux d’écureuil avant tout, avec la martre et d’autres fourrures ; puis le miel, les peaux et le cuir, et plus tard le lin et le chanvre. La route descendait les fleuves russes jusqu’à Novgorod, de Novgorod vers Reval et Riga, et de là vers Lübeck puis Bruges, où un tisserand flamand ou un facteur italien attendait à l’autre bout.

Ces marchandises font dans un livre de comptes une écriture d’une autre nature que le grain. La cire et les fourrures valaient très cher et tenaient très peu de place. Le grain, c’était l’inverse. Un navire pouvait être plein de seigle jusqu’au barrot et porter moins de valeur qu’un coffre de peaux arrimé à côté. Un registre de douane classé par la valeur et une coque classée par la capacité sont donc deux images différentes du même commerce, et un marchand, un percepteur de péage et un patron de navire se souciaient chacun d’une image différente. La valeur et le volume sont deux résultats distincts, et les confondre est le moyen le plus rapide de faire paraître un commerce plus grand ou plus petit qu’il n’était.

Pour le commerce de l’Est, il n’existe aucune source sérielle d’aucune sorte. Le Peterhof de Novgorod a laissé des statuts, des lettres, des traités et quantité de procès, et aucun compte annuel de marchandises. Ce qui subsiste est une archive de règles et de querelles, qui dit ce qui devait se passer et qui s’est brouillé à ce sujet, et jamais combien il en est passé. Ce qui existe en fait de quantités est une poussière d’années isolées reconstituées à partir des livres d’autres villes, et rien de cela n’est repris ici. Les marchandises qui remplissaient la colonne de la valeur n’ont laissé aucune trace écrite de leur quantité.

Le drap, en sens inverse

Tout navire qui emportait du seigle ou de la cire vers l’ouest devait revenir avec quelque chose, et ce avec quoi il revenait, très majoritairement, c’était du drap. Le drap de Flandre d’abord : de lourdes laineries tissées, foulées et teintes dans les villes de l’arrière-pays brugeois, vendues à la pièce, le produit fini de référence de l’Europe du Nord. Le drap convenait exactement au voyage de retour. Il était fini, il était durable, il ne s’abîmait pas sur une traversée lente, et une cale qui le ramenait portait bien des fois la valeur du même espace rempli de grain. Le drap anglais a pris une part croissante du même commerce au long du XVe siècle, à mesure que l’Angleterre passait de la vente de sa laine à l’étranger à la vente du drap qu’elle en faisait chez elle.

Telle est la forme de tout l’échange, et ce n’était pas affaire de goût. Le Nord et l’Est vendaient ce que donnaient leur terre, leurs eaux et leurs forêts — grain, bois, poisson, cire, fourrures — et l’Ouest vendait du travail et un savoir-faire que quelqu’un avait organisés en industrie. Les deux comptoirs de l’Ouest comptaient hors de proportion avec tout tonnage qui y passait. Bruges et Londres étaient du côté fini de l’échange, là où était la marge et là où se montait le crédit. Ce qu’étaient ces deux-là comme organes de gouvernement vient plus loin dans cette série.

Les chiffres du drap existent, et ils sont exceptionnellement bons : des comptes à la pièce, année après année, avec la nationalité du marchand indiquée. Ce sont aussi des archives de la couronne d’Angleterre, tenues par des officiers des douanes pour le revenu du roi et par personne dans la Hanse. Elles appartiennent aux archives de l’Angleterre, et rien n’en est cité ici.

Ainsi la marchandise qui possède la plus longue suite de comptes annuels de tout ce récit a-t-elle été comptée par un gouvernement étranger, de son côté de l’eau, pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec le fait de savoir combien de drap la Baltique achetait. Rien de tout cela n’est de la comptabilité hanséatique. Ce que la Hanse a conservé de ce commerce, c’est la trace écrite de qui était autorisé à le transporter et à quelles conditions.

La bière comme fabrication

Tout ce qui précède était pêché, coupé ou extrait. La bière, elle, était fabriquée.

Hambourg la brassait en quantité et pour l’exportation, et ce qui rendait cela possible, c’était le houblon. Une bière sans houblon tournait dans le fût et devait être bue près de l’endroit où elle avait été brassée, ce qui maintenait le brassage au rang de métier local. Le houblon conserve autant qu’il parfume, et une bière houblonnée pouvait descendre l’Elbe, passer jusqu’à Amsterdam et gagner l’intérieur des terres depuis là, et valoir encore d’être ouverte à l’autre bout. Ce seul changement a fait d’un métier condamné à rester chez lui une cargaison, et Hambourg a bâti là-dessus une industrie : des fûts partant vers Amsterdam et les Pays-Bas année après année, et des brasseurs qui formaient dans la ville un état politique.

Deux choses en découlent. Le brassage avait des prétentions sur le même seigle qui descendait la Vistule, si bien que le commerce de la bière et celui du grain étaient un seul commerce vu par ses deux bouts, et une mauvaise récolte en Pologne était un problème dans une cave de Hambourg. Et une ville brassicole avait un corps d’intérêts qu’un port de transit n’avait pas : des hommes dont le capital était engagé dans des chaudières et des cuves, et dont l’intérêt pour ce que le conseil décidait des prix du grain et des péages était immédiat et permanent.

Le document subsistant le plus instructif sur tout cela est un relevé des métiers de Hambourg qui n’existe plus. L’original a brûlé dans l’incendie des archives de Hambourg en 1842 [M]. Ce qui subsiste est une transcription du XIXe siècle, c’est-à-dire une copie que personne ne peut plus confronter à ce dont elle a été copiée. Une transcription est une preuve, et c’est une preuve d’un autre ordre : tout ce que le relevé dit désormais repose sur le soin d’un seul copiste. La meilleure preuve concernant la seule cargaison de tout cela qui fût fabriquée plutôt que pêchée est un témoignage sur un document.

Pourquoi nous voyons une année et pas la suivante

Si le comptage est à ce point mince, comment peut-on écrire sur le commerce hanséatique ? Parce qu’il y a deux archives et qu’une seule est mince. Les chartes, les statuts, les privilèges, les recès de diète, les rôles de justice et les lettres de marchands subsistent en masse, et l’on peut en reconstituer dans le détail la façon dont le commerce était organisé. Ce qui subsiste mal, c’est l’arithmétique.

Les villes comptaient les cargaisons quand elles avaient voté un impôt de guerre et devaient savoir ce qu’il fallait lever, et elles s’arrêtaient quand la guerre était payée. Leurs meilleurs livres à elles sont une poignée d’années accrochées à des urgences. Les longues séries continues ont été tenues par des gens qui avaient une raison permanente de compter année après année : un roi d’Angleterre qui taxait ses ports, un roi de Danemark qui taxait un détroit.

Les années elles-mêmes le montrent [CR]. Les comptes de douane enrôlés d’Angleterre courent à partir de 1279–80, les états détaillés subsistant de façon inégale de la fin du XIIIe siècle jusqu’au XVIe. Le péage danois du Sund subsiste à partir de 1497, devient quasi continu à partir de 1574, et ne donne une ville de destination fiable qu’à partir de 1668. En face : l’année du Pfundzoll de Lübeck, du 18 mars 1368 au 10 mars 1369, et ses livres pour 1368–71 et 1492–96 ; ceux de Hambourg pour 1369, 1399–1400 et 1418 ; ceux de Dantzig pour 1409 et 1411, et ses livres du Pfahlgeld pour 1468, 1469 et 1498 ; et les livres de justice de Bergen, qui commencent en 1633 et ne sont donc d’aucun secours ici.

Une coupe transversale n’est pas une tendance, et avant 1500 il n’existe nulle part dans la Baltique de relevé suivi ville par ville et marchandise par marchandise. Toute courbe tracée par-dessus ces lacunes a été tracée par quelqu’un. À l’intérieur même d’une bonne année, l’unité reste un problème : un last n’est pas une quantité fixe, un wispel n’est pas un last, et une somme en marks lübisch est une somme en monnaie de compte, ce qui est repris plus loin.

Un chiffre mérite qu’on le suive pas à pas, parce que ce cheminement est la méthode. Un chiffre largement répandu fixe les exportations de grain de Dantzig à 80 000 lasts en 1567. Remontez à la source que citent en dernier ressort tous ceux qui le reprennent : les 80 000 lasts de 1567 y sont bien, attachés à autre chose. C’est la capacité de charge de la flotte marchande de Hollande. Les importations néerlandaises de grain de la Baltique la même année sont un autre chiffre, plus petit, sur la même page, et l’annexe porte les deux. Rien n’a été falsifié pour produire l’erreur. Un chiffre a été relevé sur la mauvaise ligne, et il voyage depuis.

La carte des marchandises hanséatiques, huit flux de la source au marché Une carte schématique de la Baltique et de la mer du Nord portant huit flux de marchandises : le stockfisch de la Norvège du Nord par Bergen vers Boston et Lynn ; le stockfisch de Bergen vers Lübeck et les marchés du nord-ouest ; le seigle de la Vistule par Dantzig vers Amsterdam et la mer du Nord ; le hareng des plages de Scanie vers Lübeck et les villes wendes ; le sel de Lunebourg par Lübeck vers les plages de Scanie ; la cire et les fourrures des fleuves russes par Novgorod, Reval et Riga vers Bruges ; le drap de Flandre et d’Angleterre par Bruges et Londres vers la Baltique ; et la bière de Hambourg vers Amsterdam et les Pays-Bas. Sur la carte telle qu’on la dessine d’ordinaire, les huit sont tracés à l’identique. Sur la même carte adossée aux preuves, trois sont tracés — le seigle en plein, le stockfisch vers l’Angleterre en vide, le stockfisch vers le continent en hachuré — et les cinq autres ne sont pas tracés du tout, parce qu’aucune quantité n’en a été enregistrée.

Ce qui circulait, la carte telle qu’on la dessine d’ordinaire, tous les flux de la même épaisseur.

La carte des marchandises hanséatiques, huit flux de la source au marché Une carte schématique de la Baltique et de la mer du Nord portant huit flux de marchandises : le stockfisch de la Norvège du Nord par Bergen vers Boston et Lynn ; le stockfisch de Bergen vers Lübeck et les marchés du nord-ouest ; le seigle de la Vistule par Dantzig vers Amsterdam et la mer du Nord ; le hareng des plages de Scanie vers Lübeck et les villes wendes ; le sel de Lunebourg par Lübeck vers les plages de Scanie ; la cire et les fourrures des fleuves russes par Novgorod, Reval et Riga vers Bruges ; le drap de Flandre et d’Angleterre par Bruges et Londres vers la Baltique ; et la bière de Hambourg vers Amsterdam et les Pays-Bas. Sur la carte telle qu’on la dessine d’ordinaire, les huit sont tracés à l’identique. Sur la même carte adossée aux preuves, trois sont tracés — le seigle en plein, le stockfisch vers l’Angleterre en vide, le stockfisch vers le continent en hachuré — et les cinq autres ne sont pas tracés du tout, parce qu’aucune quantité n’en a été enregistrée.

Ce que nous pouvons montrer, la même carte adossée aux preuves. Les flux dont personne n’a enregistré les quantités ne sont pas tracés du tout, et sont nommés sous la carte.

Documenté, quantité non enregistrée

  • Hareng
  • Sel
  • Cire et fourrures
  • Drap
  • Bière
Chaque flux est répertorié sous la carte avec son itinéraire, ses chiffres et leur provenance.
  • Norvège du Nord → Bergen → Boston et Lynn. ≈ 1 500–2 000 t/an vers l’Angleterre, 1303–11 [E]. stockfisch ≈ 82 % de la valeur consignée des importations norvégiennes dans les mêmes comptes de douane [M]. Boston ≈ 6 113 livres/an, 1365–1400, un maximum tiré de rôles fragmentaires [M]. stockfisch 91 % de la valeur des cargaisons de neuf navires, 1388 et 1390/91 [M]. La part est consignée ; ce qui a circulé est une reconstitution. Source : Helle 2019, s’appuyant sur Nedkvitne 2014.

  • Bergen → Lübeck et les marchés du nord-ouest. ≈ 3 000–4 000 t/an pour l’ensemble du commerce, les ≈ 1 500–2 000 t/an de l’Angleterre doublées sur la conjecture raisonnée que la demande continentale égalait celle de l’Angleterre [E]. Le chiffre est une hypothèse appliquée à un autre chiffre. Source : Helle 2019, s’appuyant sur Nedkvitne 2014.

  • La Vistule → Dantzig → Amsterdam et la mer du Nord. ≈ 10 000 lasts/an dans les années 1490, quintuplés dit-on au cours du XVIe siècle, des instantanés, non une courbe [M]. jusqu’à 75 % des exportations de grain de la Baltique [M]. 118 000 lasts de Gdańsk en 1618, ≈ 271 000 t à 2,2–2,3 t le last, moins avec les ≈ 2 t retenus par le péage du Sund [M] [E]. Compté dans les livres du droit de port et les registres de la bourse, par ceux qui l’achetaient. Source : Brand 2007 ; Gdańsk Grain Exchange ; Link 2014 pour la ligne de base des années 1490.

  • Plages de Scanie → Lübeck et les villes wendes. Aucune quantité ne subsiste que cette série accepte de tracer. Les comptes de navires et de tonneaux qui circulent reposent sur une conversion non documentée.

  • Lunebourg → Lübeck → les plages de Scanie. Le commerce est documenté en continu et en nature. Aucune quantité n’en est portée nulle part ici.

  • Les fleuves russes → Novgorod → Reval et Riga → Bruges. Il ne subsiste aucun livre de comptes douanier sériel pour le Peterhof.

  • Flandre et Angleterre → Bruges et Londres → la Baltique. Les quantités sont dans les archives de la couronne d’Angleterre et relèvent d’une autre partie.

  • Hambourg → Amsterdam et les Pays-Bas. Les conversions qui produisent une quantité sont des estimations qui reposent sur des estimations.

  • Plein = consigné
  • Vide = estimation
  • Hachuré = hypothèse / calculé sur la page
  • Non tracé = documenté, quantité non enregistrée

C’est à cela que servent les étiquettes placées à côté des chiffres de cette page : vous dire, là où vous rencontrez un chiffre, si quelqu’un l’a compté ou si quelqu’un l’a obtenu par le calcul.

Annexe : chaque chiffre de cette page, et d’où il vient

Étiquettes : [CR] document d’époque · [M] dépouillement savant moderne de documents d’époque · [E] estimation savante · [D] calculé sur cette page. Rien sur cette page n’est calculé ici, et aucune ligne [D] n’y figure donc.

Deux sortes de fichiers de travail sont nommées ci-dessous. Un fichier de vérification est celui dans lequel un chiffre a été confronté ligne à ligne à la source publiée et a reçu un verdict. Un dossier de recherche est un matériau compilé qui n’a pas subi ce contrôle. Quand un chiffre repose sur l’un d’eux, la ligne le dit.

ChiffreÉtiquetteSourceStatut
Stockfisch ≈ 82 % de la valeur consignée des importations norvégiennes, douane anglaise 1303–11 [M] Helle (2019), AmS-Skrifter 27, p. 45, s’appuyant sur Nedkvitne, The German Hansa and Bergen 1100–1600 (2014) verification/bergen_england.md point 2, CONFIRMÉ MOT POUR MOT
L’Angleterre important ≈ 1 500–2 000 t/an de stockfisch norvégien, 1303–11 ; ≈ 3 000–4 000 t/an au total sur l’hypothèse énoncée que la demande continentale égalait celle de l’Angleterre ; la moitié ou moins dans la seconde partie du XIVe siècle ; plus de ≈ 4 500 t/an en 1597–99 [E] Helle (2019), p. 45 ; Nedkvitne (2014), p. 69–72, 93, 245–47, 265 verification/bergen_england.md point 1, CONFIRMÉ. Le mot de Helle lui-même pour la moitié continentale est « conjecture raisonnée », ce pourquoi la page porte l’hypothèse dans la même phrase que le chiffre
Importations de Boston en provenance de Bergen ≈ 6 113 livres/an, 1365–1400, chiffre maximal tiré de rôles fragmentaires, valant ≈ 378 t de stockfisch ; stockfisch 91 % de la valeur des cargaisons de neuf navires de 1388 et 1390/91 (4 384 livres 15 shillings sur 4 842 livres 4 shillings) [M] et [E] Nedkvitne (2014), p. 156–58, tableaux II.21–II.22 (PRO E 122/7/20, E 122/7/22). Les 378 t reposent sur sa propre convention de prix d’une livre par grand cent verification/bergen_england.md point 4, CONFIRMÉ, avec la réserve de Nedkvitne lui-même, « maximum », que la page reprend
Seigle de Dantzig ≈ 10 000 lasts dans les années 1490, quintuplant au cours du XVIe siècle [M] Brand (2007), « Baltic Connections », dans Baltic Connections: Archival Guide (Brill), p. 9 verification/danzig_grain.md point 2, CONFIRMÉ MOT POUR MOT. Link (2014) tient la ligne de base des années 1490, tirée des travaux de Lauffer sur le Pfahlgeld, pour un instantané instable plutôt que pour un point de tendance, et ne trouve aucune expansion continue au XVe siècle ; la page porte les deux et ne trace aucune courbe. Lire la phrase de Brand comme un chiffre annuel appartient au dossier de recherche, non à Brand
Dantzig contrôlant jusqu’à 75 % du total des exportations de grain de la Baltique [M] Brand (2007), p. 5 verification/danzig_grain.md point 5, CONFIRMÉ MOT POUR MOT
Le sommet de 1618 : 118 000 lasts de Gdańsk ≈ 271 000 t, au łaszt de seigle de Gdańsk de ≈ 2,2–2,3 t, contre la convention de travail du péage du Sund de ≈ 2 t le last [M] et [E] Historique de la Gdańsk Grain Exchange ; Brand (2007), p. 6 verification/danzig_grain.md point 4, CONFIRMÉ avec la note de conversion. Les travaux polonais citent aussi ~115 000 lasts et plus pour la même année
Chronologie des années de sources, les années pour lesquelles les documents subsistent, non des quantités : comptes de douane enrôlés d’Angleterre à partir de 1279–80 et états détaillés de la fin du XIIIe au XVIe siècle ; l’année du Pfundzoll de Lübeck, 18 mars 1368, 10 mars 1369, et les livres de Lübeck de 1368–71 et 1492–96 ; Hambourg 1369, 1399–1400, 1418 ; Dantzig 1409 et 1411 et les livres du Pfahlgeld de 1468, 1469, 1498 ; les livres de justice de Bergen à partir de 1633 ; les registres du péage du Sund à partir de 1497, quasi continus à partir de 1574, ville de destination utilisable seulement à partir de 1668 ; et le plafond qu’aucun relevé suivi ville par ville et marchandise par marchandise n’existe nulle part avant 1500 [CR] pro_dossier.md §2 inventaire des sources et §« Granularity ceilings », un dossier de recherche, non un fichier de vérification, puisqu’aucun des cinq fichiers de vérification ne couvre la chronologie des sources ; recoupé avec les tableaux de sources de deep_research_round1.md et deep_research_round2.md Ajouté à la rédaction de cette page plutôt que repris de l’inventaire vérifié des chiffres. Une seule ligne et une seule étiquette pour toute la chronologie, parce que c’est une liste d’années pour lesquelles des documents subsistent et qu’elle ne porte aucune quantité
L’incendie des archives de Hambourg en 1842, où l’original du relevé des métiers qui est derrière la section sur la bière a été perdu ; le texte subsiste par une transcription du XIXe siècle [M] pro_dossier.md §1, un dossier de recherche, non un fichier de vérification Ajouté à la rédaction de cette page plutôt que repris de l’inventaire vérifié des chiffres. Les décomptes de métiers et de brasseurs du relevé lui-même ne sont cités nulle part ; seule la date de la perte est utilisée

Laissé de côté à dessein. Cinq chiffres ont été vérifiés et ne figurent pas sur la page. L’un d’eux est corrigé dans le corps du texte, parce que la correction vaut plus que ne valait le chiffre.

ChiffreOù cela figureSourceStatut
« Exportations de grain de Dantzig de 80 000 lasts en 1567 » Corrigé dans le corps du texte, dans la dernière section Brand (2007), p. 7 CONTREDIT. Chez Brand, les 80 000 lasts de 1567 sont la capacité de charge de la flotte marchande de Hollande, passée de ≈ 19 000 lasts vers 1500. Les importations néerlandaises de grain de la Baltique, cette même année, étaient de ≈ 60 000 lasts, passées de ≈ 10 000. Aucune source savante ne donne 80 000 lasts pour les exportations de Dantzig, et le chiffre dépasserait les flux plausibles de grain de la Baltique vers l’ouest dans les années 1560. verification/danzig_grain.md point 3
La répartition en six routes du Pfundzoll de Lübeck, 1368–69 Nulle part verification/lubeck_monetary.md point 1 PARTIELLEMENT CONFIRMÉ, et donc non repris. Seul le groupe Londres/Hambourg a pu être confirmé dans Dollinger ; les cinq autres groupes y sont plausibles et non confirmés. Les totaux de l’année de péage elle-même relèvent de la partie d’ouverture de cette série et ne sont pas repris ici
« 90 % du commerce extérieur prussien dans les années 1490 » Nulle part verification/danzig_grain.md point 5 INVÉRIFIABLE. Introuvable dans Link (2014) (texte intégral fouillé), Brand (2007), Fudge (1988) ou Możejko (2022)
La bière de Hambourg convertie en litres Nulle part pro_dossier.md §1, un dossier de recherche, non un fichier de vérification NON VÉRIFIÉ, et écarté pour raison de méthode. Ce sont des conversions modernes de comptes de tonneaux : des estimations qui reposent sur des estimations, et aucun fichier de vérification ne les couvre, parce qu’aucun des cinq ne traite de la bière. Non repris, et aucun des arguments de cette partie n’en a besoin
Le hareng de Scanie en tonneaux et en navires Nommé dans la première section, sans chiffre pro_dossier.md §1, un dossier de recherche, non un fichier de vérification NON VÉRIFIÉ. Une reconstitution de synthèse dont la conversion des écritures comptables en tonneaux n’est pas documentée dans la synthèse. Il est nommé sans chiffre, parce que le point est qu’aucun décompte ne subsiste que cette série accepte de tracer

L’inventaire ci-dessus est clos. La recherche derrière cette page porte des dizaines d’autres quantités, des reconstitutions de peaux et de cire pour une seule année, des séries d’exportation de drap, des moyennes de comptoirs, des populations urbaines. Aucune n’est sur la page et aucune n’obtient de ligne ici, parce que la règle porte sur l’inventaire et non sur tel ou tel chiffre.

Une réserve permanente. Les cinq fichiers de vérification qui sous-tendent cette série ne couvrent que les chiffres économiques. La recherche narrative sur la formation et les réorganisations de l’association n’est pas vérifiée dans son ensemble, et aucune affirmation de cette page ne s’appuie sur elle.